Les firmes de moyenne taille affichent une bonne croissance

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Avril 2016

Les firmes de moyenne taille affichent une bonne croissance

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Édition du 30 Avril 2016

Jacques Filion, associé directeur des bureaux de Montréal pour BDO. [Photo : Jérôme Lavallée]

Même si les firmes de comptabilité de 100 à 300 employés croissent régulièrement grâce aux acquisitions, elles assurent ne pas vouloir devenir trop grosses. Elles cultivent plutôt leurs différences par rapport aux grandes firmes et misent sur la proximité pour attirer vers elles les PME qui constituent l'essentiel du tissu économique québécois.



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N'empêche, elles croissent. Le nombre d'employés a bondi de 77 % chez BDO, de 31 % chez BCGO et de 17 % chez Lemieux Nolet. Nouveaux bureaux régionaux, rapprochement avec des cabinets aux expertises complémentaires, augmentation du nombre d'associés : le secteur des firmes de comptabilité de moyenne taille est dynamique et très mouvant. Les fusions-acquisitions y sont nombreuses, une façon que les firmes ont trouvée pour se développer à moindre coût tout en limitant les risques. Ça tombe bien : avec le vieillissement de la population, de nombreux cabinets comportant des associés qui sont près de la retraite veulent se rapprocher d'autres pour pérenniser leur activité.


«On est sollicités par beaucoup de firmes qui veulent fusionner avec nous, explique Réjean Lévesque, associé chez BCGO (anciennement Behna, Cormier, Gougeon, Ouellette), un cabinet de 105 employés. On a une bonne masse critique dans plusieurs domaines. Cela intéresse des cabinets qui ne veulent pas se joindre à de grandes firmes alors qu'ils ont des défis de relève, ou qui souhaitent offrir une expertise dans certaines spécialités devenues très complexes en raison de l'évolution de la réglementation.»


«Plutôt que de faire suivre des formations à ces comptables au moment où ils approchent l'âge de la retraite ou de recruter des experts, fusionner avec un cabinet qui possède déjà cette expertise est une option pour les petits cabinets», dit M. Lévesque. BCGO a grimpé de trois places au palmarès 2016, pour atteindre le 18e rang. La firme a fusionné en janvier avec le cabinet Labelle Racicot de Repentigny.


Ajout de services et de bureaux


En ce qui concerne les firmes courtisées, c'est le moyen d'étendre leur territoire, d'accroître la clientèle, parfois dans des créneaux de niche, et d'ajouter des services. Le cabinet Labranche Therrien Daoust Lefrançois (LTDL) fait son apparition dans le palmarès au 21e rang après avoir fusionné avec une firme d'une taille similaire à la sienne (une cinquantaine d'employés de part et d'autre) en 2015. Cette fusion a permis aux deux cabinets d'offrir des services qu'ils ne pouvaient pas assurer individuellement et dans de nouvelles régions.


«Nos créneaux étaient complémentaires. Tous les deux couvraient les services comptables de base et de fiscalité, mais Rocheleau Labranche avait un solide service de contrôle de la qualité alors qu'il était en développement chez nous. En revanche, LTDL avait un service d'évaluation d'entreprises que n'avait pas Rocheleau Labranche», dit Arnaud Déry-Therrien, associé de LTDL qui compte maintenant quatre bureaux (Montréal, Boucherville, Laval et Trois-Rivières). Le cabinet a aussi conclu un rapprochement en septembre dernier avec une firme d'une dizaine d'employés, dirigée par une personne qui partira à la retraite dans quatre ans. «Spécialisée dans les professionnels de la santé, cette firme nous a apporté un créneau supplémentaire», souligne Arnaud Déry- Therrien, dont le cabinet vise les PME de tous les secteurs d'activité.


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Gamme de services resserrée


Toutefois, les firmes de taille moyenne ne cherchent pas à élargir leurs services autant que le font les grandes firmes ; en effet, les spécialités comptables traditionnelles ne représentent plus qu'une petite partie de l'offre de ces dernières. «Il y a 20 ans, notre argumentaire de vente, c'était de pouvoir être un guichet unique. Aujourd'hui, les clients n'exigent plus qu'on ait toutes les expertises. Ce qu'ils veulent en revanche, c'est qu'on se dote d'un réseau qui nous permette de les adresser à un partenaire, un expert dans les spécialités dont ils ont besoin, et qu'on travaille tous ensemble sur leur dossier», constate René Bégin, président et chef de la direction du cabinet Lemieux Nolet. Il considère que «nos services permettent de satisfaire plus de 85 % des besoins de nos clients. On s'est centrés sur notre coeur de métier, contrairement aux Big Four qui continuent d'offrir une large gamme de services grâce à des acquisitions d'entreprises spécialisées dans les domaines non traditionnels pour un cabinet comptable».


La firme Lemieux Nolet offre les services de base en comptabilité (états financiers, conseils fiscaux, etc.), en insolvabilité, tant pour les particuliers que pour les entreprises, et un peu en conseil pour le développement et la gestion de l'entreprise (amélioration de la performance, gouvernance et gestion intégrée des risques, financement et réorganisation). Elle a ajouté un service d'évaluation d'entreprise il y a quatre ans. En revanche, même si «la gestion des ressources humaines deviendra un enjeu important, on a choisi de ne pas offrir ce service, mais plutôt de recommander des partenaires professionnels du domaine à nos clients», poursuit René Bégin.


Maîtriser la croissance


Le cabinet aurait pu choisir d'acquérir une entreprise spécialisée dans les ressources humaines pour pallier son manque. Cependant, outre la volonté de rester concentrées sur les tâches traditionnelles de la comptabilité, les firmes de moyenne taille sont prudentes quant à leur croissance. En effet, si elles veulent grandir et gagner plus de parts de marché, elles considèrent que leur principal atout, c'est la proximité avec le client.


La firme Lemieux Nolet, qui existe depuis près de 70 ans, était dans le giron de grands cabinets, notamment KPMG, il y a une vingtaine d'années. «On a fait le choix de devenir une firme indépendante en 1996 pour retrouver une proximité avec la clientèle», explique René Bégin. Il voit souvent venir vers lui «de grandes entreprises qui, après avoir été clientes d'un des Big Four, veulent retrouver un rapport direct avec leur cabinet de comptabilité parce qu'elles faisaient de plus en plus affaire avec des spécialistes de leur firme établis à Toronto, qu'elles trouvaient les contacts moins faciles et le tout plus lourd».


Finalement, les cabinets de taille moyenne ont réussi à cultiver leurs particularités et à se réserver un marché bien à eux, si bien qu'ils sont rarement en concurrence directe avec les Big Four. À quelques exceptions près, ces derniers captent principalement les entreprises à capital ouvert et les grandes PME privées, tandis que les firmes de taille moyenne se partagent les PME de toute taille et de tout secteur d'activité.


«J'aime beaucoup notre positionnement sur le marché : on n'est pas dans les Big Four, et notre objectif n'est pas d'y entrer, mais de continuer à croître à notre image, celle adaptée à notre marché cible, les entreprises de taille moyenne», dit Jacques Filion, associé directeur des bureaux de Montréal pour BDO, cinquième groupe mondial, qui comptait 345 employés en 2015.


Nouvelle génération aux commandes


C'est donc plutôt entre cabinets de taille identique que la concurrence est la plus vive. Et gare aux petits qui montent : une nouvelle génération de comptables entrepreneurs est en train de gravir les échelons et pourrait commencer à faire de l'ombre aux firmes en place si elles se reposaient sur leurs lauriers. Par exemple, la «petite» firme Lacharité McCombert Kyczynski ainsi que LTDL - chacune dirigée au moins en partie par des associés d'au plus 40 ans - mènent leur cabinet comme une entreprise dans laquelle tous les associés prennent les décisions stratégiques. Ces petites firmes mettent en commun leurs clientèles, contrairement au modèle traditionnel - des sociétés en nom collectif -, selon lequel un cabinet est un conglomérat d'associés, dans lequel chacun est responsable de sa clientèle. Un nouveau modèle à surveiller de près.


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