APN: mécanique suisse 4.0

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Mai 2017

APN: mécanique suisse 4.0

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Mai 2017

Démarrée au début des années 1970 à Québec, APN est une entreprise familiale vouée au machinage de précision où les générations de Proteau se succèdent. Formé à bonne école, le fondateur Claude Proteau avait travaillé pour des Suisses dans la mécanique des montres.


L’impératif de précision appris dans l’horlogerie imprègne aujourd’hui encore tout ce que cette entreprise de 150 employés fait dans trois secteurs industriels : pièces pour l’industrie hi-tech, produits pour la défense, aéronautique.


Et c’est l’impératif de précision qui propulse l’avancée d’APN dans le monde de l’entreprise 4.0, une aventure commencée il y a cinq ans qui fait de l’entreprise un des porte-étendard au Québec de la 4e révolution industrielle.


L’usine a déjà fait ses classes dans la 3e révolution industrielle, celle des automates et des robots, puisqu’elle compte 19 machines-outils à contrôle numérique dans autant de postes d’usinage. Cette étape passée, APN s’est occupée depuis cinq ans d’interconnecter toutes ces machines, de même que tous les logiciels de dessin et de programmation-outil, et d’en canaliser les masses de données qu’elles produisent vers une base de donnée centrale.


Ces informations rendent compte d’une multitude d’opérations : nombre de pièces usinées et leurs dimensions, usure de l’outil, pression d’huile, compression d’air, jusqu’au niveau vibratoire des outils. Cette masse de données est filtrée par des systèmes d’analyse en temps réel qui retournent vers les machines et les employés une foule d’indications de statut, de corrections à faire, d’ajustements de cadence.


Une nouvelle étape vient d’être franchie : celle de l’apprentissage-machine. «Hier, note M. Proteau, j’étais en contact avec le directeur des opérations du CRIQ pour implanter le système de machine learning Watson, d’IBM, en vue d’analyser nos données.» L’objectif : que Watson apprenne toute les manœuvres et les opérations du plancher de façon à en optimiser en temps réel le fonctionnement d’ensemble.


«L’automatisation ne se fait plus au niveau des robots, fait ressortir M. Proteau, mais au niveau de la prise de décision de façon à en arriver, en tout temps, à une vue complète de la situation et à tenir toute l’usine à un état optimum.»


M. Proteau vise à éliminer l’émotion humaine de la prise de décision. Qu’un machiniste soit novice ou vétéran, ses décisions et manœuvres sont toujours comparées aux meilleurs standards et pratiques de la discipline. Par exemple, explique M. Proteau, si un employé prend une mesure fautive d’une pièce qui tombe sous un seuil critique, il est immédiatement alerté. Il ne peut passer à la prochaine étape s’il ne corrige pas le tir.


Cet univers de données, d’algorithmes et d’apprentissage-machine pourra sembler ésotérique à certains, mais les avantages qu’APN en tire, eux, sont très concrets et tangibles, spectaculaires même. «Au cours des deux dernières années, on a doublé notre production à partir du même nombre de machines, révèle M. Proteau. En considérant que notre parc de machines vaut environ huit millions $, c’est comme si on avait épargné huit millions $.»


Ce n’est pas tout. Au cours des deux mêmes années, «100% de nos livraisons ont été faites à temps et notre niveau de qualité est de 100% , note sans vantardise M. Proteau. Et on a une traçabilité parfaite. Si un défaut survient chez le client, on peut savoir exactement s’il tient à telle machine, tel employé, tel lot de matières premières.»


Perfectionniste, M. Proteau ne juge pas qu’il a encore atteint le seuil de l’entreprise 4.0. Quand donc, alors? «Quand l’usine sera totalement automatisée, répond-il, et fonctionnera toute seule.»


RETOUR AU DOSSIER LA RENAISSANCE DU MANUFACTURIER

À suivre dans cette section


image

Objectif Nord

Mardi 24 avril


image

Rémunération globale

Mercredi 25 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 16 mai


image

Forum TI DevOps

Mercredi 12 septembre


image

Usine 4.0

Mardi 18 septembre


image

Gestion de l'innovation

Mercredi 19 septembre


image

Marché de l'habitation

Mardi 04 décembre


image

Marché de l'habitation

Mercredi 05 décembre

DANS LE MÊME DOSSIER

Sur le même sujet

Le regain du secteur manufacturier

Édition du 10 Mars 2018 | Pierre Cléroux

Le secteur manufacturier, on le sait, a connu son lot de mésaventures depuis déjà trop longtemps. La mondialisation ...

Le virage 4.0, un pas à la fois

Édition du 10 Mars 2018 | Pierre Théroux

« Les entreprises ont toujours une certaine peur de l'inconnu. Elles ne doivent cependant pas craindre de se lancer ...

À la une

Vidéo: trois titres boursiers insensibles aux hausses de taux d'intérêt

Il y a 26 minutes | Denis Lalonde

GESTIONNAIRES EN ACTION. Steve Bélisle fait le point sur les titres de Diageo, ServiceMaster et Marsh & McLennan.

«Les géants de la Silicon Valley nuisent à l'innovation»

Il y a 34 minutes | Diane Bérard

ENTREVUE. Nicholas Thompson, rédacteur en chef du magazine Wired, dépeint la Silicon Valley et ses contradictions.

Viser les marchés étrangers, au-delà de Donald Trump

Édition du 21 Avril 2018 | René Vézina

CHRONIQUE. L'entreprise Boulet, à Saint-Tite, est bien connue par les amateurs de bottes de cow-boy dont elle est ...