Cabinets à vendre pour cause de retraite

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Mai 2017

Cabinets à vendre pour cause de retraite

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Mai 2017

[Photo: 123RF]

Dans le milieu de la comptabilité, les départs à la retraite des baby-boomers ont commencé, avec, pour corollaire, de nombreux petits cabinets en vente. Vendre à un autre comptable, à un enfant, à un grand cabinet... Chacun trouve sa solution.


Lorsqu'il a eu 65 ans, Philippe Leclair, seul dans son bureau de Saint-Lambert, a constaté qu'il était temps de trouver un repreneur. «J'ai commencé à m'inquiéter de ce qu'il adviendrait de mes clients si je tombais malade. Cela a pris cinq ans pour développer des contacts. J'ai finalement vendu ma clientèle, qui était essentiellement constituée de professionnels (médecins spécialistes, experts en sinistre, etc.), à un autre CPA de la région», explique-t-il.


Le transfert des dossiers s'est fait en une fois, mais le paiement s'est étalé sur les années qui ont suivi, le nouveau propriétaire reversant un pourcentage sur l'activité générée par le transfert de la clientèle jusqu'à concurrence du prix négocié. «Comme il n'est jamais garanti que les clients restent avec le nouveau CPA, cela a permis à mon repreneur de limiter les risques, et moi, ça m'a motivé à inciter mes clients à aller avec lui», indique le retraité, qui a donné un coup de main au repreneur au début.


Philippe Leclair, aujourd'hui âgé de 75 ans, continue, malgré sa retraite prise réellement l'année dernière, de faire quelques tâches de comptabilité qui ne requièrent pas d'apposer son sceau de CPA pour «de vieux clients qui ont une activité réduite et qui ne voulaient pas changer de comptable à leur âge. Avec les années, plusieurs clients étaient devenus des amis», confie-t-il.


Cliquez ici pour consulter le dossier «Les grands de la comptabilité»


Une voie de développement pour les grands cabinets


Le vieillissement touche le milieu des cabinets comptables, et les cas comme celui de M. Leclair sont nombreux. Les grands cabinets reçoivent régulièrement des offres de vente de petits cabinets dont l'associé est proche de la retraite. Ils acquièrent parfois ces bureaux, ce qui leur permet d'accroître leur volume d'activité, d'aller chercher une clientèle spécialisée ou d'ajouter de nouvelles expertises. Chez Fuller Landau, dont la moyenne d'âge des associés est de 45 ans, trois CPA approchant l'âge de la retraite ont été nommés associés récemment. «L'acquisition de cabinets, notamment de CPA proches de la retraite, est une bonne façon pour nous d'avoir de nouveaux clients, affirme Michael Newton, associé directeur. On va faire la transition vers la relève. Ces associés vont transférer leurs clients progressivement sur les trois ou quatre prochaines années. En même temps, on a nommé trois jeunes associés d'une trentaine d'années. C'est plus stimulant pour les jeunes de savoir qu'ils vont prendre des clients à court terme. Il y a sûrement de la perte de temps au début, mais c'est un investissement à long terme. L'enjeu, c'est de réussir le passage de notre cabinet à la prochaine génération pour qu'il reste indépendant comme il l'est depuis sa création en 1963.»


Relève familiale


Richard Dalcourt, lui, a vendu son cabinet à sa fille. Celle-ci travaillait dans la firme depuis sa création, en 2003. Le processus a duré pas moins de cinq ans. À l'époque, M. Dalcourt possédait 90 % de Bélanger Dalcourt, et son épouse en possédait 10 %. Aujourd'hui, changement de scénario : c'est sa fille qui possède 99 % de l'entreprise, sa mère gardant un pourcentage symbolique de 1 %. Le cabinet compte cinq employés.


Pour Richard Dalcourt, âgé de 67 ans, le déclic a eu lieu un jour où il rencontrait les enfants d'un client dont il avait accompagné le transfert de l'entreprise à la relève. «Ce monsieur avait quitté l'entreprise à 70 ans, et les jeunes trouvaient que les dernières années avaient été difficiles, qu'il aurait dû partir cinq ans plus tôt. J'avais moi-même 60 ans à l'époque. J'ai compris le message...» raconte-t-il en riant. C'est alors qu'il a entamé le processus de relève avec sa fille.


Aujourd'hui, M. Dalcourt a transféré tous ses dossiers, mais il est encore chaque jour au travail pour donner un coup de main. Il devrait s'arrêter en juillet, au retour d'un employé clé de l'entreprise aujourd'hui en congé de maternité.


S'il faut quelques années à un bureau de comptable pour trouver le repreneur idéal, «ce n'est pas difficile de vendre, affirme Richard Dalcourt. Les jeunes sont intéressés, et il y a beaucoup de travail.»


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