Quand les poissons dictent le tracé d'une route

Publié le 06/10/2012 à 00:00, mis à jour le 04/10/2012 à 11:14

Quand les poissons dictent le tracé d'une route

Publié le 06/10/2012 à 00:00, mis à jour le 04/10/2012 à 11:14

La création d'une route de 330 millions de dollars ne requiert pas seulement des talents en génie civil. Il faut aussi, et surtout, avoir un sens diplomatique très développé.


Pierre Therrien, directeur chez Genivar, gère le projet du prolongement de la route 167. Le tracé de cette route de gravier de deux voies de 240 kilomètres commence au lac Albanel et finit aux monts Otish, aux pieds de la mine de diamants Renard. La route sera achevée à la fin de 2015.


« Mon principal défi a été d'établir et de maintenir une bonne communication avec les parties prenantes. Il faut être capable de bien comprendre les enjeux. Car, sans acceptabilité sociale, aucun projet n'est possible », constate l'ingénieur civil de 46 ans.


Protéger les cours d'eau


Dès le départ, le gérant de projet a dû tenir compte du poids des considérations environnementales.


« Il y a 25 ans, les ingénieurs responsables de la construction de cette route n'auraient pas eu à s'en soucier. Mais aujourd'hui, c'est totalement différent », dit-il.


Le tracé de la route contournera, par exemple, certains milieux humides. Et lorsque la route ne pourra pas éviter des cours d'eau, les constructeurs aménageront des aires de reproduction pour les poissons.


Ce ne sont là que quelques exemples parmi une longue liste. Selon l'ingénieur, les aménagements de nature environnementale représentent de 20 à 25 % des coûts totaux du projet.


La route traverse aussi des territoires traditionnels de chasse des communautés cries. L'ingénieur a fait beaucoup de recherche sur le terrain pour bien saisir leurs préoccupations.


« Il y avait beaucoup de scepticisme dans la communauté. Nous avons dû démontrer les avantages de créer une nouvelle route », dit Pierre Therrien.


Il lui a notamment fallu rencontrer une dizaine de maîtres de trappe cris. « Nous avons prévu entre autres des zones de stationnement pour faciliter l'accès aux territoires de chasse », dit-il.


De plus, la communauté crie voulait prendre part afin de maximiser les retombées économiques du projet, ce qui a entraîné beaucoup de discussions.


« Au point de vue technique, ce projet n'a rien de très complexe. Par contre, il n'a plus grand-chose à voir avec l'ingénierie traditionnelle. Le défi s'est transposé sur le terrain de la communication », résume l'ingénieur civil établi à Amos.

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