Miguel, 8 ans, commis chez Bureau en petit

Publié le 11/05/2013 à 00:00, mis à jour le 21/05/2013 à 13:38

Miguel, 8 ans, commis chez Bureau en petit

Publié le 11/05/2013 à 00:00, mis à jour le 21/05/2013 à 13:38

Il arrive souvent aux élèves de l'école primaire Coeur Vaillant, de Québec, de perdre leurs crayons et gommes à effacer quelques mois après la rentrée scolaire. Mais il n'est pas question de demander à leurs parents de les remplacer. Ils se les procurent plutôt eux-mêmes au «Bureau en petit», situé au bout du corridor de leur salle de classe.


Ce mini-magasin de fournitures scolaires est né d'un besoin réel. Il est entièrement géré par des enfants de la 2e année du primaire et permet aux élèves de l'école d'acheter des fournitures de qualité à un prix abordable. Leur enseignante, Élisabeth Morin, coordonne ce projet entrepreneurial depuis près de 10 ans. Elle transpose ainsi différentes notions théoriques dans des opérations concrètes telles que l'étude de marché, l'inventaire, la publicité, la vente et la comptabilité, le tout dans un contexte amusant.


«Tous les enfants aiment jouer au magasin, dit-elle. Les élèves sont tellement fiers quand ils vendent et que les grands viennent acheter chez eux. Ils développent leur estime de soi et leur sens des responsabilités.»


En vendant les crayons et les gommes à effacer à ses camarades chez Bureau en petit, Miguel Angel Garcia, 8 ans, a découvert une vraie passion pour la vente et la comptabilité. «J'ai appris à compter en bonds de 5, de 10, de 25, dit-il. Il fallait compter rapidement et être efficace pour ne pas retarder les clients.»


Élisabeth Morin est convaincue qu'en s'initiant tôt à l'entrepreneuriat, les enfants développent un plus grand sentiment d'appartenance. De plus, ils continueront de s'investir une fois arrivés à l'âge adulte. «Je crois que, même si les élèves sont petits, ils apprennent très tôt qu'ils peuvent prendre leur place dans leur mini-société», dit-elle.


Depuis quelques années, Catherine Hébert, du Carrefour Jeunesse-Emploi, fait la tournée des écoles du niveau primaire jusqu'à l'université pour sensibiliser les jeunes à l'entrepreneuriat. Elle a remarqué une augmentation de l'intérêt des jeunes pour cette voie, surtout de la part de la génération Y qui a une vision différente de l'autorité.


«Les jeunes ont de la difficulté à trouver une place sur le marché du travail, et ils ne se sentent pas valorisés, dit-elle. On leur donne le droit d'expression à l'école, mais lorsqu'ils arrivent sur le marché du travail, les patrons ne sont pas prêts à leur donner de la place. Les jeunes voient donc l'entrepreneuriat comme une solution.»


Bien que l'entrepreneuriat chez les jeunes soit une tendance à la hausse, le Québec est un peu en retard par rapport au reste du Canada sur ce plan et, selon Catherine Hébert, c'est une question de culture. «Au Québec on a une attitude différente quant à la réussite en affaires, et il y a une moins grande valorisation de la réussite financière, dit-elle. La culture anglo-saxonne valorise l'argent, alors que la culture franco-québécoise se contente de ce qu'elle a.»


Elle est toutefois convaincue que le Québec de demain sera plus entrepreneurial que celui d'aujourd'hui, surtout avec les ressources d'accompagnement disponibles pour les moins de 35 ans, comme les bourses Jeunes promoteurs, les subventions, les ateliers, les programmes de mentorat, sans compter les nombreux événements, concours et émissions de variétés sur le sujet.


«Nous avons tout à gagner à initier les jeunes à l'entrepreneuriat dès l'âge le plus tendre», affirme Maude Théroux-Séguin, de la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs. Selon elle, en apprenant des notions entrepreneuriales, les jeunes deviendront des employés plus autonomes et créatifs s'ils choisissent de travailler pour une entreprise. Et s'ils décident de se lancer en affaires, ils créeront des emplois et réinventeront le marché.


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