La concurrence toujours vive dans l'industrie du droit

Offert par Les Affaires


Édition du 03 Juin 2017

La concurrence toujours vive dans l'industrie du droit

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Édition du 03 Juin 2017

Solomon Sananes, associé directeur du bureau de Montréal de Norton Rose Fulbright

Si le palmarès est toujours présidé par Norton Rose Fulbright et dominé par le même cartel, plusieurs cabinets ont gagné ou perdu quelques places par rapport à l'année dernière. Pourtant, les variations du nombre d'employés dans les firmes sont légères et l'effectif total reste stable à 6 912 personnes contre 6 916 l'an passé.


Ils le reconnaissent tous ou presque : l'année 2016 a été très bonne et 2017 part sur la même lancée. La bonne santé économique du Québec, l'activité prolifique des entreprises québécoises à l'étranger, une certaine consolidation en toile de fond, les efforts des cabinets pour revoir leurs pratiques ainsi que pour mieux s'adapter aux besoins et aux défis des clients expliquent certainement ces bons résultats. Les efforts réalisés pour accroître la productivité expliquent quant à eux pourquoi les effectifs restent stables malgré l'augmentation de l'activité.


Dans les 10 premières places, si la baisse maximale du nombre d'employés a atteint 10 % (chez Borden Ladner Gervais), l'augmentation n'a pas dépassé 8,2 % (chez McCarthy Tétrault). Le cabinet international Norton Rose Fulbright maintient sa première position cette année encore malgré une légère baisse de ses effectifs (-1,9 %) entre 2016 et 2017. Même si son concurrent direct, Fasken Martineau (en deuxième position), a plus de 100 employés de moins que lui, la première place n'est pas facile à défendre. «Le marché à Montréal est très compétitif et la concurrence ne cesse de s'accentuer», constate Solomon Sananes, associé directeur du bureau de Montréal. Il estime que le fait d'être un cabinet national et international est un atout dans ce contexte, car «on peut offrir des services partout et travailler avec différentes méthodes et technologies».


Le palmarès a connu quelques changements. Fasken Martineau (2e) et Lavery (3e) ont notamment échangé leurs places par rapport à l'année dernière.


La tendance : stabilité, voire baisse des effectifs


En descendant dans le classement, on note que plusieurs cabinets ont grimpé de quelques rangs alors que d'autres ont fait le chemin inverse. Stikeman Elliott descend à la 6e place tandis qu'il occupait la 4e en 2016. Alors qu'il a diminué ses effectifs de 4,6 %, les deux cabinets qui l'ont devancé - McCarthy Tétrault (4e), qui a gagné trois places, et BCF Avocats d'affaires (5e) - ont respectivement augmenté leurs effectifs de 8,2 % et de 3,7 %, notamment grâce à une acquisition pour McCarthy Tétrault. André Roy, associé directeur de Stikeman Elliott, considère pourtant la diminution du nombre d'employés de son cabinet comme un phénomène normal. «Depuis la crise de 2008, les cabinets ont entrepris des restructurations, et les technologies nous permettent de réduire les effectifs. Nous avons moins de besoins en personnel de soutien. Par exemple, les secrétaires travaillent pour un plus grand nombre d'avocats qu'avant. Elles sont donc moins nombreuses. Dans l'industrie, il y a eu une baisse générale de 10 % du personnel ces dernières années.»


Cain Lamarre (7e) a perdu une place, et Borden Ladner Gervais (BLG, 8e) est resté stable. Pourtant, l'année a été plutôt bonne pour les deux firmes. BLG, une firme canadienne née en 2000 de la fusion de plusieurs cabinets de Calgary, d'Ottawa, de Toronto, de Montréal et de Vancouver, «a continué de croître en 2016», assure André Dufour, associé. «Notre force, c'est le transactionnel pour des entreprises de taille moyenne. Or, il y a eu beaucoup d'activité, et c'est un secteur qui ne cesse de croître pour nous», se réjouit-il. Présente également dans les domaines des infrastructures et des achats-ventes d'entreprises, BLG prévoit une poursuite de la croissance en 2017, d'autant que la firme commence à être mieux connue au Québec. «On a dû travailler pour faire pénétrer notre marque sur les marchés québécois et international, mais ça porte ses fruits», poursuit M. Dufour.


Langlois avocats (9e) fait partie des trois cabinets qui enregistrent les plus importantes hausses d'effectifs parmi les 10 premiers. Il a d'ailleurs gagné une place dans le classement par rapport à l'année dernière. La firme, qui a mené un travail de repositionnement de la marque en 2015, affiche aussi une forte croissance sur les cinq dernières années (+23,6 %). En 2016, 15 nouveaux professionnels ont été embauchés et 25 autres devraient l'être en 2017. «Suivant notre plan d'affaires, nous devrions passer de 125 professionnels aujourd'hui à 175 dans deux ans, car nous voulons être présents dans les mêmes champs de compétences que les grands cabinets nationaux», affirme Jean-François Gagnon, chef de la direction.


L'entrée cette année dans le palmarès de Blake, Cassels & Graydon [qui n'avait pas répondu en 2016] a entraîné un décalage dans les rangs suivants. Toutefois, certains ont perdu plus de terrain que d'autres. Ainsi, De Grandpré Chait (19e), qui a réduit ses effectifs de 15 personnes par rapport à 2016, descend de cinq places. Une baisse que le cabinet, comme Stikeman Elliott, juge normale, puisqu'elle est liée aux investissements dans les technologies, aux efforts d'optimisation et aux changements d'habitudes des jeunes avocats, qui font plus de tâches par eux-mêmes grâce aux outils technologiques.


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