Ce que Roland Lescure veut importer du Québec en France

Publié le 20/06/2017 à 10:25

Ce que Roland Lescure veut importer du Québec en France

Publié le 20/06/2017 à 10:25

Par Stéphane Rolland

Roland Lescure (Chantal Levesque, Métro)

Les Québécois aiment leurs entrepreneurs et Roland Lescure souhaiterait que les Français adoptent la même attitude. Élu dimanche dernier, le député représentant les Français en Amérique du Nord veut importer l’esprit entrepreneurial nord-américain en France.


«Il y a un vrai amour du Québec pour ses entrepreneurs», constate l’ex-numéro deux de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a quitté ce poste en avril pour appuyer la candidature d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle française. «La Caisse sous Michael Sabia a déployé beaucoup d’efforts pour aider les entrepreneurs à exporter et à affronter la concurrence mondiale, poursuit-il. On peut s’en inspirer en repensant les dispositifs publics afin qu’ils soient mieux ciblés dans un contexte de mondialisation.»


Or, les Français gagneraient à entretenir une relation «plus simple» avec l’entrepreneuriat, croit M. Lescure. «La France a une relation compliquée avec l’entrepreneuriat, avec le succès, mais avec l’échec aussi. Il ne faut pas faire trop de vagues. Évidemment, l’entrepreneuriat est une succession d’échecs et de succès. La France est en train de changer sur ce plan-là, mais il y a encore beaucoup à apprendre.» 


Les Français établis en Amérique du Nord ont d’ailleurs un rôle à jouer pour influencer leurs compatriotes dans la mère patrie, selon lui. «Il y a beaucoup d’entrepreneurs français qui ont lancé leurs entreprises en Amérique du Nord, souligne-t-il. Ils peuvent nous aider via du mentorat et le partage de bonnes pratiques. Il y a une amélioration du discours au sujet de l’entrepreneuriat qui est souhaitable.»



Les priorités du député


M. Lescure a été élu dimanche dernier par une forte majorité de 79,73%, mais avec un taux de participation de seulement 13,7%. Le «novice» en politique fait ainsi partie de la majorité à l’Assemblée nationale à Paris. La République en marche a obtenu 308 sièges sur 577, ce qui facilitera l’adoption du programme du président Emmanuel Macron.


Dès la reprise des travaux de l’assemblée cet été, M. Lescure et ses collègues devront se pencher sur la réforme du Code du travail et sur des changements législatifs pour mettre fin à certaines pratiques politiques pouvant donner l’impression de conflit d’intérêts comme le cumul de mandats. «En tant que député, je vais contribuer à ces réformes en donnant mon avis et en votant les lois telles qu’elles seront présentées, discutées et corrigées.»


Outre les enjeux d’intérêt national, M. Lescure veut porter certains sujets touchants particulièrement les Français résidant en Amérique du Nord. Parmi ceux-ci, il souhaite revoir la fiscalité des expatriés, moderniser les services administratifs et favoriser l’accès à une éducation en Français. Le dernier point concerne davantage les Français établis dans le reste du Canada et aux États-Unis.


Les longues files «interminables» devant les bureaux de vote à Montréal lors des deux tours du scrutin présidentiel démontrent l’importance de numériser une partie des services administratifs de la République, poursuit M. Lescure. «Je pense qu’on doit pouvoir offrir aux Français à l’étranger la possibilité de passer au vote électronique, explique-t-il. Ça prendra des investissements pour s’assurer qu’on a un vote imperméable aux risques de piratage. C’est un impératif vu la taille de la circonscription et la dispersion des Français qui vivent en Amérique du Nord.»


Élu pour un mandat de cinq ans, l’homme qui a quitté le monde des affaires par conviction assure ne pas vouloir devenir un «politicien de carrière».


«J’ai dit que je ferai un maximum de deux mandats, répond-il. Je vais commencer par un et voir si je parviens à faire une différence. C’est pour ça que je me suis lancé. Pour moi, on ne va pas en politique pour faire une carrière. Sinon, on risque de perdre de vue l’essentiel, de s’occuper de son parcours professionnel plutôt que du parcours du pays que l’on sert. La meilleure façon d’éviter cela est de se limiter dans le temps.»


Lire aussi: Macron pourra-t-il faire sa révolution?


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