D'autres fermetures de résidences privées pour aînés sont à venir

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Avril 2018

D'autres fermetures de résidences privées pour aînés sont à venir

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Édition du 21 Avril 2018

Par Claudine Hébert

La ­Résidence ­Sainte-Rose, à ­Laval, avait déjà le nombre requis d’employés de nuit. Cette résidence emploie déjà deux préposés ainsi qu’une personne responsable de la maintenance pour veiller sur les résidents de sa soixantaine de logements la nuit venue. [Photo: Courtoisie]

Les résidences privées pour aînés (RPA) qui offrent des soins, déjà visées par l'installation obligatoire de gicleurs d'ici 2020, voient leur fardeau s'alourdir à cause de la nouvelle certification des résidences privées pour aînés, entrée en vigueur le 5 avril dernier.


Le seuil de surveillance de ces résidences a été revu à la hausse. Selon leur nombre de logements, les résidences avec soins - celles qui se retrouvent maintenant dans la catégorie 4 (voir encadré) - doivent désormais embaucher un deuxième, un troisième, voire un quatrième préposé de nuit. Un employé de maintenance ou un surveillant ne suffit plus. « Ces nouveaux seuils de surveillance représentent des augmentations de coûts qui varient de 55 000 $ à 150 000 $ par année pour ces résidences de plus de 50 logements », explique Yves Desjardins, président et directeur général du Regroupement des résidences pour aînés (RQRA). « Pour ces entreprises, dont le chiffre d'affaires annuel se situe entre 1,5 et 3 millions de dollars, absorber une telle augmentation correspond à une nouvelle dépense de 4 % à 7 % de la totalité de leurs revenus. C'est énorme », dit-il.


Bien que le RQRA salue la plupart des modifications apportées à la nouvelle réglementation, cette décision reste difficile à avaler. « Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, avait lui-même mentionné en novembre 2016 que ces ajouts représentaient un coût qui n'était pas absorbable, ni par les propriétaires, ni par la clientèle », poursuit M. Desjardins.


La RQRA déplore déjà 350 fermetures de résidences depuis l'incendie de l'Isle-Verte en 2014. « Ces hausses vont entraîner d'autres fermetures d'ici les deux prochaines années. Possiblement 300 autres résidences devront fermer leurs portes », affirme M. Desjardins. Des fermetures supplémentaires qui auront de grandes conséquences sur le bien-être des aînés, en particulier ceux qui vivent en région. Ces derniers seront contraints de déménager, voire d'être déracinés de la collectivité à laquelle ils appartiennent, tient-il à préciser.


« Déjà qu'on peine à atteindre un seuil de rentabilité acceptable avec 90 logements, ces nouvelles règles vont porter un coup dur sur la majorité des résidences en région qui en comptent moins de 99 », soutient Pierre Chapdelaine, propriétaire de la résidence Murray, à Sherbrooke. C'est justement pour assurer une meilleure rentabilité à son entreprise que ce propriétaire fait construire 40 nouveaux logements. Sa résidence en comptera 132 d'ici le 1er septembre prochain.


« Ce nouveau seuil de surveillance, poursuit-il, aura de sévères répercussions sur le coût du loyer des résidents, que l'on devra ajuster en conséquence. Le gouvernement n'a pas, non plus, ajusté les crédits d'impôts pour aînés lors du budget déposé en mars dernier », signale M. Chapdelaine. À la Résidence Murray, l'augmentation mensuelle sera d'au moins 84 $ à compter du 1er janvier 2019. Cette somme représentera une hausse de loyer mensuel de 3,5 % à 5,5 % des prix actuels (1 400 $-2 300 $).


Néanmoins, ce ne sont pas toutes les résidences pour aînés offrant des soins qui sont touchées par le nouveau seuil de surveillance. C'est le cas, notamment, de la Résidence Sainte-Rose, à Laval, qui avait déjà le nombre requis d'employés de nuit. Cette résidence emploie déjà deux préposés ainsi qu'une personne responsable de la maintenance pour veiller sur les résidents de sa soixantaine de logements la nuit venue. Un autre préposé et une infirmière auxiliaire s'ajouteront à ce personnel de nuit lorsque la résidence comptera 172 unités au printemps 2019.


« Nous avons d'ailleurs trouvé des astuces pour optimiser la présence de ces employés la nuit. En plus de leurs tournées sur les étages, ils veillent à diverses tâches dont la buanderie, la préparation des médicaments et la mise en place des couverts à la cafétéria », indique Isabelle Parisien, propriétaire de la Résidence Sainte-Rose.


Enfin, soulignons que la nouvelle réglementation permettra aux résidences de catégorie 1, celles qui offrent des services de base, de faire appel à des bénévoles et à des résidents pour assurer la surveillance de nuit. Un assouplissement que recommandait justement le RQRA.


Pour s’y retrouver


En résumé, la nouvelle certification, la troisième depuis 2007, permet désormais de répartir les ­RPA en quatre catégories, de 1 à 4. La catégorie 1 correspond aux ­RPA dont la clientèle reçoit des services de base (repas, buanderie, entretien ménager…). La catégorie 2 réunit les ­RPA qui, en plus d’offrir les services de base, font la distribution de médicaments. La catégorie 3 représente les ­RPA qui offrent une assistance personnelle et effectuent l’administration de médicament. Quant à la catégorie 4, elle regroupe les ­RPA qui offrent des soins infirmiers. Ce sont les résidences de cette dernière catégorie qui sont les plus touchées par la nouvelle réglementation.


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