Pendant que les grands cabinets sont stables, les petites firmes poussent vers le sommet

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Avril 2016

Pendant que les grands cabinets sont stables, les petites firmes poussent vers le sommet

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Avril 2016

[Photo : Shutterstock]

Malgré la situation économique internationale morose, les firmes comptables reconnaissent avoir eu une bonne année 2015. Pendant que l'effectif restait stable chez les plus grands cabinets, les moyens et les plus petits ont accéléré leur croissance.


Cliquez ici pour consulter le dossier Les grands de la comptabilité


Sans surprise, le cabinet Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) suivi des Big Four - Deloitte, PwC, EY et KPMG - tiennent, encore cette année, le haut du pavé de notre palmarès des grands de la comptabilité. L'écart entre RCGT et Deloitte se rétrécit : RCGT compte seulement 41 personnes de plus que Deloitte par rapport à 307 l'année dernière. RCGT a réduit ses effectifs de 7,5 % à la suite d'une réorganisation interne visant une meilleure productivité, tandis que Deloitte a légèrement augmenté le nombre de ses employés (+ 3,5 %).


Il faut attendre le 8e rang du palmarès pour voir la première surprise : BDO Canada a monté de deux places par rapport à notre classement de 2015, grâce à une augmentation de 77,8 % de ses effectifs ! En effet, la firme qui comptait 194 employés en 2015 a effectué deux acquisitions, dont celle du cabinet Fauteux, Bruno, Bussière, Leewarden, qui arrivait 19e dans notre palmarès en 2015 et comptait une centaine d'employés. La deuxième acquisition est celle de Deveaux Brault Munger, un cabinet d'une vingtaine d'employés.


Outre BDO, c'est vers le bas du palmarès que se multiplient les croissances d'effectifs. Les cabinets de 100 à 200 employés affichent en effet les plus fortes augmentations, comme BCGO (+ 31,3 %), un résultat qui combine la croissance interne et l'acquisition du cabinet Labelle Racicot à Repentigny, ou PSB Boisjoli (+ 17,1 %) et Lemieux Nolet (+ 17,5 %).


Deux nouveaux cabinets font leur entrée dans le classement. Fuller Landau, au 22e rang avec 73 employés, offre des services de fiscalité, de certification, de conseils en gestion et en technologies de l'information, et de ressources humaines à des PME. Tout en conservant un effectif stable, le cabinet a connu une croissance de 8,5 % en 2015, selon Michael Newton, associé directeur, qui prévoit faire croître la firme en faisant peut-être une acquisition en 2016 et «en continuant à approfondir les services connexes offerts depuis deux ans en RH et TI afin de nous démarquer de la concurrence».


L'autre nouveau cabinet à entrer au classement est Labranche Therrien Daoust Lefrançois (LTDL), au 21e rang, qui comptait 101 employés en avril. Grâce à la fusion avec le cabinet Rocheleau Labranche en septembre dernier, LTDL, qui comprenait initialement une cinquantaine d'employés, comme son concurrent, a pu faire son entrée parmi les grands de la comptabilité.


Emilio Imbriglio, président et chef de la direction de RCGT.

RCGT plus concurrentielle


Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) affiche une augmentation de 8,6 % de son chiffre d'affaires en 2015. Cette hausse est liée à la croissance du volume d'activité généré par le cabinet lui-même, mais aussi à l'acquisition de Cognifistech, une firme spécialisée en R-D, et de plusieurs petites firmes comptables. RCGT, qui a emménagé il y a deux mois dans des locaux entièrement rénovés et modernisés, achève sa «transformation organisationnelle - débutée en 2014 - vers une meilleure agilité, interdisciplinarité et efficacité», selon Emilio Imbriglio, président et chef de la direction. Cette stratégie d'amélioration de la productivité de grande ampleur a même touché le CA, dont le nombre de membres est passé de 22 à 13, et l'équipe de gestionnaires (de 13 à 8 personnes). La pierre angulaire a été la mise en place d'un centre de services partagés pour la centaine de bureaux de RCGT au Québec dans les domaines de la communication, du marketing, du développement des affaires, de la finance et administration, des ressources humaines, des TIC et des affaires juridiques. Résultat : les effectifs ont été réduits de 7,5 % en 2015.


Perspectives pour 2016


> Augmenter le positionnement de la firme dans certaines régions ;


> Continuer les acquisitions ;


> Bonifier l'offre en TIC.



Marc Perron, associé directeur de Deloitte pour le Québec. 


Deloitte en mode agile


L'événement marquant chez Deloitte en 2015 est le déménagement de 1 200 employés dans les nouveaux locaux de la firme, situés dans la tour du centre-ville de Montréal qui porte son nom. Plus qu'un changement de lieu de travail, «c'est un bouleversement de nos façons de travailler. Nos employés de Montréal sont maintenant en mode de travail entièrement agile : ils sont libres de choisir l'espace de bureau qui leur convient en fonction de la nature de la tâche qu'ils ont à accomplir pendant une période donnée», indique Marc Perron, associé directeur pour le Québec.


Par ailleurs, Deloitte a vu à la croissance de ses services-conseils en technologie, en analytique de données, en cybersécurité, en services numériques et en capital humain, ce qui «nécessite un nombre toujours plus grand de professionnels. Nous sommes toujours à la recherche des meilleurs talents», affirme Marc Perron.


Perspectives pour 2016 :


> Ajouter des services «pour enrichir notre capacité à résoudre les problématiques les plus complexes de nos clients», selon Marc Perron ;


> Rester à l'affût des occasions d'acquisitions et d'alliances pour continuer de fournir des services intégrés ;


> Développer l'ensemble des services liés aux nouvelles technologies, notamment la cybersécurité.



Nicolas Marcoux, associé directeur national Bureau de Montréal et grandes villes. 


PwC diversifie ses services


Nicolas Marcoux, nouvel associé directeur national, Bureau de Montréal et grandes villes, depuis le 1er juillet, a aussi la responsabilité des bureaux de Toronto, de Calgary et de Vancouver, une nouveauté. La firme a elle aussi intégré de nouveaux locaux à la fin de novembre 2015 : sans changer d'adresse, elle est allée occuper des étages rénovés. En 2015, PwC a acquis la filiale canadienne de West Monroe Partners, une entreprise spécialisée dans la chaîne d'approvisionnement, «qui connaît une belle croissance», selon Nicolas Marcoux. Elle a aussi fait l'acquisition d'un groupe spécialisé dans la conservation de données en cas de litige afin d'offrir ce service aux juristes. «C'est une première pour nous de vendre, non des heures de consultation, mais de l'espace serveur. C'est un produit très vendeur qui s'inscrit dans notre objectif de diversification de nos services», dit Nicolas Marcoux.


Perspectives pour 2016


> Accroître sa présence géographique grâce à des acquisitions à partir de Montréal et de Québec ;


> Développer les créneaux d'excellence en innovation et en technologies ;


> Poursuivre la croissance par acquisitions dans les domaines de la cybersécurité, du contrôle interne et de la fiscalité.



Anne-Marie Hubert, associée directrice d’EY pour le Québec.


Croissance interne pour EY


EY a connu une croissance «stable et soutenue, réalisée surtout à l'interne, notamment grâce à l'arrivée de leaders talentueux», explique Anne-Marie Hubert, associée directrice pour le Québec. De plus, EY a développé ses services consultatifs transactionnels au Québec grâce au rapprochement avec une firme de management stratégique et appliqué.


Perspectives pour 2016 :


> Accélérer les investissements en consultation ;


> Créer des centres d'excellence au Québec qui pourront servir la firme à l'échelle mondiale ;


> EY s'est engagée à recruter des Québécois pour des postes clés à l'échelle nationale. Par exemple, François Tellier vient d'être nommé leader national des Marchés de croissance stratégique et directeur national du Grand Prix de l'Entrepreneur d'EY.»



Guy Langlois, associé directeur pour la province de Québec de KPMG.


KPMG mise sur les TIC et les données massives


KPMG déclare une croissance de son chiffre d’affaires de 8 % en 2015. Il s’agit d’une croissance interne. « Malgré la situation économique, il y a eu beaucoup de transactions, notamment dans le domaine des fusions-acquisitions et des transferts d’entreprises. On a même accompagné deux des trois entreprises qui sont devenues des sociétés publiques, Stingray et GDI », signale Guy Langlois, associé directeur pour la province de Québec de KPMG.


Perspectives pour 2016 :


> Faire croître ses activités relativement aux données massives (big data), à la cybersécurité, aux TIC et aux infrastructures ;


> Créer des centres d’excellence en TIC au Québec pour le réseau mondial de KPMG.


Cliquez ici pour consulter le dossier Les grands de la comptabilité

À suivre dans cette section


image

Gestion de l'innovation

Mercredi 19 septembre


image

Objectif Nord

Mardi 25 septembre


image

Gestion du changement

Mercredi 03 octobre


image

Marché du cannabis

Mercredi 10 octobre


image

Expérience client

Mercredi 14 novembre


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

ROI Marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier

DANS LE MÊME DOSSIER

Sur le même sujet

Le top 25 des cabinets comptables au Québec en 2018

Édition du 05 Mai 2018 | Les Affaires

Quelles sont les firmes en croissance ? Quels sont les petits nouveaux qui font leur entrée au classement en ...

Appuyer ses clients partout dans le monde

Édition du 05 Mai 2018 | Jean-François Venne

Les entreprises québécoises s’internationalisent de plus en plus et les cabinets comptables doivent ...

OPINION La tarification est en pleine mutation dans les firmes comptables
Édition du 05 Mai 2018 | Jean-François Venne
L’industrie plus que florissante des grands cabinets comptables
Édition du 05 Mai 2018 | Jean-François Venne
Les nouvelles technologies, fossoyeuses des comptables?
Édition du 09 Décembre 2017 | Simon Lord

À la une

America inc. exhorte Trump à garder le Canada dans l'ALÉNA

Les poids lourds d’America Inc. demandent aussi trois choses aux négociateurs.

ALÉNA: encore du travail avant de parvenir à un accord entre Washington et Ottawa

13:38 | AFP

Beaucoup de travail reste à faire au cours des discussions de haut niveau qui ont repris mercredi à Washington.