Vous souhaitez occuper un poste sur un conseil d’administration ?

Publié le 17/03/2014 à 00:06

Vous souhaitez occuper un poste sur un conseil d’administration ?

Publié le 17/03/2014 à 00:06

M. Richard Joly, président de Leaders et Cie

Une entrevue avec M. Richard Joly, président de Leaders et Cie


Si on vous proposait un siège sur un conseil d’administration, que feriez-vous ?


Votre premier réflexe serait peut-être de répondre « oui ». Après tout, il est flatteur de se faire offrir un poste.


Cependant, il faut réfléchir avant de répondre. Devenir membre d’un conseil est une décision sérieuse, qui peut être lourde de conséquences. C’est pourquoi, avant de décider, il est essentiel de poser plusieurs questions, souligne Richard Joly, président de Leaders et Cie.


Quelle est votre motivation ?


La première question s’adresse à vous-même : pourquoi voulez-vous siéger à ce conseil ? Quelle est votre motivation ?


« Si vous acceptez pour les mauvaises raisons, vous aurez plus de difficultés à conserver votre indépendance d’esprit », ajoute M. Joly.


Le sens de l’éthique d’un administrateur, dit-il, peut être influencé s’il siège pour de mauvaises raisons, par exemple, pour rehausser sa réputation, agrandir son réseau de contacts ou profiter de la rémunération.


Connaissez-vous bien les risques ?


En devenant administrateur d’une société, vous vous exposez à plusieurs risques.


« Les risques les plus importants sont les menaces à votre réputation », note M. Joly. Celle-ci pourrait être sévèrement entachée si, par exemple, un dirigeant de l’entreprise est soupçonné ou reconnu coupable d’une fraude ou d’une autre malversation, explique-t-il.


Votre réputation peut aussi pâlir si l’entreprise traverse une période financière difficile ou pire encore, si elle fait faillite.


Il est bon de garder en tête que « l’équité d’un administrateur, c’est sa réputation », ajoute M. Joly.


Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’en devenant administrateur, vous acceptez d’être légalement responsable de l’entreprise sur plusieurs plans. Par exemple, si l’entreprise ne retourne pas au gouvernement les retenues à la source effectuées, les administrateurs en sont personnellement responsables. De plus, si les fautes de l’entreprise touchent l’environnement, certaines situations peuvent même entraîner l’emprisonnement des administrateurs, souligne Richard Joly.


Quels sont les risques auxquels fait face l’entreprise ?


Parce que votre réputation est en jeu, il est important de s’informer au sujet de l’entreprise avant d’accepter un poste à son conseil.


« Il faut faire ses devoirs, sa vérification diligente », conseille Richard Joly.


Cet examen de l’entreprise doit vous donner les réponses à plusieurs questions :


• Quelle est la réputation de l’entreprise auprès de ses clients, de ses employés, de ses fournisseurs et de ses actionnaires ?


• La réputation des autres membres du conseil est-elle bonne ?


• L’entreprise présente-t-elle un bon bilan ? Est-elle bien structurée ? Est-elle en croissance ?


• L’entreprise fait-elle face à des risques réglementaires importants qui pourraient chambarder sa situation ?


• Le principal dirigeant jouit-il d’une bonne réputation ?


• La technologie soutient-elle les plans de l’entreprise ? Celle-ci pourrait-elle être menacée par l’arrivée d’une nouvelle technologie ?


• Les dirigeants partagent-ils une vision claire ?


• L’entreprise fait-elle face à des poursuites ?


• Y a-t-il des enjeux qui menacent l’entreprise, son modèle d’affaires ou sa rentabilité ?


• L’entreprise fait-elle face à des risques à l’international ou dans son secteur ?


• Sa stratégie est-elle solide ?


Répondre à ces questions permet d’évaluer les risques qu’encourt l’entreprise et donc, en conséquence, les risques qui vous guettent si vous y êtes associé.


Comment effectuer les vérifications requises ?


Il est impossible de tout évaluer avant de prendre une décision. Mais il est utile de faire certaines démarches :


• Demandez une rencontre avec le PDG, le président du conseil ou le responsable du recrutement ou de la gouvernance. Ceux qui vous rencontrent devraient être capables de vous révéler de l’information. Demandez-leur pourquoi votre profil intéresse le conseil. Cela vous aidera à savoir si vous êtes la bonne personne pour le poste.


• Consultez le site SEDAR qui donne beaucoup d’information sur les sociétés publiques.


• Visitez le site Web de l’entreprise, afin d’évaluer la transparence de l’organisation, sa culture et ses valeurs. Si vous pensez qu’on essaie de « noyer le poisson », c’est mauvais signe.


• Discutez avec des gens de l’organisation ou du conseil pour savoir si les discussions sont faciles, si le management est capable de recevoir des commentaires.


• Examinez les politiques de rémunération et l’importance que l’on accorde à la performance dans celle-ci.


• Informez-vous sur la culture du PDG, sur sa relation et l’accès qu’il donne à son équipe. Un PDG qui accepte qu’un vice-président se présente devant le conseil, c’est un bon signe !


• Évaluez la qualité du leadership qu’exerce le président du conseil et celle du PDG.


Des vérifications importantes


Avant d’accepter un poste, posez-vous la question : êtes-vous à l’aise dans le secteur d’activité de l’entreprise ?


Si oui, assurez-vous tout de même d’être au diapason avec le PDG et le président du conseil. Puis, demandez la preuve que les administrateurs sont protégés par une assurance responsabilité adéquate et à jour. Exigez aussi que l’on démontre que toutes les déductions à la source sont bien versées au gouvernement.


Finalement, prenez le temps de téléphoner à diverses personnes qui connaissent l’entreprise ou font affaire avec elle, afin de vérifier qu’il n’y a pas anguille sous roche.


Que fait-on si l’on a des doutes ? On s’abstient. Vous ne devriez jamais accepter un poste d’administrateur si vos recherches ne vous ont pas entièrement donné confiance.


 


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