Recherche employés désespérément

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Mars 2017

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Édition du 11 Mars 2017

Le fabricant de meubles Mobican peine à trouver des employés qualifiés.

Mobican essaie depuis des mois de recruter des rembourreurs. «J'ai mis des annonces et j'ai frappé à toutes les portes, sans succès», se désole son président, Patrick Selmay. Ce que vit la PME de Saint-Jean-sur-Richelieu est typique du manque de main-d'oeuvre qualifiée qui touche le secteur du meuble.


«Notre taux de placement est de 100 %, dit Martin Demers, directeur de l'École nationale du meuble et de l'ébénisterie. On a une cinquantaine de diplômés par année à nos campus de Victoriaville et de Montréal, et c'est loin de suffire à la demande.»


C'est peu dire. Une étude du Conference Board du Canada estime que la demande de main-d'oeuvre dans le secteur des meubles en bois et rembourrés au pays devrait croître de 2 % par année d'ici 2019, ce qui se traduira par un gain de 4 600 emplois.


À lui seul, Groupe Lacasse a créé près de 100 emplois depuis trois ans. Et il en créera une quinzaine d'autres sous peu, à la suite du transfert de ses activités américaines de fabrication de sièges à son usine de Saint-Pie. À cela s'ajoutera le remplacement d'une soixantaine d'employés qui prendront leur retraite d'ici cinq ans.



«Le plus grand défi dans l'atteinte de notre plan de croissance, c'est la disponibilité de la main-d'oeuvre», affirme Sylvain Garneau, président de l'entreprise de meubles commerciaux et institutionnels de 500 employés.


Parmi les postes les plus difficiles à combler par l'industrie, le métier d'ébéniste figure au premier rang, selon une enquête du Comité sectoriel de main-d'oeuvre des industries des portes et fenêtres, du meuble et des armoires de cuisine. Viennent ensuite les postes d'installateurs, le personnel d'usine (journaliers, ouvriers) et les peintres.


Attirer la main-d'oeuvre


Le vieillissement de la population, la méconnaissance du secteur du meuble comme employeur potentiel et le peu d'intérêt des jeunes pour les métiers du meuble expliquent entre autres pourquoi les entreprises peinent à recruter.


Entre 2008 et 2012, la récession américaine a entraîné plusieurs pertes d'emploi. Ancienneté oblige, ce sont surtout les employés les plus jeunes qui ont écopé, selon Christian Galarneau, directeur général du comité sectoriel.


«Aujourd'hui, l'économie des États-Unis est dynamique et les exportations québécoises regagnent le terrain perdu. Les entreprises ont donc besoin de regarnir leur effectif au moment où elles doivent aussi remplacer les travailleurs qui partent à la retraite.»


Or, le domaine n'attire pas les foules. «Il reflète encore une image artisanale, constate Christian Galarneau. Les jeunes ne savent pas à quel point la fabrication est automatisée.»


Deux des quatre programmes de l'École nationale du meuble et de l'ébénisterie, les DEP en finition et en rembourrage, n'ont pas démarré cette année, faute d'inscriptions. «En rembourrage, nous n'avons eu qu'une inscription alors qu'il en faudrait une douzaine», indique Martin Demers.


Pour promouvoir les métiers du meuble, l'école a réalisé en février sa deuxième campagne d'affichage dans le métro. «L'an dernier, un visiteur sur deux qui s'est présenté à nos portes ouvertes avait entendu parler de nous de cette façon», dit le directeur, qui a aussi des projets pour faire connaître l'importance du design dans la conception de meubles.


Le peu de mobilité de la main-d'oeuvre immigrante, alors que la plupart des fabricants de meubles sont en région, est un autre facteur qui complique le recrutement. «Les nouveaux arrivants sont les bienvenus dans nos usines, lance Sylvain Garneau. Le gouvernement devrait en faire plus pour les attirer en région.» Son entreprise en a embauché quelques-uns avec l'aide de Forum 2020, l'organisme de régionalisation de l'immigration de la MRC des Maskoutains. Des ressortissants du Mexique, de la Colombie, de Cuba, de l'Algérie, et peut-être bientôt du Pérou.


Formation sur le tas


Pour combler leurs besoins de main-d'oeuvre qualifiée, les entreprises se tournent aussi vers le compagnonnage. Le Programme d'apprentissage en milieu de travail d'Emploi-Québec permet ainsi de former des ébénistes, des couturiers, des peintres, des rembourreurs.


Mobican en est à sa première expérience du genre. «On est en train de former un opérateur de machine CNC et on est très satisfaits, dit Patrick Selmay. On va refaire ce programme, c'est certain.»


Le recrutement de personnel pour les postes nécessitant peu de qualifications s'avère aussi difficile. Pour la deuxième année, le créneau d'excellence Meuble et bois ouvré a mis en place un programme de formation de manoeuvres destiné aux chercheurs d'emploi et financé par Emploi-Québec. Les cours sont offerts à l'École nationale du meuble et de l'ébénisterie.


«La formation est donnée selon un mode d'alternance travail-études, précise la directrice du créneau, Marie-Josée Boisjoli. Comme les participants se familiarisent avec la réalité du travail, la rétention de ceux qui sont embauchés est meilleure.»


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