Ce poids lourd économique vit une première récession depuis 2009

Publié le 06/06/2017 à 08:48

Ce poids lourd économique vit une première récession depuis 2009

Publié le 06/06/2017 à 08:48

Par AFP

Photo: 123rf.com

La menace qui planait sur l'économie sud-africaine s'est concrétisée: le pays est officiellement entré mardi en récession, une première depuis 2009, qui pourrait accentuer la pression sur les épaules de son controversé président Jacob Zuma.


Le produit intérieur brut (PIB) de l'économie la plus industrialisée du continent a reculé de 0,7% au premier trimestre 2017, après s'être contracté de 0,3% au quatrième trimestre 2016.


«L'économie sud-africaine est entrée en récession», a confirmé l'Office national des statistiques sud-africain (Stats SA).


Lors des trois premiers mois de l'année, la croissance a été minée par les faibles performances de la production électrique (-4,8%) et manufacturière (-3,7%) et le recul du secteur tertiaire (-2%). 


Seul les secteurs miniers (+12,8%) et agricoles (+22,2%) sont dans le vert, en forte reprise après une difficile année 2016.


«C'est une surprise, je n'avais pas réalisé que l'économie était dans un si mauvais état», a commenté à l'AFP l'économiste Alan Hirsch, alors que les prévisions avaient anticipé une augmentation de 0,9% du PIB au premier trimestre.


«C'est la reprise dans le reste du monde», a déploré en comparaison M. Hirsch, «même le Brésil est sorti de la récession». 


L'annonce de cette récession a immédiatement fait chuter le rand (-1,5% face au dollar), la très volatile devise nationale.


En 2008-2009, au coeur de la crise financière mondiale, le pays avait déjà connu trois trimestres consécutifs de récession, une première depuis la fin du régime raciste de l'apartheid en 1994.


Depuis plusieurs années, l'Afrique du Sud affichait une croissance en dents de scie mais avait réussi à chaque fois à échapper de justesse à la récession. 



Peu de signaux au vert


Avec cette annonce, bien peu de signaux sont au vert pour l'économie sud-africaine.


Son taux de chômage a même atteint au début du mois son plus haut niveau depuis treize ans, avec 27,7% de la population active officiellement sans emploi.


Les fermetures d'entreprises se succèdent également dans ce pays qui fut la locomotive de l'industrie africaine.


Le constructeur automobile américain General Motors a récemment annoncé son intention de quitter le pays, où il possède plusieurs usines, tandis que le géant minier Anglo American compte supprimer 2000 emplois dans deux sites du pays. 


«La réalité, c'est que l'économie sud-africaine affiche depuis longtemps des performances bien en-deçà de ce qui est nécessaire pour donner des emplois à sa main d'oeuvre croissante», a noté Dawie Roodt, un économiste indépendant.


Ces mauvaises nouvelles surviennent deux mois seulement après le limogeage controversé du respecté ministre des Finances, Pravin Gordhan. Le président Jacob Zuma l'a brutalement remplacé fin mars par Malusi Gigaba, un de ses proches. 


Deux agences de notation financière avaient immédiatement sanctionné cette décision en dégradant la note du pays en catégorie spéculative.


«Il y a beaucoup d'incertitude politique en Afrique du Sud, ce qui empêche les investissements», a résumé Alan Hirsch.  


Le chef de l'Etat est la cible de nombreuses critiques en Afrique du Sud pour son implication supposée dans diverses affaires de corruption qui affectent l'économie du pays. 


«Notre économie est maintenant en lambeaux et c'est directement à cause du gouvernement de l'ANC (Congrès national africain), corrompu jusqu'à l'os et sans aucun plan pour notre économie », a immédiatement regretté mardi Mmusi Maimane, le chef de l'Alliance démocratique (DA), le premier parti d'opposition. 


Conspué par ses opposants, le président Zuma affronte également une fronde au sein de son parti, l'ANC, qui s'inquiète de l'érosion du soutien populaire au parti de feu Nelson Mandela. Jusqu'à présent, il a cependant réussi à conserver son poste.


L'ANC élira son successeur à la tête du parti à la fin de l'année et devra trancher entre Nkosazana Dlamini-Zuma, l'ex-patronne de l'Union Africaine soutenue par Jacob Zuma et Cyril Ramaphosa, vice-président du pays au profil plus rassurant pour les investisseurs. 


 

À suivre dans cette section


image

Gestion de l'innovation

Mercredi 19 septembre


image

Objectif Nord

Mardi 25 septembre


image

Gestion du changement

Mercredi 03 octobre


image

Marché du cannabis

Mercredi 10 octobre


image

Expérience client

Mercredi 14 novembre


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

ROI Marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier

DANS LE MÊME DOSSIER

À la une

Entreprises québécoises: comment se conformer au RGPD?

Édition du 22 Septembre 2018 | Jean-François Venne

L’entrée en vigueur, en mai 2018, du Règlement général sur la protection des données (RGPD) dans l’Union européenne...

America inc. exhorte Trump à garder le Canada dans l'ALÉNA

Les poids lourds d’America Inc. demandent aussi trois choses aux négociateurs.

ALÉNA: encore du travail avant de parvenir à un accord entre Washington et Ottawa

13:38 | AFP

Beaucoup de travail reste à faire au cours des discussions de haut niveau qui ont repris mercredi à Washington.