PODCAST | Qui peut cracher sur les Dragons?

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Mai 2017

PODCAST | Qui peut cracher sur les Dragons?

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Mai 2017

Par Matthieu Charest

S'ils ne crachent pas vraiment du feu, exception faite de Kevin O'Leary, les «dragons» ou les «requins» qui peuplent les émissions sur l'entrepreneuriat peuvent faire pleuvoir des millions de dollars. Pour toute PME ou start-up qui souhaite croître, il s'agit là d'une occasion spectaculaire. En fait, c'est presque trop beau pour être vrai.


Et ça l'est, trop beau pour être vrai. Les Dans l'oeil du dragon, Shark Tank et autres Dragons' Den sont avant tout des produits de divertissement. Ils sont factices, destinés au grand public, et cherchent à récolter le plus de cotes d'écoute possible. Si ces gros «shows de boucane» servent les entrepreneurs, tant mieux, mais c'est par la bande.


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C'est l'investisseur «grand méchant loup» Kevin O'Leary qui l'a dit. «La valeur de ces émissions de pitchs repose surtout sur la publicité gratuite qu'elles offrent aux investisseurs et aux participants. Les entreprises qui passent peuvent acquérir des clients pour zéro dollar. En ce sens, ça bat n'importe quel passage devant un capital-risqueur "traditionnel"», avait-il déclaré en entrevue au Globe and Mail.


Pendant Dans l'oeil du dragon, une publicité de 30 secondes diffusée une fois sur le marché local peut coûter «environ 3 000 $», nous a révélé une source bien placée au sein des agences de publicité. «Bien sûr, ça ne comprend pas les frais de production. Et l'engagement des téléspectateurs est beaucoup plus grand pendant l'émission que pendant les publicités», a-t-elle précisé.


À ce prix, «qui peut cracher sur les dragons ?» C'était le thème du débat du troisième épisode du podcast Les Dérangeants, coproduit par Les Affaires. Pour l'occasion, nous avions réuni Marie-Philip Simard, PDG de Chic Marie, Carlo Coccaro, PDG de Math et Mots Monde, et Jean-Daniel Petit, cofondateur du magazine B-SIDE et d'Abitibi & Co.


Un heureux mélange. D'abord, parce que notre chic avocate en résidence y est allée, devant les dragons. Et elle ne regrette pas du tout l'expérience. «À l'écran, j'ai accepté l'offre de Danièle Henkel, mais je l'ai refusée par la suite. Je me disais qu'en l'acceptant, j'aurais plus d'impact médiatique», a expliqué Marie-Philip Simard.


Fort taux de rejet


D'ailleurs, les offres acceptées en ondes sont généralement rejetées par la suite. Dans le cas de Dragon's Den, en tout cas. En 2015, toujours selon le Globe and Mail, seules 79 ententes sur 361 ont mené à de vrais investissements.


Et vu la croissance de Chic Marie depuis le passage de Mme Simard, celle-ci a eu raison. Pourtant, un refus peut aussi s'avérer payant. Quand Christian Houle, de Phazon, a refusé 4 millions de dollars (!) pour vendre son entreprise à Manjit Minhas de Dragon's Den, les médias se sont emparés de son histoire.


Notre coureur des bois en résidence, Jean-Daniel Petit, a quant à lui refusé de passer devant les dragons. «Ils n'étaient intéressés que par l'une de mes entreprises, a-t-il raconté. Moi, ça ne m'intéressait pas. Il faut comprendre qu'ils font un "casting", qu'ils sélectionnent les candidats qu'ils veulent, afin de camper les personnages qu'ils veulent bien présenter.»


Bref, ces émissions ne montrent qu'une très mince tranche de la réalité de l'entrepreneuriat. «Elles contribuent à une culture d'affaires où tout tourne autour d'un seul pitch, a lancé Darrell Kopke, un ancien cadre de Lululemon, en entrevue avec Canadian Business. C'est une approche à court terme qui ne s'intéresse pas vraiment à ce que les entrepreneurs ont à offrir ou à ce que ça signifie de croître à long terme.»


Pour d'autres, le constat est beaucoup plus nuancé. Comme l'a dit une ex-dragonne de la version irlandaise de Dans l'oeil du dragon, Eleanor McEvoy: «Si je peux être un modèle pour quelques jeunes filles et les aider ainsi à se lancer en affaires, ce sera déjà ça de pris.»


À (ré)écouter !


Dans le prochain épisode, le 31 mai, un débat intitulé «Mon père est riche en tabarnak», et une discussion avec David Côté, cofondateur des jus LOOP, de Rise Kombucha et de Crudessence.


Dans leur deuxième épisode, les Dérangeants ont abordé le risque d'entreprendre pour les femmes avec Anne-Marie Losique, créatrice et productrice de Vanessa TV.


Épisode 2 | Anne-Marie Losique | Le risque, une affaire de gars ?


Dans leur premier épisode, les Dérangeants ont reçu Olivier Primeau, le patron du populaire Beachclub de Pointe-Calumet, puis ils se questionnent et débattent: le mensonge est-il un passage obligé quand on est en affaires?


Épisode 1 | Olivier Primeau | L'entrepreneur imposteur


L’émission, présentée par le Mouvement Desjardins et enregistrée au studio C de l’Université Concordia, sera diffusée toutes les deux semaines ce printemps, sur lesaffaires.com ou sur lesderangeants.com.


 


 

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