Des fondations publiques riches et généreuses

Publié le 01/12/2012 à 00:00, mis à jour le 29/11/2012 à 11:27

Des fondations publiques riches et généreuses

Publié le 01/12/2012 à 00:00, mis à jour le 29/11/2012 à 11:27

Par Dominique Froment

Alors que la campagne annuelle de Centraide bat son plein, Les Affaires publie le premier portrait des fondations publiques au Québec. Elles gèrent un actif de 3,88 milliards de dollars et elles sont très généreuses.


Les 1 126 fondations publiques ont dépensé 1,30 G$ en 2011-2012. Dans ce montant, il y a des frais de gestion, mais ils représentent 15 % des dépenses. Elles amassent également beaucoup d'argent : 1,51 G$ au Québec.


La plupart des fondations publiques recueillent de l'argent auprès de la population en organisant des événements : campagnes de Centraide du Grand Montréal, de la Fondation du CHU Sainte-Justine, du Musée des beaux-arts de Montréal, etc.


Elles sont différentes en cela des fondations privées, dont les fonds proviennent essentiellement d'un individu ou d'une famille.


Autre particularité : alors que les fondations privées soutiennent en général plusieurs bénéficiaires, les fondations publiques n'existent souvent que pour une seule cause. Par exemple, la Fondation de l'Orchestre symphonique de Montréal ou la Fondation la Maison du Père.


On a souvent tendance à confondre fondations et oeuvres de bienfaisance. Sauf exception, les fondations amassent, gèrent et redistribuent de l'argent à des oeuvres de bienfaisance qui, elles, dispensent des services directement à la population.


Que font-elles de tout cet argent ?


Des 17,35 M$ dépensés par la Fondation du CHUM (22e rang au classement), 8,5 millions sont allés directement au centre hospitalier pour soutenir trois objectifs : les soins et la promotion de la santé, l'enseignement et la recherche. «Pas un sou ne va dans la brique et le béton», assure Élodie Grange, directrice, communications et marketing de la Fondation.


La Fondation du CHUM finance notamment l'achat d'équipements de pointe coûteux, que l'hôpital ne serait pas à même de s'offrir avec ses budgets.


L'an dernier, elle a ainsi versé 1, 3 M$ pour l'acquisition du C-ARM, un système d'imagerie utilisé lors de chirurgies spécialisées, notamment dans les domaines cardiaque, neurologique et orthopédique.


Quant aux 9 M$ restants, ils servent à financer les événements-bénéfice organisés pour récolter de l'argent, comme la journée de golf et le dîner gastronomique, ainsi que l'exploitation de deux cliniques (santé du voyage et santé préventive), dont les profits sont versés à la fondation.


Le secteur de l'éducation doit lui aussi beaucoup aux fondations publiques. L'Université Laval (8e rang) a ainsi versé près de 15 M$ en subventions en 2010-2011, principalement aux chaires de recherche de l'Université, mais aussi en bourses aux étudiants, à l'enseignement et à la recherche. Le projet d'agrandissement du pavillon des Sciences de la santé a bénéficié pour sa part d'un coup de pouce de 2,7 M$ de la Fondation.


À l'Université Laval, une bonne partie des fonds provient des anciens étudiants. Laval compte 250 000 diplômés qui représentent 20 % de ses encaissements, en 2011-2012, et 13% des engagements pris envers sa fondation. Yves Bourget, le pdg de la Fondation, précise que 13 000 de ces diplômés versent au moins 250 $ chaque année.


Des fondations subventionnées


Toutes les fondations ne font pas appel à la générosité du public. Certaines sont financées par des fonds gouvernementaux ou des cotisations versées par les membres.


Ainsi, les deux tiers des revenus de la Fondation de la faune du Québec (71e rang) proviennent des contributions des chasseurs, pêcheurs et trappeurs. En 2011-2012, 82 % de ses dépenses sont allées à des projets fauniques, 10 %, à l'administration et 8 %, au financement des collectes de fonds.


Au cours de son dernier exercice financier, la Fondation a financé 600 projets visant la conservation des habitats fauniques. Le coût total de ces projets est estimé à 19 M$, soit des investissements de 4,40 $ pour chaque dollar souscrit par la Fondation, laquelle n'intervient pas seulement auprès des espèces menacées. Un tiers des projets financés avaient pour but de former une relève de pêcheurs et de chasseurs dans le respect des valeurs écologiques, précise Geneviève Roy, directrice, communications et collecte de fonds de la Fondation.


Le Conseil du patrimoine religieux du Québec (3e rang) tire pour sa part la presque totalité de ses fonds du ministère de la Culture et des Communications du Québec. «Nous subventionnons jusqu'à 70 % de la valeur des projets ; le reste doit venir du milieu ou du propriétaire du bâtiment, comme les fabriques paroissiales», explique Jocelyn Groulx, directeur général du Conseil.


L'organisme finance de 100 à 120 projets annuels de rénovation d'édifices religieux, des églises surtout, des couvents et des presbytères. L'église Saint-Pierre, à Shawinigan, a restauré son orgue Casavant, et l'église Notre-Dame-de-la-Visitation, à Champlain, en Mauricie, a remplacé sa toiture. Une chose est sûre : sans les fondations publiques, la société québécoise n'aurait pas aussi bonne mine.


LA PHILANTHROPIE AU QUÉBEC


1 126 fondations publiques


845 fondations privées


14 400 oeuvres de bienfaisance


Source : Agence de revenu du Canada


POURQUOI DEUX CENTRAIDE ?


Au 15e et au 25e rangs du tableau, vous noterez le même nom : Centraide du Grand Montréal. Pas d'erreur, il s'agit bien de deux fondations publiques distinctes.


La plus importante est Centraide du Grand Montréal, l'organisation qui recueille plus de 50 millions de dollars de dons par année pour les redistribuer à des centaines d'organisations charitables. Au 25e rang, il s'agit de la Fondation Centraide du Grand Montréal.


Centraide a été créée en 1974 par différentes associations caritatives qui ont décidé de se regrouper pour augmenter leur rayonnement. Par la même occasion, elles ont mis sur pied la Fondation et y ont placé les actifs qu'elles détenaient.


Annick Gagnon, porte-parole de Centraide, explique que des 891 088 $ de dépenses de la Fondation, en 2011, 500 000 $ ont été remis à Centraide.


L'autre part des dépenses qui ne fait pas l'objet d'un don est consacrée à la réalisation de projets spécifiques, comme la mise à jour du système informatique de Centraide.


LES PLUS IMPORTANTES CAMPAGNES DE FINANCEMENT EN COURS


FONDATION / OBJECTIF / PÉRIODE


Campus Montréal / 500 M$ / 2012-2016


Fondation du CHUM et Fondation du CUSM / 300 M$ / 2010-2020


Fondation du Musée des Beaux-arts de Montréal / 100 M$ / 2008-2012


Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec / 100 M$ / 2010-2015


Fondation de l'Hôpital Marie-Clarac / 35 M$ / 2010-2015


Fondation Hôpital Charles-Lemoyne / 30 M$ / 2009-2013


Fondation Cité de la santé / 20 M$ (25 M$ déjà amassé) / 2009-2014


Source: Épisode


3,43 M $


Montant versé par la Fondation du Musée des beaux-arts de Montréal à l'institution de la rue Sherbrooke en 2011. Ces dons se répartissent comme suit :


- 1,1 M$ pour la construction du Pavillon Claire et Marc Bourgie


- 1,3 M$ pour les activités générales


- 650 000 $ pour les expositions


- 150 000 $ pour les acquisitions d'oeuvres d'art.

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