Pourquoi le gestionnaire Adam Kutas préfère le Nigéria

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Avril 2017

Pourquoi le gestionnaire Adam Kutas préfère le Nigéria

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Édition du 22 Avril 2017

Par Dominique Beauchamp

[Photo: 123rf]

N.D.LR. Leur appellation officielle est "marchés frontières", mais il s'agit en réalité des futurs marchés émergents. Des pays comme le Nigéria, les Philippines, le Vietnam, dont les économies ne se sont pas encore véritablement mises en route. Faut-il y investir? Comment y investir? Notre journaliste Dominique Beauchamp fait le point.


Les marchés frontières offrent un énorme potentiel, mais ne sont pas de tout repos et comportent des risques importants. Nous avons demandé à des experts comment les aborder, de même que leurs pays préférés.


Adam Kutas, gestionnaire du fonds Fidelity Frontières, Londres


Les marchés frontières sont les marchés émergents d'il y a 20 ou 30 ans, avec tous les risques de gouvernance et de liquidités qu'ils comportent, affirme le gestionnaire du fonds Fidelity Frontières.


«Le gouvernement au pouvoir peut influencer énormément la trajectoire des bénéfices des entreprises et de la devise locale», précise-t-il.


Le jeune globe-trotter préfère donc les pays où les capitaux proviennent des dépôts des épargnants locaux dans les banques, tels que le Vietnam, le Bangladesh et le Pakistan.


Ces trois pays continuent aussi de s'approprier des parts croissantes de la fabrication à bas prix.


Les exportations payées en dollars américains font entrer une devise forte, ce qui atténue la volatilité de la valeur des actifs tangibles et boursiers de ces pays, fait-il valoir.


Le marché des Philippines, qui pèse 20 % en portefeuille, est intéressant, car le pays s'est repositionné pour servir la Chine.


Par contre, sa Bourse est devenue trop chère et les attentes sont déjà élevées, prévient M. Kutas. Le gestionnaire préfère les pays mal aimés comme le Nigeria, qui émerge d'une grave récession.


Mal aimé parce que les réformes tardent et que la corruption est endémique, alors que le pétrole enrichit surtout l'élite.


Il faudra peut-être patienter 20 ans avant de profiter du potentiel du pays le plus peuplé d'Afrique, reconnaît le gestionnaire, qui l'a visité à plusieurs reprises depuis 10 ans.


M. Kutas y détient la banque locale Zenith Bank, mais aussi les filiales de multinationales telles que Nigerian Breweries appartenant à Heineken ou encore Nestlé Nigeria et Lafarge Africa.

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