Dompter l'inconfort

Offert par Les Affaires


Édition du 02 Mai 2015

Dompter l'inconfort

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Édition du 02 Mai 2015

Par Marie-Claude Morin

[Photo: Shutterstock]

Vais-je être capable ? Est-ce trop gros pour moi ? Si je me plante, comment vais-je rebondir ? Lorsqu'un projet ou un nouvel emploi est réellement ambitieux, il suscite généralement ce genre de questions. Et provoque, au creux du ventre, un mélange d'excitation et de vertige. Comment éviter que ces doutes nous paralysent ?


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«Certaines personnes disent avoir de l'ambition, mais se sabotent en entrevue», raconte Rose-Marie Charest, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec. Ils ou elles arrivent peu confiants et ne mettent pas en valeur leurs réalisations, par exemple. Pourtant, on les a jugés suffisamment intéressants pour les rencontrer ! Comment en viennent-ils à réduire leurs chances ainsi ? «On peut penser que ceux qui agissent de la sorte ne se sentent pas à la hauteur.»


Ou ils craignent de rompre avec le statu quo. Parfois, explique Mme Charest, le sentiment de sécurité est tellement important qu'il éclipse le reste. «Si ces gens ne changent pas, ce n'est pas parce qu'ils ne ressentent pas le besoin d'évoluer. C'est parce que la peur les paralyse.»


La peur. Un mot si court, mais qui peut faire référence à tellement de choses. «Certaines personnes craignent de ne pas maîtriser les compétences requises ou ont la hantise de faire des erreurs. D'autres sont mal à l'aise avec la visibilité qui accompagne les postes à responsabilités élevées», énumère Richard Joly, président de Leaders & Cie. À ces freins, qu'il voit chez les femmes, mais aussi chez les hommes, le recruteur ajoute une faible tolérance au stress et au risque. «Il y a des postes exigeants, pour lesquels il serait risqué de pousser quelqu'un. On veut que le candidat ait "faim" de ça, sinon il risque de se défiler lorsque ça se corsera.»


Oser relever un nouveau défi


À moins que l'entreprise n'évolue beaucoup, occuper un poste pendant quatre ou cinq ans est suffisant pour «recevoir et contribuer pleinement», juge Brigitte Simard, consultante chez Spencer Stuart. Un nouveau défi offrira alors d'autres sources de développement, en plus de démontrer notre capacité d'adaptation, «une compétence très valorisée, voire essentielle».


Malheureusement, note Mme Simard, les femmes ne bougent pas aussi vite que les hommes à ce chapitre. «Elles doivent comprendre que lorsque 80 % de leur mandat est accompli, c'est le temps de passer au prochain appel.» Surtout si trois ou quatre personnes leur disent qu'elles sont prêtes !


L'entrepreneur et investisseur François Lambert dit rencontrer souvent des gens qui admirent son ambition, mais affirment qu'ils ne seraient pas capables d'en faire autant. «Ce n'est pas vrai ! Se jeter dans le vide n'est pas pour tout le monde, mais c'est pour plus de gens que ceux qui osent le faire.» Ce qui les bloque ? Souvent l'idée de troquer un emploi stable pour un avenir incertain. «Pourtant, leurs compétences leur appartiennent. Au pire, ils pourront trouver un autre emploi», fait valoir l'ex-dragon.


Ces propos rejoignent ceux de la conférencière Isabelle Fontaine. «On est tellement protégé dans notre société qu'on puise rarement dans notre réserve de force surhumaine, dit celle qui anime des ateliers sur le courage. C'est comme si l'être humain ne se rendait pas compte de tout ce qu'il a dans le ventre !»


Elle-même a refusé pendant des années de donner des conférences en anglais, même si des clients le lui demandaient. «J'avais peur de ne pas être parfaite, de ne pas maîtriser toutes les nuances.» Or, cette vulnérabilité s'est révélée un atout précieux lorsqu'elle a foncé, en 2011. «J'ai dit d'entrée de jeu aux participants que je ferais des erreurs et que j'allais trouver ça difficile, puisque je suis perfectionniste. Ils ont super bien réagi et cherchaient même à m'aider ! Au final, ma fragilité a créé une connexion très forte avec l'assistance», raconte-t-elle.


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