Le financement de Smart Reno génère des profits

Publié le 14/04/2016 à 08:49

Le financement de Smart Reno génère des profits

Publié le 14/04/2016 à 08:49

SmartReno.com aide les gens à dénicher l’entrepreneur idéal pour réaliser leurs projets de rénovation. Cet Airbnb de la réno a le vent en poupe au Canada et a récemment fait son entrée sur le marché allemand. Plusieurs investisseurs ont misé sur son succès.


Comme bien des startups, Smart Reno connaît une croissance fulgurante depuis ses débuts en 2012. Cette année, elle devrait presque tripler son volume d’affaires de 2015, lequel avait déjà doublé celui de 2014. La plateforme reçoit plus de 40 000 projets de rénovation par année, pour une valeur totale dépassant les 200 M$. Plus de 5 200 entrepreneurs l’utilisent.


Mais ce dont le président et fondateur Andrei Uglar est le plus fier, c’est que l’entreprise est rapidement devenue profitable. « Nous voulions montrer que notre modèle d’affaires pouvait générer des profits et que nous pouvions croître en contrôlant les coûts, explique-t-il. Cela nous a aidé à attirer des investisseurs. »


Financement exponentiel


De fait, l’entreprise a mené trois rondes de financement depuis ses débuts. Elle avait d’abord levé 350 000 $ lors de son démarrage, auprès de quatre anges investisseurs, dont Mike Cegelski, nommé ange investisseur de l’année au Canada en 2015. Ces quatre piliers soutiennent l’entreprise depuis cette époque où les principales dépenses étaient d’ouvrir un bureau, recruter et lancer la plateforme.


En 2013, une deuxième ronde de financement génère 750 000 $, provenant des quatre anges, d’Anges Québec Capital et de prêts de la BDC et de la Société de développement économique Ville-Marie (maintenant PME MTL). Après avoir démontré son potentiel à Montréal, Smart Reno entre dans les autres grandes villes canadiennes. Elle passe de quatre à huit employés.


Coup d’accélérateur en avril 2015, suivant une ronde de financement de série C de 1,5 M$, provenant des anges investisseurs et d’Anges Québec Capital. L’équipe passe de huit à 16. « Notre approche plus agressive dans la pénétration des marchés canadiens a fait de nous le leader au pays », note Andrei Uglar.


C’est d’autant plus vrai que Smart Reno avale alors Zoomission, son principal concurrent québécois. La plateforme Zoomission va être lancée dès avril 2016 dans les autres marchés canadiens. Cette acquisition bonifie le modèle d’affaires de Smart Reno. L’offre est désormais hybride. La plateforme Smart Reno sert aux projets de plus de 6 000 $ et offre un suivi plus serré aux utilisateurs, alors que Zoomission est davantage un libre-service pour les petits projets.


L’entreprise franchit aussi l’Atlantique, faisant son entrée en mode test à Munich et Berlin. « L’Europe est plus facile à percer que les États-Unis, et l’économie allemande va relativement bien, soutient Andrei Uglar. C’est un pays où il y a de l’argent à consacrer à la rénovation. »


Un fonds d’investissement pas comme les autres


Smart Reno a bénéficié à deux reprises du financement d’Anges Québec Capital, un fonds d’investissement créé pour aider les membres du réseau Anges Québec, dont font partie trois des quatre anges qui appuient l’entreprise.


« En moyenne chez Anges Québec, 11 de nos membres investissent 47 500 $ chacun dans une entreprise, pour un total de 522 500 $, explique François Gilbert, PDG des deux organismes. Mais parfois, un dossier intéressant nécessitait un investissement beaucoup plus élevé. Que faire ? On n’avait que des mauvais choix. Soit on abandonnait un projet qu’on aimait, soit on investissait quand même en sachant que ce ne serait pas assez. Ou encore, on investissait en cherchant la somme manquante ailleurs. Mais il est très difficile pour une entreprise en démarrage de trouver d’autres financements. »


D’où la création du fonds d’investissement, dont la capitalisation est passée de 20 M$ à 86 M$. Il y a toujours un ou deux membres d’Anges Québec sur le conseil d’administration d’une entreprise financée. « L’avantage, c’est que nous allons chercher des investisseurs parmi nos membres qui connaissent le marché de la startup, et peuvent lui donner un solide coup de main pour augmenter sa valeur, en plus de la financer », conclut le PDG.


 

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