Ubity, ou comment exporter un service de téléphonie

Publié le 24/04/2015 à 18:54

Ubity, ou comment exporter un service de téléphonie

Publié le 24/04/2015 à 18:54

Ubity installe et gère des systèmes de téléphonie d’affaires VoIP dans le nuage, un service de téléphonie qui passe par l’Internet. Quand Alain de Blois a lancé l’entreprise en 2007, il ne s’attendait pas à ce que ce service devienne « aussi trendy ». Son chiffre d’affaires annuel est aujourd’hui d’environ 3 millions de dollars. Et il vient tout juste de faire son entrée en Nouvelle-Angleterre. Ce marché lui promet-il une croissance aussi forte qu’à Montréal?


Le service de téléphonie d’Ubity est géré à partir d’un serveur central qui s’occupe d’aiguiller les appels vers un poste ou un autre, ou d’envoyer les appels vers une ligne terrestre ou cellulaire, lorsque nécessaire. Grâce à ce système, le client peut donc éviter complètement les compagnies de téléphone traditionnelles.


C’est un service qui semble gagner en popularité. Les 24 employés d’Ubity desservent actuellement près de 550 clients comme Pizza Hut, les magasins Bench, Protégez-Vous, Bixi et les boissons Guru. Cela se traduit par un nombre d’utilisateurs d’à peu près 10 000 au Québec.


« En 2007, pourtant, personne ne faisait de téléphonie IP dans le nuage. On est arrivé très tôt dans le marché », dit Alain de Blois, président et propriétaire de l’entreprise.


Faire affaire avec des intermédiaires


Pour vendre ses services au Québec, l’entreprise fait appel à son équipe de vendeurs pour solliciter directement ses clients potentiels. En Nouvelle-Angletterre, Ubity procédera différemment.


L’entreprise compte vendre ses systèmes à des firmes qui font, par exemple, de la gestion de réseautique. Elles pourront alors ajouter l’offre d’Ubity à leur portfolio de services.


« On va toucher beaucoup plus de clients avec les intermédiaires qu’en engageant une armée de vendeurs », estime M. de Blois.


En réalité, Ubity est déjà présent depuis quelques années sur le marché de la Nouvelle-Angleterre. Mais il s’agit de clients qui faisaient affaires avec la branche montréalaise de l’entreprise.


« Le point de départ, c’était des clients canadiens qui avaient des bureaux aux États-Unis », illustre Alain de Blois.


Un centre de données à Boston


L’entreprise est actuellement en train de mettre les bases d’une exportation plus solide de ses services. À l’automne dernier, la firme montréalaise ouvrait un centre de données à Boston, un gros tremplin à l’exportation. C’est son deuxième après celui de Montréal.


Cette « redondance géographique » permet à Ubity d’améliorer la sécurité de son service. « C’est surtout une façon d’attaquer le marché américain en entier, dit M. de Blois. Et ensuite le marché international. »


L’entreprise vient de terminer la mise en place de son centre d’hébergement et passe maintenant à la phase de commercialisation. « Il faudra trouver une personne à la vente, une personne qui pourra aller à la recherche de partenaires dans la région. »


Pour l’instant, les difficultés auxquelles a fait face Ubity dans son effort de vente en Nouvelle-Angleterre sont de nature bureaucratique : papiers, réglementations, papiers, autres lois et plus de papiers.


« C’est un défi relativement important. Il a fallu s’incorporer et envoyer quelqu’un là-bas. On a donc dû assurer cet employé. Il a aussi fallu trouver les bons visas de travail et mettre les avocats là-dedans. Dans le domaine des taxes, ce n’est pas si simple non plus. Il faut s’inscrire auprès de tous les États avec lesquels on fait affaire », raconte M. de Blois.


Les perspectives de croissances sont bonnes. Le marché n’est pas encore mature et devrait croître de 30 % aux États-Unis d’ici 5 ans, dit Alain de Blois.


« On pense pouvoir facilement doubler notre chiffre d’affaires de 3 M$, sur le marché américain, d’ici 2 ans. »

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