«Être une femme et avoir des enfants, ça m'a aidée»

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Avril 2014

«Être une femme et avoir des enfants, ça m'a aidée»

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Avril 2014

Par Dominique Froment

Cora Tsouflidou

Rencontrer Cora Tsouflidou pour lui parler d'entrepreneuriat féminin n'était vraiment pas une bonne idée... Elle fuit comme la peste ces clubs «où il faut avoir des seins pour être membre !»


Ne parlez pas du plafond de verre au-dessus de la tête des femmes à la «reine des déjeuners» ! «Quand on m'appelle pour faire une conférence le 8 mars [Journée internationale de la femme], je refuse toujours.


«Si une femme n'a pas obtenu le prêt qu'elle demandait, c'est parce qu'elle croyait dès le départ que le fait d'être femme lui nuirait, poursuit cette bombe d'énergie de 66 ans. Y a-t-il un homme qui n'a pas eu lui aussi un plafond de verre au-dessus de la tête ?


«Une femme avec des enfants a plus de compétences qu'un homme, parce qu'elle doit compter, planifier, prévoir, former, etc. Moi, être une femme et avoir des enfants, ça m'a aidée», lance celle qui admet ne pas être la chouchoute des féministes.


Sortir de la pauvreté


Née en Gaspésie sous le nom de Mussely d'un père convaincu que lui et ses rejetons étaient nés pour un petit pain, elle rêvait de devenir écrivaine et était plutôt mal partie dans la vie.


Cora Tsouflidou entreprend son cours classique malgré son père qui aurait voulu qu'elle apprenne la sténo. Ensuite mariée à un homme violent qui représentait une menace pour sa fille, elle demande le divorce. Pour éviter de lui payer une pension, il retournera dans son pays d'origine, la Grèce.


Au milieu des années 1980, à presque 40 ans, incapable de se trouver un emploi pour faire vivre ses trois enfants, elle achète un petit restaurant au coin des rues Bélanger et Papineau, à Montréal. «Je n'avais qu'un but : briser le cercle de pauvreté dans lequel j'avais baigné toute ma vie.»


Les six ou sept premières années comme propriétaire de restaurant ont été très difficiles, reconnaît Mme Tsouflidou, le sentiment de panique la guettant sans cesse. «Quand t'as toujours rêvé de devenir écrivaine et que tu te retrouves chef d'entreprise, tu te dis qu'il y a quelque chose qui ne marche pas dans ton affaire.»


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