La recherche de financement devient un outil de marketing chez Ubios

Publié le 31/03/2016 à 07:59

La recherche de financement devient un outil de marketing chez Ubios

Publié le 31/03/2016 à 07:59

Après seulement 20 heures, Ubios avait dépassé sa cible de 100 000 $ grâce à plus de 140 investisseurs ayant misé entre 250 $ et 1 500 $ chacun.

En misant sur le sociofinancement, Ubios cherchait moins à récolter des fonds qu’à faire parler de son entreprise naissante. Pari réussi. L’entreprise de domotique a fait les manchettes, ce qui a facilité son approche auprès d’autres investisseurs.


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« Ubios a créé un momentum avant de lancer sa campagne de sociofinancement sur notre plateforme, elle a donc pu compter sur beaucoup d’investisseurs dès la première journée », lance Philippe Brouillette, pdg de GoTroo, l’un des trois portails de financement participatif en capital actifs au Québec avec StellaNova et FrontFundr.


Résultat : après seulement 20 heures, Ubios avait dépassé sa cible de 100 000 $ grâce à plus de 140 investisseurs ayant misé entre 250 $ et 1 500 $ chacun. Ce montant continue de grimper, sur une plateforme où les projets sont pour l’instant plafonnés à 250 000 $. Un montant modeste quand on sait qu’Ubios est à la recherche d’investissements totalisant 1,5 M$. Mais l’objectif réel est ailleurs.


Faire du bruit


« L’AMF venait d’autoriser ce genre d’investissement participatif en capital et nous savions qu’en étant les premiers à l’utiliser, nous ferions parler de nous, explique Mathieu Lachaîne, pdg et fondateur d’Ubios. Nous proposons une nouvelle technologie de prévention intelligente des dégâts d’eau, que nous devons vulgariser. Ces investisseurs sont devenus de véritables ambassadeurs du projet. »


Cet effet marketing joue aussi auprès des fonds de capital de risque.« Une plateforme comme GoTroo nous permet de démontrer qu’il y a un intérêt réel dans le marché pour notre approche, poursuit le pdg. Et ça a fonctionné. On a reçu des appels de gens que nous ne connaissions pas et qui étaient prêts à investir. »


Philippe Brouillette croit qu’Ubios a bien cerné les avantages de la plateforme. Pour lui, elle permet d’abord aux fondateurs d’entreprises de se financer à l’extérieur du cercle traditionnel de la famille et des amis. Une dynamique qu’Ubios connait bien, puisque le premier million investi dans l’entreprise provenait en majeure partie des poches des co-fondateurs, du père de Mathieu Lachaîne et de l’agence de marketing Bite Size Entertainment.


Il souligne aussi l’importance de l’effet d’entraînement que peut provoquer un succès sur une plateforme de financement participatif, et le comportement d’ambassadeurs qu’adoptent les investisseurs, notamment sur les médias sociaux.


Gérer les socioactionnaires


Mais l’approche a aussi ses limites. Par exemple, le fait de devoir composer avec quelques centaines d’actionnaires que l’on ne connait pas. Pour contourner ce problème, les actions d’Ubios achetées sur GoTroo ne sont pas votantes. « C’était inconcevable d’accorder des actions votantes à 150 socioactionnaires dans l’état actuel de la réglementation, admet Mathieu Lachaîne. Une entreprise technologique doit miser sur plusieurs rondes de financement. Donner le droit de vote aux socioactionnaires nous obligeait à tous les rencontrer personnellement dans l’éventualité d’un investissement provenant d’un fonds de capital de risque, afin de leur faire signer les nouveaux statuts et règlements, les nouvelles conventions d’actionnaires, etc. Aucun fonds de capital de risque n’aurait accepté une telle contrainte. »


Afin de surmonter ce type d’obstacles, Phillipe Brouillette discute avec l’AMF de la possibilité de créer un véhicule rassemblant tous les socioactionnaires afin de faire des opérations groupées. Cela pourrait, par exemple, se faire par l’entremise d’une entreprise en commandite, dotée d’un investisseur désigné responsable des relations avec l’entreprise financée.


Reste que l’aventure GoTroo ne procure qu’une infime partie du financement recherché par Ubios. Ubios a bénéficié jusqu’à maintenant d’un appui financier de Québecor, dont le montant n’a pas été dévoilé, en plus d’un prêt de 125 000 $ de la BDC. D’autres annonces seront faites sous peu.


« Nous pensions qu’il serait plus facile de convaincre les gens, admet Mathieu Lachaîne. Nous nous concevons comme une entreprise de technologie, mais nous avons construit de l’équipement car il n’existait pas. En raison de cela, plusieurs nous voient comme une entreprise de « hardware ». Or, peu d’entreprises de ce type ont connu du succès au Québec, ce qui a peut-être refroidi les investisseurs au début. Mais en faisant mieux connaître notre modèle d’affaires, nous voyons l’intérêt augmenter fortement. »


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