Des entrepreneurs de famille et de coeur

Offert par Les Affaires


Édition du 02 Juin 2018

Des entrepreneurs de famille et de coeur

Offert par Les Affaires


Édition du 02 Juin 2018

Par René Vézina

Les panélistes Serge Harnois, David Hervieux et Caroline Thuot lors de l’événement organisé par Les Affaires rassemblant des gens d’affaires de Lanaudière. [Photo : Mélanie Émond]

Tous les chemins mènent à l'entrepreneuriat. Notamment ceux qui passent par un relais familial, nombreux au Québec. On en a eu une autre preuve le 4 avril dernier, à Joliette, lors de ce petit déjeuner rassemblant des leaders socioéconomiques de la région, organisé par Les Affaires, dans le cadre de notre grande tournée panquébécoise Focus régional. Cette fois-ci, nous étions dans la grande région de Lanaudière, et malgré une météo exécrable, presque tous les invités étaient présents pour entendre les trois dirigeant(e)s d'entreprise du panel, formule qui se répète de région en région.


Parmi ces femmes, Caroline Thuot, PDG de Techno Diesel, de Joliette. Dans un monde traditionnellement masculin, soit celui de l'entretien et de la réparation de camions et de remorques poids lourds, elle oeuvre à faire de l'entreprise familiale, la plus importante du genre dans Lanaudière et au nord de Montréal. Aînée de ses soeur, c'est son père qui l'a amenée à prendre sa relève.


Dans le cadre de ce panel, elle était bien entourée. Quand on parle de relève familiale, Serge Harnois en est un exemple éloquent. Il y a 60 ans, son père a fondé, avec 13 travailleurs, ce qui est devenu Harnois Groupe pétrolier. Aujourd'hui, il en est devenu le PDG, emploie 850 personnes qui gèrent autant les 400 stations d'essence de l'entreprise que la distribution d'hydrocarbures dans les garages, les mines, les aéroports et partout où on a toujours besoin de produits pétroliers.


Dans ce trio, David Hervieux faisait apparemment bande à part. Il ne relève pas d'une filiation familiale. Son entreprise technologique, Devolutions, c'est lui qui l'a créée, après l'avoir imaginée dans le sous-sol de sa maison, à Lavaltrie. Elle emploie aujourd'hui 90 personnes et continue à croître, au point où son président a été élu en 2016 PDG de l'année dans le cadre de l'événement Vision PDG de l'Association québécoise des technologies, qui se tient chaque année à Mont-Tremblant. À l'image de bien des PME technologiques québécoises, les activités de Devolutions débordent largement vers l'international : ses clients se répartissent dans 140 pays, qui utilisent son système de gestion de mots de passe, avec tous les enjeux de sécurité qui y sont rattachés.


Tôt ou tard, il faut trancher


C'est toutefois le thème du transfert de responsabilités au sein d'une famille entrepreneuriale qui a pris le dessus lors de ce panel, tant durant les discussions sur la tribune que lors de la période de questions qui a suivi. Prenez le cas de Mme Thuot de TechnoDiesel. Tout transfert de la direction vers les enfants comporte des risques si la question n'a pas été ouvertement abordée et débattue au préalable au sein de la famille. Les décisions ne sont pas toujours faciles à prendre, mais il faut tôt ou tard trancher. Temporiser pour ne pas heurter les sentiments de l'un(e) ou l'autre peut être encore plus dommageable, à terme.


« Chez nous, l'harmonie dans la famille était non négociable, dit-elle, sans quoi l'entreprise n'avait plus d'avenir. » Elle fait aujourd'hui équipe avec deux de ses soeurs, chacune avec leurs compétences respectives, et tout va bien. Mais ça ne s'est pas fait tout seul... « Nous sommes les championnes des consultants ! » a-t-elle répondu à une question de l'auditoire, en signalant qu'il ne faut pas sous-estimer l'apport d'experts qui peuvent aider à aplanir les inévitables difficultés liées au transfert de responsabilités.


M. Harnois, lui, n'était pas le plus âgé de la famille. « En fait, nous nous sommes partagé le travail lors de la passation des pouvoirs, dit-il, en devenant comme trois directeurs généraux. » Au fil du temps, il a bien fallu définir les responsabilités et il est devenu le président. « Il reste que chez nous, le respect mutuel entre frères et soeurs est très important. Oui, il arrive qu'il faille être conciliant, mais ça continue à bien fonctionner. »


Trois belles entreprises, trois témoignages instructifs et éloquents... Le plus touchant est venu de Mme Thuot : « Il faut de l'amour, pour diriger une entreprise, envers tout son monde... » L'entrepreneuriat évolue au Québec et qui pourrait s'en plaindre ?


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