PODCAST | Mentir, c'est mal, mais... pas toujours

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Avril 2017

PODCAST | Mentir, c'est mal, mais... pas toujours

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Avril 2017

Par Matthieu Charest

Steve Jobs l'a fait. Nicolas Duvernois l'a fait. Vous aussi, peut-être, l'avez-vous fait. Mentir en affaires, ce n'est jamais un conseil qu'on donne haut et fort, mais en coulisses, nombreux sont ceux qui avouent avoir dû, à un moment ou à un autre de leur parcours, sinon mentir, du moins enjoliver la réalité.


«L'entrepreneur-imposteur» était le thème du premier épisode de Les Dérangeants, une toute nouvelle émission de radio numérique coproduite par l'OBNL du même nom et Les Affaires. Pour ce premier épisode, trois des Dérangeants étaient réunis autour de leur animateur (moi-même !) : Alex Mensi, de Mango Software, Marie-Philip Simard, de Chic Marie, et Étienne Crevier, de BiogeniQ.


Faut-il mentir pour réussir en affaires ? Et si oui, jusqu'à quel point ? Où se trouve la ligne entre l'effronterie et la malhonnêteté ?


À écouter dès maintenant



Les panélistes ont avoué avec candeur qu'avec une certaine dose de «créativité», ou de mensonge, c'est selon, les entrepreneurs arrivent à tirer leur épingle du jeu. Étienne Crevier, par exemple, s'est montré particulièrement imaginatif lorsqu'il soumettait sa candidature à des bourses et à d'autres concours. Marie-Philip Simard a longtemps parlé de son équipe et de son entrepôt, qui étaient en réalité sa famille et le sous-sol de la maison de ses parents.


Quant à Alex Mensi, il a notamment poussé l'inventivité jusqu'à remplir ses locaux de mobilier de bureau et prétendre que tous ses employés étaient sur la route ce jour-là, afin de paraître plus gros qu'il ne l'était auprès d'un client potentiel. Au final, le contrat qu'il convoitait, il l'a obtenu. Comme quoi, avec un peu de culot, tout est possible.


La norme ?


À en croire (mais peut-on ?) la littérature sur le sujet, le mensonge est intrinsèque aux start-up. «Mentir au quotidien est nécessaire pour un entrepreneur en démarrage ; c'est le lubrifiant qui permet de faire tourner la roue», écrivait à ce sujet le site spécialisé américain TechCrunch.


Certains prétendent qu'ils ont des brevets enregistrés (alors qu'ils ont plutôt des demandes de brevet enregistrées) ; d'autres, que leur produit sortira à l'automne (alors qu'ils n'ont aucune idée quel manufacturier pourra se charger de fabriquer leur premier prototype) ; d'autres encore font mine de maîtriser parfaitement leurs émotions (alors que leurs proches savent dans quel désespoir la désertion d'un associé les a plongés).


Quand ça va trop loin


Ces accommodements avec la vérité sont souvent tolérés, voire compris. Toutefois, de récents dérapages amènent investisseurs, fournisseurs et clients de start-up à élever leur niveau de vigilance.


Magic Leap, une start-up américaine qui prétendait mener le bal dans le secteur de la réalité augmentée, s'est fait démasquer en décembre dernier ; sa technologie est désormais présentée dans les médias spécialisés comme «nettement inférieure» à celle du vieux géant traditionnel Microsoft. Theranos, qui veut percer dans le secteur du diagnostic médical aux États-Unis, est quant à elle poursuivie par certains de ses investisseurs, qui lui reprochent d'avoir menti sur le potentiel de sa technologie.


De tels scandales compliqueront la vie des nouveaux entrepreneurs en quête de financement. Le fameux due diligence risque d'être pas mal plus exhaustif avant qu'on accorde crédit à leur entreprise.


Alors, plutôt que de mentir, il vaut probablement mieux s'en tenir à «feindre en attendant de faire». En effet, comme le prétend TechCrunch : «Nous avons encore besoin que ce grand mensonge fonctionne. Nous avons encore besoin de rêver à l'éventualité du succès afin de pouvoir le réaliser.»


Nouvel épisode !


Pour ce deuxième épisode, on reçoit l’iconique Anne-Marie Losique, PDG de Vanessa Media, qui nous parle de ses débuts en affaires, du divertissement pour adultes et de son malaise face à l’exploitation humaine encouragée par des crédits d’impôts. Marie-Philip Simard, Carlo Coccaro et Jean-Daniel Petit débattent ensuite du risque d’entreprendre.


 


Épisode 2 | Anne-Marie Losique | Le risque, une affaire de gars


 


L’émission, présentée par le Mouvement Desjardins et enregistrée au studio C de l’Université Concordia, sera diffusée toutes les deux semaines ce printemps, sur lesaffaires.com ou sur lesderangeants.com.


 

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