Réussir son premier recrutement


Édition du 05 Mars 2016

Réussir son premier recrutement


Édition du 05 Mars 2016

(Photo: Shutterstock)

Embaucher une première fois comporte son lot de défis. Mais c’est encore plus vrai pour une entreprise en démarrage. Cinq points sous la loupe pour transformer cette étape en succès.


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1— Le moment


La réputation d’une entreprise en démarrage se joue sur ses premiers contrats, explique Alain Thériault, coach d’affaires et conseiller stratégique pour la firme Exo B2B. «S’il n’y a pas de moment précis pour recruter, c’est important de le faire quand on commence à avoir des clients majeurs. Car ton département de marketing, c’est ton bouche-à-oreille. Donc, dès qu’on sent qu’on manque de temps pour offrir la qualité requise, c’est le moment!»


Autre signal: si les fondateurs croulent sous les tâches cléricales, au lieu de se concentrer sur le développement de leur entreprise, ajoute Marcel Bérubé, président du Groupe Perspective, une agence de recrutement. «Quand on est en croissance, il faut être positif tout en demeurant conservateur. Il faut donc sentir les signaux avant le débordement et voir l’embauche comme un investissement pour se libérer, et non comme une dépense.»


2 Les besoins


Les fondateurs d’entreprises sont vite confrontés à des questions qui dépassent leurs champs de compétences, en gestion, en marketing, en comptabilité... « Dès le départ, il faut identifier ses forces. C’est la locomotive qui va mener le train. Mais il faut aussi reconnaître rapidement qu’elle est sa plus grande faiblesse et trouver une façon de la combler au plus vite avec une personne meilleure que nous dans ce domaine », explique Alain Thériault.


Il faut ensuite trouver des moyens créatifs de les combler en minimisant ses coûts fixes, poursuit-il, en embauchant des pigistes, des employés à temps partiel, par exemple. Ou encore en engageant une adjointe virtuelle, qui offre des services à la pièce et à distance. Des programmes de subventions existent aussi, comme pour donner une première expérience de travail à un immigrant qualifié, ajoute Maryse Landry, conseillère en ressources humaines à PME MTL Grand Sud-Ouest.


3— Le profil


On ne recherche pas le même type de personnalité pour intégrer les rangs d’une entreprise en démarrage que pour joindre une compagnie solidement établie. Les gens qui embarquent doivent avoir envie d’aventure, précise Alain Thériault. «On ne peut pas embaucher un compteur de billes pour faire sa comptabilité dans une start-up. C’est tellement les montagnes russes au plan émotif et financier qu’il risque de paniquer rapidement. Il faut que ce soit un comptable hors de l’ordinaire», illustre-t-il.


Ainsi, les recrues doivent composer avec des zones d’ombre, ajoute pour sa part Maryse Landry. « Si on embauche une personne qui a besoin de beaucoup d’encadrement, cela ne fonctionnera pas, car le manuel d’employé n’existe pas encore! C’est important de mettre cartes sur table dès le départ et de faire connaître nos attentes à la personne qu’on aimerait recruter. » Dans la même veine, curiosité, flexibilité et autonomie sont de mise. Car, à l’image de l’entreprise qui évolue, les différents postes risquent de changer rapidement. « Il faut donc sélectionner les candidats en réfléchissant non seulement aux besoins de l’entreprise à court terme, mais aussi au potentiel de développement de l’employé », précise Marcel Dubé. Une option qui peut aussi être intéressante pour les nouveaux diplômés.


4— L’offre


Pour être concurrentiel, il faut y mettre le prix. «Dans les start-ups, les employeurs sont souvent les moins bien payés. Il faut qu’ils soient prêts à se serrer la ceinture pour aller chercher les ressources dont ils ont besoin», précise Alain Thériault. Certains proposent aussi des parts dans l’entreprise pour bonifier leur offre.


Vous n’avez pas les sous pour offrir des salaires mirobolants? Vendez votre position dans deux ans ou cinq. Et les possibilités de se développer qui vont avec. «Ça peut être intéressant, par exemple, d’embaucher un diplômé qui vient de terminer ses études. Il pourra évoluer avec l’entreprise», soutient Maryse Landry. De plus, c’est souvent possible de participer à construire une entreprise, de participer au processus de gestion. Il est aussi possible d’offrir des avantages intéressants – et à petit prix – de travailler dans une entreprise à dimension humaine, ajoute-t-elle. «Cela peut être aussi simple que de donner un congé à l’employé le jour de sa fête, d’organiser des BBQ l’été, de proposer un horaire flexible.»


5 Les ressources


Embaucher à la va-vite, même débordé, comporte des risques. Celui de se tromper. De gaspiller son temps et son argent. Même si on manque de temps, il ne faut pas négliger certaines étapes, explique Maryse Landry. Par exemple préparer une description de poste détaillée, qui vous permettra de clarifier les attentes d’une part comme de l’autre. Plusieurs organismes peuvent vous aider, comme PME Montréal qui regroupe maintenant les CLD et les CDEC de la métropole, le SAJE, les conseillers d’Emploi-Québec ou les agences, entre autres. Des ressources à exploiter!


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