Bas-Saint-Laurent: Aliments Asta mise sur le bien-être de ses travailleurs

Offert par Les Affaires


Édition du 09 Février 2019

Bas-Saint-Laurent: Aliments Asta mise sur le bien-être de ses travailleurs

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Édition du 09 Février 2019

Par Pierre Théroux

Stéphanie Poitras, directrice générale, et Kévin Poitras, directeur du développement et de l’exploitation porcine

FOCUS RÉGIONAL: BAS-SAINT-LAURENT — Les employés d’Aliments Asta ont reçu un beau cadeau en mai dernier. L’entreprise de Saint-Alexandre-de-Kamouraska, qui se spécialise en première transformation du porc et emploie 500 personnes, leur a en effet offert une augmentation de salaire inattendue avant même la fin de la convention collective qui est en vigueur jusqu’en 2022.


« Former des gens, ça coûte cher et ça prend du temps. Et comme nous avons de très bons employés, il faut s’assurer de les garder. D’autant que la main-d’œuvre se fait rare », explique Stéphanie Poitras, directrice générale de cette entreprise familiale créée en 1982 par son père Jacques et dont elle a pris les rênes avec son frère Kévin qui est directeur du développement et de l’exploitation porcine.


Cette bonification salariale profite à quelque 400 employés de la production, dont la rémunération horaire varie maintenant entre 14,50 $ et 21 $, selon l’emploi occupé et l’ancienneté. Une prime est aussi offerte à tout employé qui est prêt à former un collègue souhaitant occuper un nouveau poste.


Cette augmentation salariale s’inscrit dans une démarche de l’entreprise visant non seulement à satisfaire et garder ses employés, mais aussi pour en faciliter le recrutement. « Il y a plusieurs grandes entreprises dans la région, mais le bassin de main-d’œuvre est restreint. On travaille à différentes stratégies pour retenir et attirer des employés », souligne la détentrice d’un baccalauréat en administration et d’un MBA en management.


Voilà pourquoi, dans cette petite municipalité de quelque 2000 habitants, résident maintenant une cinquantaine de Philippins qui ont été embauchés par Aliments Asta au cours des dernières années. « Leur intégration, tant dans l’entreprise que dans la communauté, se passe très bien », affirme Mme Poitras qui souhaiterait même en recruter davantage. Mais l’entreprise a déjà atteint la limite maximale de 10 % de travailleurs étrangers temporaires fixée par le gouvernement fédéral.


Agrandissement et modernisation


Pour Aliments Asta, le bien-être des travailleurs passe aussi par un meilleur environnement de travail. Depuis 2016, l’entreprise a investi dans l’automatisation et la modernisation d’équipements de production, tout en implantant un nouveau système de gestion informatisée de la production et des inventaires. Elle prévoit aussi, d’ici 2020, entreprendre des travaux d’agrandissement et acquérir d’autres équipements à la fine pointe de la technologie.


« En facilitant le travail des employés, qui peuvent travailler avec des équipements plus performants et dans une usine moderne, on espère faciliter la rétention et le recrutement de la main-d’œuvre », estime Stéphanie Poitras. 


Ces investissements ont aussi pour objectif de soutenir la croissance de l’entreprise qui exporte 65 % de ses produits dans une trentaine de pays. « L’objectif n’est pas de produire plus dès maintenant, mais ça nous donnera l’opportunité de le faire », précise Mme Poitras, dont l’entreprise transforme un million de porcs annuellement.


Aliments Asta fait notamment la découpe de longes, de jambons, de flancs et de jarrets pour des entreprises de deuxième transformation et des grandes chaînes d’alimentation qui en font du bacon ou des côtelettes, entre autres exemples.



Présente aux États-Unis et en Chine 


À l’étranger, l’entreprise a principalement fait sa marque aux États-Unis, au Mexique, en Chine et au Japon accapare plus de 50 % de ses produits d’exportation. Or, les récentes tensions commerciales et politiques avec nos voisins du sud et la Chine n’ont pas eu d’impact sur ses ventes.


« On n’est jamais à l’abri, mais la demande est tellement forte dans ces pays qu’il n’y a pas d’inquiétude pour l’instant », indique Stéphanie Poitras, en précisant que l’entreprise avait plutôt écopé de l’embargo russe sur le porc canadien décrété par ce pays depuis 2014. « On avait des produits en mer en direction de la Russie qu’il a fallu rediriger vers d’autres pays », souligne Mme Poitras qui n’a pas l’intention de renouer ses échanges avec la Russie.


Jacques Poitras travaillait dans le secteur de la construction quand il a décidé en 1982 d’acquérir une petite entreprise d’abattage en faillite. À l’époque, cinq employés travaillaient dans l’entreprise qui faisait l’abattage de plusieurs espèces animales. Au fil des ans, et de l’adoption de normes réglementaires plus strictes, il a décidé de se spécialiser dans la transformation du porc.


Stéphanie et Kévin Poitras ont commencé à y travailler très jeunes, à temps partiel pendant leurs études. « J’ai débuté en répondant au téléphone, puis j’ai occupé plusieurs postes de bureau », précise Mme Poitras. En 2006, pendant qu’elle termine ses études de MBA, elle est appelée en renfort pour remplacer la directrice des ressources humaines partie en congé de maternité. Elle ne quittera plus l’entreprise familiale.


« Mon frère et moi avons toujours eu l’intention de travailler dans l’entreprise et de prendre la relève. Mon père s’est même assuré de faire un conseil de famille pour connaître nos intentions et celle de mes deux sœurs, qui n’étaient pas intéressées », souligne Mme Poitras, qui revient elle-même d’un congé de maternité. Il faut bien assurer la relève après tout. 


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