Appuyer ses clients partout dans le monde

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Mai 2018

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Un client a été mis en relation avec des experts de ­PwC à ­Hong ­Kong, car il souhaite se développer sur le marché asiatique. [Photo : ­Getty ­Images]

Les entreprises québécoises s’internationalisent de plus en plus et les cabinets comptables doivent pouvoir répondre à leurs besoins sans se laisser freiner par les frontières. Comment y ­arrivent-elles ?


Chez ­PwC, le réseau mondial est organisé en fédération. « ­Nous demeurons convaincus que la structure d’associés locaux reste la plus pertinente, car elle permet d’avoir des cabinets plus près de leurs clients locaux et des réalités de chaque marché », souligne ­Sébastien ­Doyon, associé, leader du ­groupe-conseil au ­Québec. Selon lui, ­PwC a l’avantage d’avoir une fédération beaucoup plus serrée que la moyenne des grands groupes. « ­Il y a beaucoup de fluidité à l’international, beaucoup de partage et pas vraiment de contraintes ou de frontières », ­ajoute-t-il.


Il donne l’exemple d’un projet sur lequel il travaille présentement auprès d’un grand industriel du transport, pour lequel un associé, un conseiller et un directeur allemands viennent au ­Québec partager leur expertise. À l’inverse, un autre client a été mis en relation avec des experts de ­PwC à ­Hong ­Kong, car il souhaite se développer sur le marché asiatique.


Ici et ailleurs


Les réseaux mondiaux des grands cabinets servent les clients de deux manières. Ils permettent d’attirer des talents étrangers ici pour collaborer à un mandat d’un client local ou encore de fournir une expertise à un client étranger au ­Québec, mais aussi d’accompagner les clients locaux sur des marchés extérieurs.


« ­Lorsqu’un besoin se fait sentir, la personne peut communiquer avec un associé qui a une certaine expérience internationale pour se faire conseiller une ressource, ou encore elle peut communiquer avec l’un de nos coordonnateurs des affaires internationales », explique ­Emilio ­Imbriglio, président et chef de la direction de ­RCGT. Valérie ­Verdoni, postée à ­Montréal, et ­Claude ­Ledoux, posté à ­Chicago, au siège social américain de ­RCGT, jouent ce rôle. Ce dernier est souvent sollicité, puisque les ­États-Unis constituent le plus grand marché étranger du cabinet québécois de ­RCGT. Les deux sont invités aux rencontres internationales afin de bien connaître les différentes ressources dans chaque pays.


M. Imbriglio donne l’exemple d’une associée de ­Sherbrooke dont un client avait besoin d’appui au ­Pérou, en ­Colombie, en ­Argentine et au ­Guatemala. Il l’a mise en contact avec un coordonnateur qui connaît bien ces pays. RCGT représente désormais ce client dans cinq pays, incluant le ­Québec.


Mobilité interne


Il y a deux ans, un sondage auquel 14 000 employés de ­RCGT ont répondu révélait que plusieurs souhaitaient vivre des expériences à l’étranger. La firme offre donc désormais davantage d’occasions de ce type. Présentement, par exemple, une associée de ­RCGT à ­Québec travaille en ­Californie, deux employés de ­Montréal sont en ­Australie et quelques fiscalistes travaillent à ­Londres.


BDO mise aussi sur cette forme de mobilité à l’intérieur du réseau. Une ressource montréalaise travaille actuellement à ­Paris et une autre à ­Londres. Certains ont fait de même en ­Australie récemment. BDO facilite le déplacement, lequel peut durer aussi peu qu’un mois ou plus d’un an.


BDO est présent dans 260 pays et compte 74 000 employés et associés répartis dans 1 500 bureaux. Cette force est mise au service des clients, où qu’ils se trouvent, rappelle ­Mina ­Farinacci, associée directrice de ­BDO ­Canada au Québec. « ­Tous les cabinets locaux de ­BDO sont membres de ­BDO international, ­explique-t-elle. C’est très facile pour nous de communiquer avec d’autres associés ou experts à l’étranger. »


Les nouvelles technologies aident aussi à mieux accompagner les clients hors ­Québec. « ­Nous offrons la tenue de livres en infonuagique, donc nos clients peuvent avoir accès aux résultats en temps réel, où qu’il se trouve, précise ­Mme ­Farinacci. Nous avons aussi un partenariat avec ­Microsoft pour des outils d’analyse de données. Les résultats financiers peuvent être finement analysés par pays, par produits et services, à partir de n’importe où dans le monde. »


Indépendants, mais pas isolés


Richter fonctionne de manière différente. « ­Nous avons fait le choix de ne pas nous affilier à un réseau international, alors que dans le passé, nous étions membres de réseaux comme ­RSM, explique l’associée ­Stéphanie ­Lincourt. Nous misons plutôt sur la constitution d’un réseau de collaborateurs internationaux sur mesure pour notre clientèle. »


Le cabinet a préféré conserver son indépendance et avoir tout le loisir de choisir l’expert ou le groupe d’experts qui convient le mieux aux besoins de ses clients dans les différents marchés. Cela représente aussi une occasion d’affaires pour ­Richter, puisque les experts étrangers avec lesquels ils nouent des liens peuvent aussi les solliciter lorsque leurs propres clients ont des besoins au ­Québec.


Chose certaine, ces firmes n’entendent pas laisser les frontières entraver leur croissance ni celle de leurs clients.


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