L'homme qui n'aime pas les surprises

Publié le 24/11/2012 à 00:00, mis à jour le 22/11/2012 à 10:51

L'homme qui n'aime pas les surprises

Publié le 24/11/2012 à 00:00, mis à jour le 22/11/2012 à 10:51

Par Claudine HĂ©bert

La réussite des projets repose sur les compétences et les aptitudes de leur responsable. Dans ce dossier, des portraits de gestionnaires qui, au quotidien, s'occupent de mandats complexes, avec des délais et des budgets serrés.


Toufic Abiad, président de SDI Canada, croit en la force du concret. Exemple : il a fait aménager au coeur de son bureau montréalais une cage blindée en cuivre de 80 pieds carrés. Cette vaste enceinte métallique, aussi appelée cage de Faraday, sert à isoler la pièce des ondes qui pourraient interférer avec les ondes de radiofréquence émises par les systèmes d'imagerie par résonance magnétique conçus par l'entreprise.


Une bonne manière de faire comprendre de visu à ses clients les diverses contraintes associées à l'installation de ces équipements. «Chaque personne liée à un projet est invitée à venir étudier, analyser et toucher le produit. On peut ainsi voir, par exemple, par où passer le câblage électrique des appareils. Cette stratégie permet d'épargner énormément de temps en longues explications», indique t-il.


Dans les délais


Toufic Abiad, 33 ans, n'a jamais suivi de formation ni de certification en gestion de projet. Mais il a développé des méthodes qui font de lui un gestionnaire recherché dans le milieu hospitalier canadien.


Son entreprise, spécialisée dans la conception de blindages pour les systèmes d'imagerie de résonnance magnétique, a toujours atteint, voire devancé, les délais de ses projets. Et ce, dans les budgets prescrits.


La recette ? Éliminer toute part d'inconnu dès le début d'un projet. Cela implique notamment de communiquer sans attendre les «mauvaises nouvelles» aux clients. «En prévoyant tous les risques et complications, et en faisant des devis stricts et serrés, l'évaluation du budget se traduit par un montant beaucoup plus réaliste et sans surprise», explique le gestionnaire.


Technologie nouvelle


L'exercice est particulièrement important dans un domaine comme l'imagerie par résonance magnétique, une technique de diagnostic de pointe.


Tous les grands projets hospitaliers en construction en profitent pour procéder à l'installation ou à la modernisation de cet équipement moderne et coûteux. «Ingénieurs, architectes, électriciens, techniciens et personnel médical et hospitalier... la plupart en sont à leur premier contact avec cette technologie», dit Toufic Abiad.


Pour devancer les questions, éviter les surprises sur les chantiers et éliminer les imprévus, Toufic Abiad multiplie les rencontres auprès des intervenants. «Après une première rencontre avec tout le monde, on cible chaque discipline respective. Cela permet de meilleures discussions et d'en arriver plus rapidement à un consensus», rapporte-t-il.


Une expertise plutôt rare


L'entreprise, qui emploie une douzaine de personnes, dont la moitié à temps plein, s'investit de la conception du projet jusqu'à l'installation. Une expertise qui fait sa marque. Certains clients, comme l'Hôpital Monfort, à Ottawa, lui confient la gestion complète des travaux de leur département d'IRM.


D'autres, comme le CHU Sainte-Justine, à Montréal, vont jusqu'à solliciter les conseils de l'entreprise pour l'ensemble des travaux d'aménagement du nouveau bâtiment des unités de soins spécialisés en pédiatrie. Depuis un an, Toufic Abiad a ainsi siégé au comité de conception des plans architecturaux et à celui de l'évaluation visant à sélectionner le consortium de constructeurs du complexe hospitalier pour enfants.


Et ce n'est pas fini. Il siège au comité d'évaluation de performance des travaux du CHU Sainte-Justine. Or, SDI Canada n'a même pas encore été officiellement mandatée pour l'exécution des travaux de blindage des trois nouveaux systèmes d'IRM de l'hôpital. Des travaux qui ne débuteront pas avant deux ans...

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