Déceler les occasions au-delà des ressources naturelles

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Octobre 2018

Déceler les occasions au-delà des ressources naturelles

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Édition du 06 Octobre 2018

Par René Vézina

Guillaume Leblanc a d’abord travaillé dans l’industrie minière avant de se lancer en affaires avec Abitibi & Co., un fabricant de canots et kayaks. entreprendre est « une affaire de passion ». [Photo : Paul Brindamour]

S'il y a une région qui a connu des hauts et des bas ces dernières décennies, c'est bien l'Abitibi-Témiscamingue, associée depuis longtemps au vaste secteur des ressources naturelles. D'abord avec les mines et la forêt et, dans une moindre mesure, l'agriculture et aussi l'hydroélectricité, du fait de sa proximité avec les infrastructures de la Baie-James.


Pour l'instant, la tendance est à l'embellissement, à tel point qu'on y cherche constamment du renfort en matière de personnel, tant pour les services que pour la desserte industrielle. La main-d'oeuvre disponible se fait rare.


Surtout que les temps changent. L'économie de la région s'appuie maintenant tant sur ses piliers traditionnels que sur ses nombreuses autres richesses.


Un bon exemple en a été présenté lors du panel tenu par Les Affaires, à Val-d'Or, le 16 mai.


Nous y avions invité trois entrepreneurs à témoigner de leur expérience devant un parquet formé des élus régionaux et des agents socioéconomiques du milieu.


S'y retrouvaient trois président(e)s d'entreprises abitibiennes : Stephen Authier, d'ASDR Canada, Jeanne Grenier, de Fourrures Grenier, et Guillaume Leblanc, d'Abitibi & co. Toutes sont sur une belle erre d'aller. Et leur diversité est à l'image de la région, toujours axée sur les ressources naturelles, mais liée à une demande qui évolue.


Quand on pense à l'Abitibi, vient l'image des mines, de la forêt... et de la grande nature. C'est précisément sur ce troisième volet que s'appuie Abitibi &co., une petite entreprise entreprenante qui propose des canots et des kayaks faits à la main, et qui aborde aujourd'hui le marché américain après s'être fait valoir au Canada.


Son président fondateur, Guillaume Leblanc, a tout juste 33 ans et est ingénieur diplômé de l'Université de Sherbrooke. Il a d'abord travaillé dans l'industrie minière, s'est retrouvé jusque dans le milieu des sables bitumineux du nord de l'Alberta, à Fort McMurray.


Passionné de plein air, il a toutefois d'autres ambitions. Il s'intéresse à une entreprise, Mid-Canada Fiberglass, située en Ontario, juste de l'autre côté du Témiscamingue, au sud de l'Abitibi. Elle fabrique des canots et des kayaks, mais ses affaires vont mal et elle se retrouve en faillite.


Il la rachète en 2013 avec le soutien de Desjardins, récupère les moules et s'adjoint trois investisseurs gagnés à son plan d'affaire, tout comme la plupart des employés de l'ancienne entreprise. Abitibi & co. compte en moyenne (selon les saisons) une dizaine de travailleurs. Pour l'instant.


«Oui, il faut aimer le défi, nous a-t-il dit, mais c'est une affaire de passion.» Le credo d'un véritable entrepreneur.


La trajectoire de Joanne Grenier est bien différente. Fourrures Grenier est une entreprise familiale.


Toute jeune, elle allait avec son père acheter des fourrures de tous les trappeurs des environs, Cris, Algonquins ou «Blancs». L'achat d'une machine à coudre leur a permis de raffiner leur offre de produits, jusqu'à des habits pour les poupées.


Mais le marché de la fourrure a évolué, et il leur a fallu s'adapter. Trouver de nouvelles idées.


Joanne Grenier a pris la relève de son père au début des années 2010, mais la transition n'a pas été si facile.


Que voulez-vous ! Un entrepreneur peine à se retirer. C'est dans ses tripes. «Nous nous sommes assises avec lui, ma soeur et moi, et nous lui avons demandé de nous vendre ses parts pour pouvoir aller de l'avant. Et ça va très bien.»


Aujourd'hui, Fourrures Grenier a su s'adapter aux nouvelles demandes, allant jusqu'à fabriquer des bonnets de fourrure emblématiques pour une grande entreprise minière des environs. L'entreprise compte 25 employés, surtout des femmes. Et Mme Grenier est déterminée à mettre en valeur ses produits de fourrure, malgré le réchauffement du climat...


ASDR est une plus grande entreprise, active aussi bien en ingénierie qu'en gestion de projets et en traitement des eaux. Son premier mandat lui est justement arrivé du Surinam, en Amérique du Sud, pour traiter des eaux usées contaminées aux métaux lourds. Depuis, son effectif est passé de 4 à 260 personnes.


Son président, Stephen Authier, a commencé sa carrière chez la minière Agnico Eagle, «petite à l'époque», dit-il, après un DEC en dessin industriel. Il a participé de près au développement de la mine Louvicourt, en y prenant toujours plus de responsabilités... mais il a commencé à s'ennuyer et a décidé de se lancer en affaires.


«Je suppose que ça fait partie de l'ADN d'un individu», dit-il, en ajoutant qu'être dans les affaires signifie aussi prendre des risques tous les jours, surtout qu'en étant entrepreneur, on voit sans cesse des occasions. «Oui, il arrive qu'on s'embarque dans toutes sortes de "patentes", mais il faut parvenir à rester concentré et ne pas passer son temps à courir à droite et à gauche.»


Faire croître son entreprise en évitant le piège de l'éparpillement, mais en imaginant sans cesse de nouveaux marchés, tout en participant activement à l'avancement de sa collectivité : ce sont de beaux défis que continuent à relever de jour en jour les entrepreneurs.


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