IA: 3 PME à l'avenir très prometteur

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Septembre 2017

IA: 3 PME à l'avenir très prometteur

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Septembre 2017

Par Matthieu Charest

Alexandre Le Bouthillier, cofondateur et directeur des opérations chez Imagia

DOSSIER INTELLIGENCE ARTIFICIELLE - Il n'y a pas que les start-up ou les grandes entreprises comme Google ou Facebook qui s'intéressent à l'intelligence artificielle, tant s'en faut. Le Québec est une terre de PME, et plusieurs entreprises de taille moyenne sont très actives dans ce domaine. Avec l'aide des plus grands spécialistes de ce créneau au Québec, les experts de l'Institut de valorisation des données (IVADO), nous avons sélectionné trois entreprises à surveiller.


Druide informatique : l'antidote à l'empoisonnement de la langue



Fondée en 1993, Druide informatique est devenue célèbre pour son logiciel de correction de texte nommé Antidote. Des salles de classe aux salles de rédaction, l'outil est maintenant utilisé par plus de 1,2 million de personnes, selon la montréalaise. Depuis sa création, le logiciel ne cesse d'être amélioré, optimisé, notamment à l'aide des nouvelles percées dans le domaine de l'intelligence artificielle. «Au départ, nous analysions une phrase à la fois, explique Éric Brunelle, président-cofondateur et concepteur principal d'Antidote. En 2011, nous avons pu commencer à analyser les textes dans leur ensemble. Avec notre algorithme générique, nous construisons plusieurs arbres d'analyse pour chaque phrase dans un texte, et le logiciel propose d'appliquer les corrections qu'il croit être les mieux adaptées, selon ce que l'auteur a voulu exprimer.» Ça, c'est pour l'instant. En effet, selon M. Brunelle, les avancées dans l'apprentissage profond, où l'ordinateur apprend par lui-même, vont permettre à son produit de passer à un stade d'efficacité d'analyse nettement supérieur. «Il y a toute une série de restructurations, de reformulations qui pourraient être proposées par Antidote, croit-il. Nous pourrions obtenir un outil qui améliore la clarté d'un texte, le style et la structure des idées.» Bien sûr, il faudra plusieurs années de recherche avant d'en arriver là, admet le président. Ce sont des gens comme Yoshua Bengio, un pionnier canadien dans la recherche de l'apprentissage profond et de l'intelligence artificielle, «qui ont réussi à résoudre des problèmes qui nous semblaient insurmontables». L'entreprise a d'ailleurs fait un don d'un million de dollars (M$) à l'Institut des algorithmes des apprentissages de Montréal (MILA), piloté par M. Bengio, afin de propulser la recherche. Outre Antidote, Druide informatique est un éditeur et le détenteur du logiciel Tap'Touche. Elle compte 70 employés permanents et 10 contractuels. Selon l'entreprise, son chiffre d'affaires a atteint 17 M$ en 2016.


Sense AI : un entrepreneur en série se lance dans l'intelligence artificielle



Cofondateur de Coveo, fondateur du moteur de recherche Copernic et du centre de données 4 Degrés, vendu à Vidéotron, l'entrepreneur en série Martin Bouchard se lance dans l'intelligence artificielle. «J'observe beaucoup les tendances, dit-il, d'où mon nouveau projet, qui allie intelligence artificielle et objets connectés.» Avec sa nouvelle entreprise, Sense AI, l'homme d'affaires s'attaquera au marché des PME manufacturières. L'idée est d'utiliser les données fournies par les machines afin de réduire la facture d'énergie. «C'est bien beau, les algorithmes, mais il faut avoir des données à collecter pour parvenir à prendre des décisions intelligentes. Et là où la collecte de données peut nous permettre de réaliser des économies intéressantes, c'est dans les secteurs industriels.» Avec des factures d'énergie de plusieurs millions de dollars, une réduction de la consommation de quelques points de pourcentage peut avoir une grande valeur. Sense AI veut donc mesurer, au moyen de capteurs, des facteurs comme l'humidité, la température, les vibrations ou les sons. À partir des résultats captés dans une usine X, la firme analysera les données récupérées et tentera d'optimiser l'emploi des appareils dans l'industrie de la machinerie lourde, notamment. «On pourrait aussi prévoir le moment où une machine va se briser ou le moment où elle devra être réparée, pense M. Bouchard. Ça évite des délais ou des pannes, qui occasionnent parfois des coûts de centaines de milliers de dollars.» Les revenus de l'entreprise proviendront de la vente d'équipements, comme des capteurs, d'un montant mensuel établi selon le nombre de capteurs ou de lieux où les données seront recueillies et d'une portion sur les économies d'énergie réalisées. Vu le coût relativement faible de l'énergie au Québec, pense Martin Bouchard, «si nous prouvons que notre modèle fonctionne ici, nous serons encore plus pertinents aux États-Unis ou en Europe».


Imagia : l'intelligence artificielle pour combattre les cancers



«Yoshua Bengio me disait que l'intelligence artificielle allait changer le monde», raconte Alexandre Le Bouthillier, cofondateur et directeur des opérations chez Imagia. Avec son équipe de 35 personnes, il s'y attelle. Spécialisée dans la lutte contre les cancers colorectaux et du poumon, «car il faut vaincre les cancers un à la fois», l'entreprise travaille avec l'intelligence artificielle afin que les spécialistes de l'oncologie aient accès aux meilleures informations pour prendre les bonnes décisions. «Nous voulons partir des données d'imagerie médicale, explique M. Le Bouthillier, et en tirer des données génétiques. Le deep learning pourrait nous permettre d'associer des données qui se trouvent actuellement dans différents silos. Il y a beaucoup de données brutes, mais peu d'information. Nous offrirons un système d'aide à la décision.» Puisque chaque cancer est unique, le fait de tirer le maximum d'information de l'imagerie médicale aiderait l'équipe médicale à adapter le traitement à chaque patient. Bref, on modifierait la manière dont le cancer est diagnostiqué, puis traité. «Nous sommes à l'étape où nous voulons prouver la validité de notre concept. Par la suite, nous ferons des tests cliniques. L'idée, c'est de parvenir à mettre sur le marché des solutions de biomarqueurs en imagerie médicale pour les entreprises pharmaceutiques et celles qui conçoivent les appareils médicaux.» Comme les traitements du cancer coûtent très cher à la société, ces solutions arriveraient à point nommé, d'autant plus que la population vieillit et que les délais d'attente sont longs. «Nous voulons nous assurer que l'argent est dépensé dans le bon traitement», affirme le cofondateur. La Banque de développement du Canada ainsi que la firme Fidelity ont toutes deux investi dans l'entreprise, souligne-t-il.









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