Semaine écourtée et horaire allégé au menu des firmes

Publié le 27/04/2013 à 00:00, mis à jour le 25/04/2013 à 15:46

Semaine écourtée et horaire allégé au menu des firmes

Publié le 27/04/2013 à 00:00, mis à jour le 25/04/2013 à 15:46

«Chaque année ou presque, je dois déboulonner le mythe. Les bureaux de comptables ne vous exploitent pas !» dit Patrick Bertrand-Daoust, d'Ernst & Young, qui parcourt annuellement les campus à la recherche des meilleurs talents. [Photo : Gilles Delisle]

«À mon embauche en 1987, des comptables passaient des nuits blanches. Heureusement, ça n'arrive plus. Même dans les périodes les plus intenses, le bureau se vide au plus tard à 19 h 30», dit Robert Fortier, associé directeur du bureau de Québec-Mauricie chez Mallette.


Oui, en 25 ans, les choses ont bien changé, mais la perception demeure toujours vivace, comme en témoigne Patrick Bertrand-Daoust, leader des activités de recrutement chez Ernst & Young.


«Chaque année ou presque, je dois déboulonner le mythe. Les bureaux de comptables ne vous exploitent pas !» dit celui qui parcourt annuellement les campus à la recherche des meilleurs talents.


Cette inquiétude s'alimente beaucoup sur de fortes préoccupations liées à l'équilibre travail-famille.


«Depuis environ deux ans, les étudiants universitaires me posent beaucoup de questions sur la possibilité d'aménager le temps de travail. C'est frappant !» constate Nancy Wolfe, associée en certification chez Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), également responsable du recrutement.


Donnant, donnant


Car, à la différence de leurs aînés, les étudiants veulent à la fois avoir une carrière et une vie sociale bien remplie.


«C'est un fait. Ils veulent continuer à faire du sport, à voir leurs amis et à se garder du temps pour eux, mais tout en étant très ambitieux», estime Nathalie Tessier, associée chez Deloitte.


M. Bertrand-Daoust abonde dans le même sens. «Leur appétit d'apprendre est très grand. En situation d'apprentissage, ce sont de véritables éponges !» dit-il.


Ces jeunes posent toutefois leurs limites, plus serrées que celles des baby-boomers ou même des X.


«En début de carrière, pour progresser, il faut y mettre les heures. Ils sont prêts à le faire à la condition d'avoir des mandats stimulants et de ne pas toujours rouler à 110 kilomètres/heure. Pour eux, c'est donnant, donnant», constate Mme Tessier.


«Nous nous adaptons, tout en sachant qu'il faudra en faire davantage à l'avenir !» avoue René Bégin, président et chef de la direction de Lemieux Nolet.


Par exemple, la firme a éliminé les horaires fixes. «Il y a dix ans, on commençait tous la journée de travail à 8 h 30. Plus maintenant», dit M. Bégin.


Accomoder les parents


À l'instar de Deloitte, les bureaux comptables acceptent de réduire la charge de travail de leurs jeunes professionnels, lorsqu'ils en font la demande après être devenus des mères ou des pères de famille. «L'horaire de quatre jours semaine est de plus en plus populaire. On voit même du trois jours semaine», signale Mme Tessier.


L'été, chez RCGT, est plus calme. On n'y travaille donc qu'un vendredi sur deux.


Cela dit, il reste une constante : les premières années passées en cabinet seront toujours plus intenses qu'en entreprise. La pression est plus forte, mais les résultats sont généralement au rendez-vous.


«Nos mandats sont très variés. Les jeunes apprennent énormément, en développant leurs savoirs pour plusieurs types de clients, des PME comme des multinationales, et des manufacturières comme des entreprises de service», dit Mme Wolfe.


Ce type d'expérience, estiment les bureaux comptables, ouvre ensuite beaucoup de portes.


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