Industrie du meuble: le double défi de l’usine 4.0

Offert par Les Affaires


Édition du 24 Mars 2018

Industrie du meuble: le double défi de l’usine 4.0

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Édition du 24 Mars 2018

Comme l’industrie du meuble est en croissance, il y a une pénurie de main-d’œuvre. [Photo: 123RF]

Pour demeurer compétitifs, les fabricants de meubles n’ont d’autres choix que d’automatiser leur production. Plus qu’une mode, plusieurs d’entre elles tendent vers une transformation pour devenir une usine 4.0. Un défi tant au point de vue technologique que des ressources humaines !

Si plusieurs manufacturiers de mobilier ont emboîté le pas vers cette transformation, rares sont ceux qui peuvent réellement qualifier leur usine de 4.0. « C’est plutôt une cible future », estime Yves Dessureault, directeur d’Inovem, le centre d’Innovation en ébénisterie et meuble du Cégep de Victoriaville. En fait, ce concept se base sur la numérisation des informations, qui permettent de collecter des données et ainsi pour devenir plus efficaces et créer de la valeur. « Mais cela laisse toujours place à l’amélioration. Ça n’a pas de fin », lance-t-il.

Une course effrénée qui demande des travailleurs de plus en plus spécialisés, poursuit Yves Dessureault. « Les entreprises qui sont à jour au point de vue technologique ne se battent plus sur le simple terrain de la cadence de production, par exemple. Car c’est bien beau d’aller à la vitesse maximale, mais si les autres étapes ne sont pas optimisées et que la machine est souvent arrêtée, cela ne donne pas grand-chose. »

Il peut donc peut d’avérer très complexe de trouver les ressources pour mener à bien ces projets, constate Réjean Poitras. Président et chef de la direction d’Amisco, un fabricant de meubles personnalisés a doublé ses effectifs en cinq ans. Aujourd’hui, ce sont quelque 275 personnes qui travaillent dans l’une des deux usines de la PME, situées à L’Islet et Saint-Pascal-de-Kamouraska. « Si on est capable de montrer à nos employés comment utiliser la machinerie dont on se dote, je ne peux pas former un spécialiste en informatique qui me permettra d’implanter ces changements, de les analyser, de les optimiser, etc. », explique l’entrepreneur.

Si Amisco a toujours réussi à recruter la main-d’œuvre dont elle avait besoin, le contexte ralentit la vitesse de croisière de la PME, estime son PDG. « Des projets pour optimiser la production et l’automatiser, on en pilote en continu. Alors que c’est certain qu’on pourrait en faire plus, être plus efficace et aller plus vite s’il y avait plus de ressources humaines disponibles pour amorcer ces changements. » Et, pour Réjean Poitras, pas de doute : tout se joue sur le terrain des technologies de l’information. Un domaine où tout le monde s’arrache les employés. « C’est d’autant plus complexe que le gouvernement subventionne certaines industries comme les jeux vidéo au détriment du secteur manufacturier », ajoute-t-il.

Entre l’arbre et l’écorce

Amisco n’est pas la seule entreprise à composer avec cette situation, estime Christian Galarneau, directeur général et coordonnateur du Comité sectoriel de main-d’œuvre (CSMO) des industries des portes et fenêtres, du meuble et des armoires de cuisine. En effet, tout le secteur manufacturier est atteint par ce phénomène. « Toutefois, c’est encore plus flagrant en ce qui concerne des branches en croissance, comme le meuble, alors que tous les indicateurs économiques sont au vert. » Le dynamisme de ce marché est directement lié à la construction d’immeubles résidentiels et la revente, qui vont très bien au Canada comme aux États-Unis, principal marché d’exportation des meubles d’ici.

Les manufacturiers spécialisés en mobilier se retrouvent donc aux prises avec deux phénomènes, analyse pour sa part Pierre Richard, président-directeur général de l’Association des fabricants de meubles du Québec (AFMQ). « D’abord, comme l’industrie est en croissance, il y a une pénurie de main-d’œuvre. Et, l’une des façons d’y faire face, c’est d’opter pour l’automatisation. Mais cela ne se fait pas tout seul. Encore une fois, il faut trouver les ressources capables de mener à bien ce virage. Ce sont des compétences rares et tout le monde se bat pour combler les mêmes besoins. Toutefois, il est essentiel pour les entreprises d’améliorer leur efficacité globale. »

S’il n’existe pas de diplômés formés précisément pour épauler l’industrie à prendre le virage technologique, certains organismes comme Inovem offrent un service de diagnostic, qui permet de comprendre quels sont les changements les plus judicieux à apporter. Cela peut aussi aider les compagnies à dénicher les ressources pour mener à bien ces changements, ajoute Yves Dessureault. « Par exemple, si le fait de robotiser certaines parties de la production est identifié comme l’une des actions les plus rentables à court terme, je conseillerais de chercher un diplômé en robotique du cégep Lévis-Lauzon, cite-t-il en exemple. En plus de savoir programmer les robots, il apportera un point de vue nouveau sur l’entreprise. » Des visions différentes qui permettent souvent d’aller plus loin. « Une chose est sûre, poursuit-il, il ne faut pas attendre la ressource formée sur mesure, au risque de manquer le train ! »


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