Financer les festivals, un casse-tête

Publié le 05/06/2015 à 12:19

Financer les festivals, un casse-tête

Publié le 05/06/2015 à 12:19

Par Claudine Hébert

Qu’ils soient petits, moyens ou gros, les quelque 400 événements et festivals du Québec font chaque année face au même défi : financer leurs activités. Dans un contexte où les subventions gouvernementales et les commandites des sociétés d’État se font plus rares, les organisations, principalement des OSBL, doivent trouver de nouvelles solutions ou tirer leur révérence.


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Actuellement, les subventions et commandites des sociétés d’État représentent de 16 % à 33 % de l’ensemble du budget des festivals de la province. « Et plus les budgets des événements sont élevés, plus l’apport public rétrécit », indique Pierre-Paul Leduc, directeur général des Festivals et événements du Québec (FEQ).


Les autres sources de financement sont principalement des revenus autogérés (vente de billet, de souvenir, de consommation et de nourriture) et des commandites d’entreprises privées.


Au Québec, les quelque 150 festivals soutenus par le ministère du Tourisme génèrent des dépenses touristiques annuelles estimées à 600 millions de dollars, dont 196 M$ proviennent de touristes en provenance de l’extérieur du Québec, signale M. Leduc. Sur les 21,7 millions de festivaliers, près d’un sur quatre provient de l’extérieur de la province.


Le Regroupement des événements majeurs internationaux du Québec (RÉMI), dont fait partie le Festival de Jazz, le Festival Juste pour Rire, le Festival d’été de Québec pour ne nommer que ceux-là, presse les deux paliers gouvernementaux d’adopter de nouvelles mesures pour favoriser le financement de leurs activités.


L’organisme a même fait appel à la firme comptable KPMG pour identifier de nouvelles formes de financement. L’uniformisation et la majoration de la taxe d’hébergement font partie des suggestions. L’établissement d’un seuil minimal de commandites des sociétés d’État (Loto-Québec songe à réduire sa participation) en est un autre.


Évidemment, l’augmentation de l’aide financière aux festivals et événements touristiques figure parmi les avenues suggérées par le RÉMI.


« On souhaite que Tourisme Québec revoie son programme d’aide financière afin que les montants soient attribués selon la performance touristique des événements et non en fonction de leur historique ou des pressions effectuées par les élus de leur région », souligne Martin Roy, directeur général du RÉMI.


L’an dernier, les quelque 150 événements soutenus par Tourisme Québec se sont partagé un montant de 14,59 M$. Plus de la moitié de cette somme a été attribuée aux 28 événements membres du RÉMI.


Cette réflexion sur le financement des festivals et événements du Québec soulève un certain scepticisme de la part de Paul Arsenault, professeur au département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM.


« De tous les secteurs touristiques, l’événementiel est celui qui touche déjà la plus grande partie de l’enveloppe de Tourisme Québec chaque année, soit près de 40 %. Faut-il accorder davantage d’argent ? Est-ce que les festivals demeurent le principal fer de lance du tourisme ? Ils l’étaient il y a 30 ans. J’en doute aujourd’hui», dit-il.


Comme il doute fortement aussi d’une révision de l’aide financière de Tourisme Québec. À moins d’avoir une profonde réforme du système, ajoute-t-il, il serait étonnant que les festivals « moins touristiques » ne touchent plus leur part.


« L’annonce de subventions sert généralement à l’image des politiciens des territoires concernés. Quel que soit la valeur du montant, aucun élu ne voudra s’en passer», persiste M. Arsenault.


Selon le FEQ, les festivals et événements vont effectivement au-delà des retombées économiques. « Ils permettent de valoriser les municipalités de la province. Ils participent à la qualité de vie citoyenne et apportent des retombées sociales », soutient Pierre-Paul Leduc du FEQ.


Selon un sondage mené pour le FEQ, plus de 90 % des résidents éprouvent un sentiment de fierté et considèrent que les festivals de leur communauté sont le reflet de leur identité.


Mais la vraie question n’est-elle pas : y a-t-il trop de festivals ? « Y a-t-il trop de bibliothèques ? » répond du tac au tac Paul Arsenault. Chaque festival, ajoute l’expert en tourisme, à sa raison d’être. Chacun d’entre eux a toutefois la responsabilité de le démontrer. « Il revient à chacun de convaincre les partenaires publics et privés, y compris les festivaliers, de prendre part à leur succès », conclut M. Arsenault.


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