Après les fonds activistes, les CA activistes

Offert par Les Affaires


Édition du 04 Avril 2015

Après les fonds activistes, les CA activistes

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Édition du 04 Avril 2015

Par Diane Bérard

« Tim Hortons aurait dû acheter Burger King et non l’inverse », avance Yvan Allaire, de l’IGOPP. Mais elle ne l’a pas fait car, au cours des années précédant la transaction, les fonds activistes l’ont forcée à poser des gestes qui ont fortement réd

L'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP) a dévoilé une étude sur les fonds activistes à l'occasion de la Grande soirée de la gouvernance, le 1er avril.


Cliquez ici pour consulter le dossier Grande soirée de la gouvernance


Le principal constat est «qu'en général, les interventions des fonds de couverture activistes visent des fins non utiles à la société, souligne Yvan Allaire, président exécutif du conseil de l'IGOPP et auteur de l'étude. Mais ces fonds ont raison sur un aspect : il faut réformer la gouvernance. Les conseils d'administration sont trop à la remorque de la direction. Et les administrateurs se révèlent souvent incapables de développer un point de vue personnel.»


En 2010, 115 sociétés américaines ont été la cible de fonds activistes. L'IGOPP a suivi ces entreprises pendant cinq ans pour voir ce qu'il était advenu de celles-ci.


En matière d'activisme, on saute facilement aux conclusions. Et tout est une question de point de vue. Pour les uns, ces interventions ne créent aucune valeur. Pour d'autres, au contraire, c'est une bénédiction qui permet de faire grimper le cours de l'action et de vendre l'entreprise moyennant une plus-value. Que nous apprend l'étude de l'IGOPP ?


1. Les fonds activistes ne sont pas là pour faire croître les entreprises


Près de la moitié (45 %) des 115 entreprises étudiées ont été vendues ou liquidées un à deux ans après le début de l'intervention. Dans la plupart des cas, la prime associée à la vente oscillait entre 25 et 40 %. Le quart des entreprises vendues sont passées sous le contrôle de fonds de privatisation, du type KKR.


«On peut se demander s'il n'y a pas eu une entente préalable entre le fonds de couverture et le fonds de privatisation», dit M. Allaire. On pourrait imaginer un scénario où le fonds de couverture s'infiltre dans l'actionnariat, puis dans le CA. Il promeut des changements qui embelliront la mariée afin de la rendre fin prête pour la noce. Le fonds de privatisation n'a qu'à faire la grande demande.


2. Ils préfèrent les méthodes douces


Pour parvenir à leurs fins, les fonds de couverture activistes disposent d'une panoplie de tactiques. Le spectre s'étend de la manière douce - rencontrer la direction, réclamer un siège au conseil - à l'approche plus musclée - critiquer la direction et le conseil sur la place publique. Ou encore, présenter une offre non sollicitée pour mousser la vente de l'entreprise. De toutes ces tactiques, les fonds disent préférer la méthode douce.


3. Ils peuvent compter sur le soutien des caisses de retraite...


Les fonds institutionnels et les caisses de retraite appuient de plus en plus souvent les fonds de couverture activistes dans leur campagne d'intervention. Ce soutien permet aux fonds activistes de recourir à l'approche en douceur. D'ailleurs, les fonds étudiés par l'IGOPP affichent un taux de succès de 75 %. Les trois quarts de leurs demandes ont été remplies par la direction ou le conseil. Que gagnent les fonds institutionnels et les caisses de retraite à rejoindre le camp des activistes ? «À court terme, les interventions des activistes ont un effet positif sur la valeur du titre, répond Yvan Allaire. Par contre, je ne dirais pas qu'on assiste dans tous les cas, comme pour ce qui est du Canadien Pacifique, à une amélioration de la performance générale de l'entreprise.»


4. ... et sur celui de la direction


Il existe une coïncidence d'intérêt entre la direction et les fonds de couverture activistes. Cet alignement d'intérêt existe par l'intermédiaire de la rémunération de la direction. Étant donné qu'ils détiennent souvent des options, il est dans l'intérêt des pdg que le titre de leur société grimpe. Justement, le principal impact de l'intervention des fonds activistes est la hausse du titre. Et celle-ci se manifeste rapidement. Cela explique pourquoi la direction s'oppose peu, habituellement, à la démarche des activistes.


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