Au pays de la canneberge

Offert par Les Affaires


Édition du 25 Août 2018

Au pays de la canneberge

Offert par Les Affaires


Édition du 25 Août 2018

Par Pierre Théroux

Récolte des canneberges à la ferme Les Atocas du Québec, la première à en faire la culture intensive au Québec.

Tout commence en 1938 par une simple visite chez des membres de la famille établie au Massachusetts. Edgar Larocque, qui exploite une entreprise de distribution de fruits et légumes à Lemieux, y découvre alors des plantations de canneberges. Un an plus tard, il décide d'en importer des plants qui arrivent par train dans le Centre-du-Québec. C'est là que se concentre aujourd'hui près de 90 % de la production des canneberges au Québec, devenu le troisième producteur mondial de ce petit fruit indigène qui pousse uniquement en Amérique du Nord.


« Les canneberges étaient vendues sous la marque St-Laurent et on servait d'abord le marché local, puis la chaîne Steinberg, qui achetait déjà d'autres produits de la ferme », explique Louis-Michel Larocque, président de Les Atocas du Québec, qui a pris les rênes de l'entreprise fondée par son grand-père Edgar.


Il aura fallu attendre près de 50 ans avant que la production et la transformation de canneberges, que les Amérindiens appelaient « atoca », se fassent à plus grande échelle. Aujourd'hui, le Québec compte 80 producteurs de canneberges, dont 67 dans le Centre-du-Québec, qui fournissent environ le quart de la production mondiale sur une superficie de 10 000 acres. Le Centre-du-Québec compte aussi sur la présence de Fruit d'Or et Canneberges Atoka, deux des plus importants transformateurs de canneberges au Québec avec la coopérative Citadelle.


Année record


L'industrie a connu un boom important ces dernières années, alors que le nombre de producteurs a doublé de 40 à 80 depuis 2005. Pendant cette période, la superficie totale des terres consacrées à la canneberge est passée de 3 717 acres à 9 889 acres.


En 2016, l'industrie a même « connu une année record avec une récolte de plus de 275 millions de livres, dépassant le précédent volume record de 241 millions de livres atteint en 2014, ce qui a permis au Québec de se hisser alors au deuxième rang mondial devant l'État du Massachusetts », souligne Monique Thomas, directrice générale de l'Association des producteurs de canneberges du Québec. L'État du Wisconsin, qui produit trois fois plus de canneberges, se classe toujours bon premier.


Cette croissance est attribuable à une plus forte consommation de la canneberge qui a aussi beaucoup évolué ces dernières années. « Quand j'ai commencé il y a 40 ans, le jus de canneberge représentait 85 % de la production. Aujourd'hui, c'est environ 40 %, et près de 60 % pour les canneberges séchées et autres ingrédients », constate M. Larocque.


Des nouveaux marchés


La croissance future de l'industrie passe d'ailleurs par le développement de nouveaux produits comme la gelée, les sauces, les huiles et les nutraceutiques. La diversification géographique est aussi au menu. « La consommation se fait principalement aux États-Unis et il faut développer d'autres marchés. Mais c'est un fruit méconnu et il y a beaucoup de travail marketing à faire », souligne M. Larocque.


Le Québec transforme la majeure partie des fruits récoltés sur son territoire. La production est principalement expédiée aux États-Unis, notamment à la coopérative de producteurs Ocean Spray, fondée aux États-Unis en 1930, qui transforme et commercialise 65 % de la récolte mondiale de canneberges et exporte dans une quarantaine de pays.


La division canadienne d'Ocean Spray a acquis en début d'année l'entreprise de production et de transformation Canneberges Atoka, située à Manseau. Cette transaction permettra ainsi à Ocean Spray « d'accroître sa présence au Québec et de stimuler le développement de l'industrie de la canneberge québécoise » commente Louis-Michel Larocque, dont l'entreprise a joint en 1958 les rangs de cette coopérative qui appartient à plus de 700 producteurs de canneberges et de pamplemousses répartis aux États-Unis, au Canada et au Chili. Une quinzaine de producteurs québécois de canneberges sont membres de cette coopérative qui exploite environ le tiers des superficies en sol québécois.


Un terreau fertile


Au fil des ans, le Québec est devenu le leader mondial de la culture de canneberges biologiques, alors que près du tiers des superficies totales est consacré à la culture biologique. « Nos hivers vigoureux nuisent aux insectes, les producteurs ont donc moins besoin d'utiliser des insecticides », explique Mme Thomas.


Des sols sablonneux propices à la production de canneberges, des terrains plats, de même que la bonne disponibilité de l'eau et une nappe phréatique naturellement élevée font aussi du Centre- du-Québec une région de prédilection pour l'implantation de cannebergières.


Des technologies développées conjointement par la Chaire de recherche industrielle CRSNG-Hortau en irrigation de précision de l'Université Laval et par l'entreprise québécoise Hortau, qui a développé des systèmes de gestion de l'irrigation, font aussi du Québec un pionnier en matière de gestion de l'eau. « Les sols sont dotés de capteurs qui permettent de mesurer l'humidité en temps réel à différents endroits dans les champs et de déterminer la quantité précise d'eau qui doit être acheminée aux plantes », dit la directrice générale de l'Association des producteurs de canneberges du Québec. « L'agriculture de précision nous permet d'accroître notre production moyenne de livres par acre », dit M. Larocque.


Les producteurs québécois sont aujourd'hui équipés de systèmes de gestion de l'eau en circuit fermé dans leur exploitation. L'eau de pluie et celle provenant de la fonte des neiges sont emmagasinées dans des réservoirs d'accumulation et servent à combler les besoins en eau pour la culture, ou pour la récolte qui s'effectue en inondant les champs.


CLIQUEZ ICI POUR CONSULTER LE DOSSIER «FOCUS RÉGIONAL: CENTRE-DU-QUÉBEC»


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Santé psychologique

Mardi 22 janvier


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


image

ROI marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier


image

Science des données

Mardi 12 février


image

Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai

DANS LE MÊME DOSSIER

Sur le même sujet

Centre-du-Québec : l'entreprise québécoise JustRun acquiert les courses Xman, Xtrail et le Demi-marathon RBC de Sherbrooke

Édition du 20 Octobre 2018 | Marie-Pier Frappier

L'entreprise Les événements JustRun, établie à Victoriaville, a fait l'acquisition des courses à pied Xman, Xtrail ...

Regain d'intérêt pour le Parc industriel et portuaire de Bécancour

Édition du 25 Août 2018 | Pierre Théroux

FOCUS RÉGIONAL. Le Parc industriel et portuaire de Bécancour est dans la mire de plusieurs entreprises...

À la une

Immobilier: vers un record de tous les temps en 2018

Contrairement au reste du pays, le marché résidentiel ne dérougit pas au Québec. Bien au contraire.

Quel montant payer pour habiter près d'une station de métro?

19/11/2018 | Joanie Fontaine

Blogue. Une plus-value sur les propriétés situées à moins de 2 km d'une station de métro a été notée

Le ménage de fin d'année bat son plein

BLOGUE. Les pros remanient leur portefeuille en fin d'année tandis que les stratèges émettent leurs prévisions pour 2019