La Place Bell, nouvelle fierté de Laval

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Juin 2017

La Place Bell, nouvelle fierté de Laval

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Édition du 17 Juin 2017

Par Claudine Hébert

Le ­club-école du ­Canadien de ­Montréal, le ­Rocket, fera bientôt son nid dans la nouvelle ­Place ­Bell de ­Laval.

Depuis plus de 10 ans, Laval attendait ce moment : la construction d'un amphithéâtre de 10 000 sièges. C'est maintenant chose faite.


L'infrastructure, construite au coût de 200 millions de dollars (M$), occupe désormais le quadrilatère formé par les boulevards Le Corbusier et La Concorde et les rues Claude-Gagné et Lucien-Paiement. En attendant que le club-école du Canadien, le Rocket, y entame sa saison locale le 6 octobre prochain, Les Affaires a bénéficié d'une visite dans les coulisses du bâtiment en compagnie de Jean-Marc Venne, directeur du projet de la Place Bell, et de Marcel Dubé, directeur de projet pour Pomerleau.


Utilisation de l'infrastructure virtuelle


Les gradins ont été coulés en béton sur place, une technique qui offre une meilleure rigidité pour l’ensemble des sièges et de meilleures conditions d’insonorisation dans les espaces sous les gradins.



Un des facteurs qui a contribué au respect des coûts et de l'échéancier - le bâtiment a été livré tel que prévu le 11 avril dernier - est l'utilisation du concept BIM (Building Information Modeling) ou la modélisation des données du bâtiment. «Dès le jour un, l'infrastructure existait en mode virtuel», souligne Jean-Marc Venne. L'utilisation de ce concept, dit-il, peut représenter aisément un coût de 15 % de plus sur la facture d'honoraires professionnels. Toutefois, cet outil permet d'éviter justement les erreurs en cours de construction. «Les clashs, comme on les appelle dans notre jargon, ont été réglés en grande majorité sur des écrans et non sur le chantier», explique M. Venne. L'équipe, composée d'architectes, d'ingénieurs et de constructeurs, s'est réunie au moins une fois par semaine pour suivre l'évolution du projet en 3D. Cette conception a d'ailleurs remporté le prix du CanBIM en 2015 pour le meilleur projet innovant.


La construction de la Place Bell a nécessité plus de 780 000 heures de travail. Plus de 300 travailleurs s'y donnaient rendez-vous tous les jours. La conception et la construction du bâtiment ont été confiées à la firme Pomerleau, qui a travaillé en collaboration avec la firme d'architectes Lemay+MMA. À eux seuls, les frais de construction ont représenté les trois quarts du budget du projet de la Place Bell.


Contrairement à plusieurs amphithéâtres du même genre, les gradins ont été coulés en béton sur place. Une technique, explique Marcel Dubé, de Pomerleau, qui coûte 10 % plus cher, mais qui offre une bien meilleure rigidité pour l'ensemble des sièges et de meilleures conditions d'insonorisation dans les vestiaires et autres espaces sous les gradins, aménagés pour permettre aux spectateurs de voir le dessus de la bande dans leur angle de vision. Selon Trizart Alliance, la firme responsable de la scénographie de la Place Bell, très peu d'amphithéâtres en Amérique du Nord offrent ce confort visuel à l'ensemble de leurs occupants.


Autre avantage : l'amphithéâtre principal compte près d'une dizaine de sections de gradins télescopiques aménagés sur mesure (au total 550 sièges) qui peuvent être déplacés pour faciliter les transformations en fonction du spectacle sportif ou culturel présenté.



Voici l’évolution des travaux, du mois de novembre 2016 au mois de mars 2017. L’amphithéâtre peut accueillir 10 000 spectateurs.Voici l’évolution des travaux, du mois de novembre 2016 au mois de mars 2017. L’amphithéâtre peut accueillir 10 000 spectateurs.


Un amphithéâtre à la fine pointe de la technologie


La structure comprend cinq parties distinctes : les trois glaces (amphithéâtre, olympique et communautaire), les espaces commerciaux et le stationnement intérieur de 700 places. Plus de 170 000 m3 de sol ont été excavés et 4 000 tonnes métriques d'acier d'armatures ont été livrées sur le chantier. «La modélisation 3D et les capteurs GPS nous ont permis d'effectuer une excavation minimale et de creuser là où c'était vraiment nécessaire», indique Marcel Dubé.


La glace de dimension olympique a été aménagée essentiellement pour accueillir des événements de patinage artistique et de patinage courte piste. «Ces jours-ci, on installe des panneaux architecturaux acoustiques à la grandeur de la patinoire pour que les spectateurs bénéficient d'une qualité sonore accrue. Ils entendront ainsi le bruit des lames de patins qui tranchent la glace», souligne Jean-Marc Venne.


Près de 9 M$ ont été investis pour l'assistance technique et les besoins scénographiques (son, éclairage...). L'amphithéâtre ainsi que la glace olympique bénéficient d'ailleurs d'un éclairage HD LED pour faciliter le travail des équipes de télédiffusion. «Une technologie de 50 % plus coûteuse qu'un simple éclairage LED, fait remarquer M. Venne, mais qui constitue un critère essentiel pour attirer des compétitions d'envergure nationale et internationale.» Outre le Centre Bell et le Centre Vidéotron, très peu d'amphithéâtres au Québec disposent d'un tel équipement, signale fièrement M. Venne.


Un stimulant pour le futur centre-ville


Outre l'éventuelle présentation de compétitions de haut niveau, la Place Bell constitue un des leviers du développement du futur centre-ville lavallois. Combinée avec la station de métro Montmorency et avec les intentions de la Ville de créer des espaces publics, l'arrivée de l'amphithéâtre provoque un foisonnement propice à l'accélération des investissements, signale le maire de Laval, Marc Demers. Le nouvel Espace Montmorency, construit au coût de 420 M$, en est un.


Enfin, à la demande de l'équipe d'Aréna du Canadien, qui veillera à la gestion de l'amphithéâtre principal, le vestiaire du Rocket et ses pièces adjacentes (physio, massothérapie, bain de glace, douche et toilettes) offrent tous les équipements requis pour accueillir une équipe professionnelle. Au cas où le Canadien déciderait d'aller y jouer un match préparatoire...


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