IA: 6 start-up québécoises à surveiller

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Septembre 2017

IA: 6 start-up québécoises à surveiller

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Édition du 30 Septembre 2017

Par Matthieu Charest

DOSSIER INTELLIGENCE ARTIFICIELLE - Les start-up spécialisées en intelligence artificielle (IA) pleuvent au Québec. En voici un petit échantillon à surveiller, parce que demain, elles pourraient bien devenir ces entreprises qui font rayonner le Québec dans le secteur de l'IA à l'échelle mondiale.



 1. Envision.AI: choisir la crème de la crème


«Si je vous demandais de classer un million d'images et de trouver les meilleures dans le lot, vous me diriez que la tâche est impossible, lance Thomas Jelonek, PDG et fondateur de Envision.AI. En plus, ce qu'on entend par "meilleures images", c'est très subjectif.» Pourtant, c'est exactement ce que l'entreprise tente de trouver à l'aide d'algorithmes sophistiqués : les meilleures images ou les meilleurs extraits pour toutes sortes d'usages. Un producteur télé, par exemple, pourrait vouloir plaire au plus grand nombre de téléspectateurs en analysant leurs comportements, leurs commentaires et leurs réactions sur les réseaux sociaux, les intégrer dans les algorithmes de la start-up et diffuser les extraits qui plaisent le plus aux gens afin de maximiser l'écoute. L'entreprise l'a déjà fait pour la série Orphan Black, mais les usages vont bien au-delà du contenu télé. Ainsi, une entreprise pourrait vouloir trouver les images qui plaisent le plus aux gens afin de s'afficher sur les réseaux sociaux ou d'augmenter le nombre de ses abonnés et de commentaires positifs sur Instagram ou Facebook. La start-up de six employés, créée en 2016, a reçu plus d'un million de dollars (M $) de la part du Fonds des médias du Canada.



 2. Automat: réinventer le marketing


Fondée en 2016, Automat, épaulée par ses 16 employés, veut réinventer le marketing, rien de moins. «Au moyen de robots, nous désirons permettre aux marques de discuter directement avec leurs clients pour leur offrir notamment de nouveaux produits et services», dit Erdem Ozcan, cofondateur et chargé de recherche. Par exemple, pour la fête des Mères, la start-up a créé un assistant virtuel pour L'Oréal afin d'aider à la recherche du cadeau parfait pour maman. D'abord, le robot vous pose des questions, sur votre budget par exemple, puis vous demande de dresser un profil de la personne ciblée par le cadeau, disons votre maman Patricia. Ensuite, il se tourne vers la personne à qui vous voulez l'offrir, Patricia, lui pose des questions et complète son profil. Il revient vers vous et vous propose les cadeaux les plus adaptés à votre maman selon ses préférences. Une façon d'optimiser les achats en ligne et d'accumuler des renseignements précieux sur votre clientèle. En fonction des utilisateurs, l'entreprise se sert de l'intelligence artificielle pour comprendre leurs intentions, leurs besoins, et trouve le meilleur scénario possible afin d'établir une conversation. La start-up a recueilli 2,6 M $ US lors de son premier tour de financement et 8,3 M $ US lors du deuxième.


Botler AI


3. Botler AI: faciliter l'immigration


Quand l'Iranien Amir Morajev a commencé à concevoir Botler AI en 2015, c'était pour lui-même, afin de s'aider à naviguer dans le système d'immigration canadien. Désormais résident permanent, il se rend compte que, puisque le processus est complexe, plusieurs futurs néo-Canadiens ont besoin d'un coup de pouce afin de réaliser leur rêve. Au départ, il a créé un robot qui tente, au moyen de l'intelligence artificielle, de trouver les réponses les plus pertinentes aux questions des immigrants. Puis, au fur et à mesure, «le robot a évolué, raconte M. Morajev. Maintenant, nous pouvons dire aux candidats s'ils sont éligibles et, s'ils le sont, quel est le programme ou le visa qui leur convient mieux, quels sont les documents à remplir et quelles sont les étapes à suivre.» Actuellement en phase de tests, la start-up espère offrir ses services aux avocats et aux consultants en immigration dès cet automne.


wrnch


4. wrnch : apprendre l'humain aux robots


C'est loin d'être une dystopie : l'avenir appartient aux humains qui seront servis par des robots, croit Paul Kruszewski, fondateur et PDG de wrnch. De fait, son équipe de 12 employés enseigne le langage corporel humain à des ordinateurs, à des robots, afin que ces créatures arrivent à mieux nous lire, à mieux nous comprendre. Au moyen de l'apprentissage profond et de l'intelligence artificielle, la start-up apprend à son système à reconnaître 23 points sur le corps humain (les yeux, les mains, etc.). Ensuite, l'ordinateur apprend par lui-même à reconnaître les réactions ou les intentions de la personne. Au moyen de cette technologie, baptisée Body Slam, l'entreprise a mis au point un produit, CPVR, qui permet à des acteurs de l'industrie du divertissement de comprendre le langage corporel. Ainsi, «lorsque vous jouez à un jeu vidéo en portant un casque de réalité virtuelle, vous pouvez voir votre adversaire, un partenaire de jeu, comme dans la réalité, explique M. Kruszewski. Ou encore, lorsque vous visitez un parc d'attractions, un système pourrait vous étudier et vous intégrer dans une vidéo avec des personnages, comme si vous y étiez.»


Dataperformers


5. Dataperformers: l'équipe d'intervention tactique


«Nous sommes un pur produit de l'IA», affirme Mehdi Merai, cofondateur et PDG de Dataperformers, fondée en 2013. L'équipe de huit personnes s'emploie à trouver de nouvelles applications en intelligence artificielle et cherche ensuite des problèmes à résoudre. La start-up a notamment conçu un outil, Spectre, qui permet de traquer un élément à l'intérieur d'une vidéo. «C'est particulièrement intéressant pour le commerce en ligne. Pensez-y : si vous aimez le chandail que vous voyez dans une vidéo, vous pouvez cliquer sur l'objet et l'acheter directement en ligne», explique M. Merai. La start-up n'a pas encore reçu de financement, mais elle carbure notamment grâce à un contrat qu'elle a obtenu avec une institution financière (qu'elle préfère ne pas nommer). Elle lui a vendu un outil, Deep Stellar, qui optimise l'analyse d'affaires afin de trouver des corrélations entre des clients et des produits à leur vendre.


Fluent.ai


6. Fluent.ai: murmurer à l'oreille des machines


Vous connaissez peut-être Alexa, créée par Amazon, ou Siri, conçue par Apple. Ces «assistantes personnelles» se trouvent dans vos téléphones, dans certains objets connectés, afin de réaliser des commandes. Elles traduisent vos demandes vocales en texte, comme «joue de la musique» ou «dis-moi quelle heure il est», et posent une action en conséquence. Fluent.ai a conçu une technologie complémentaire. Ainsi, la machine ne traduit pas le son en écriture, mais l'intègre directement afin de répondre à la commande. «Avec l'apprentissage profond, notre système apprend très vite ce que l'humain veut, raconte Christian Siregar, directeur des ventes et du marketing. Ça demande très peu de mémoire vive et l'objet n'a pas besoin d'être connecté à Internet.» Cette machine n'aurait aucune difficulté à apprendre plusieurs langues ou à comprendre différents accents. La start-up de 12 employés cible notamment les centres d'appels et les objets connectés. L'entreprise a recueilli 1,8 M $ et se prépare à lancer une deuxième ronde de financement en 2018.


 


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