Des salles de serveurs tempérées à l'aide de CO2

Offert par Les Affaires


Édition du 14 Janvier 2017

Des salles de serveurs tempérées à l'aide de CO2

Offert par Les Affaires


Édition du 14 Janvier 2017

En remplaçant des refroidisseurs au gaz de synthèse par une innovation québécoise au CO2, Bell Canada a diminué sa facture d'électricité.


Dans les centraux téléphoniques de Bell Canada, les équipements assurant les communications, comme les commutateurs et les serveurs, produisent continuellement de la chaleur. Or, si le thermomètre grimpe trop, il y a risque de surchauffe : en été, les salles doivent être refroidies sans arrêt pour maintenir une température avoisinant les 22 degrés Celsius. Pour ce faire, le géant des télécommunications se servait surtout jusqu'ici d'appareils réfrigérant à l'aide de chlorodifluorométhane, aussi nommé R22, un gaz synthétique très nocif pour la couche d'ozone dont le potentiel de réchauffement planétaire peut être jusqu'à 1 400 fois plus élevé que le CO2. Le Protocole de Montréal, signé par 197 États en 1985, prévoit l'interdiction de leur utilisation dans les pays développés en 2020. Un accord conclu à Kigali le 15 octobre dernier prévoit par ailleurs l'élimination des hydrofluorocarbures (HFC), souvent choisis comme solution de rechange malgré un effet encore plus dommageable sur le climat.


Dans l'espoir de trouver une solution plus verte et moins énergivore, Bell Canada a approché il y a quatre ans, l'entreprise Carnot Réfrigération de Trois-Rivières. Cette PME technologique avait développé des refroidisseurs réalisant une forme de séquestration de CO2. Mais son innovation avait jusqu'ici fait ses preuves dans des supermarchés, des entrepôts frigorifiques et des arénas, dont les conditions étaient fort différentes.


Un prototype à ses frais


Sans aucune garantie d'achat, Carnot Réfrigération a investi plus de 500 000 $ en recherche et développement pour concevoir un prototype de refroidisseur au CO2 qui répondrait aux contraintes de Bell Canada.


La PME a mis un point l'appareil Aquilon, qui fonctionne à l'aide de son procédé, breveté en 2013, pour passer de manière automatique d'un mode mécanique à un autre de refroidissement gratuit (free cooling). Le système reproduit à l'intérieur de ses conduits le cycle naturel d'évaporation et de condensation du CO2 pour éviter le plus possible d'avoir recours à des compresseurs, généralement utilisés dans les réfrigérants traditionnels pour créer ces phénomènes thermodynamiques. «Les compresseurs sont la plus grande dépense énergétique d'une unité de refroidissement, explique Marc-André Lesmerises, président de Carnot Réfrigération. On est en mesure, durant 85 à 90 % de l'année, de les arrêter».


Au final, Bell Canada a donné un contrat à Carnot Réfrigération pour l'installation de deux appareils Aquilon dans le cadre d'un projet-pilote amorcé en juillet 2014 dans un central téléphonique d'Ottawa. Durant la première année, ce central a consommé 150 000 kilowattheures de moins que l'ancien système, ce qui a entraîné des économies de 50 000 à 100 000 $ sur la facture d'électricité.


«On s'est retrouvé avec une solution qui, non seulement nous permettait d'économiser de l'énergie, mais également réduisait nos frais d'exploitation et d'entretien associés à ces systèmes», explique Marc Duchesne, vice-président sécurité et responsabilité chez Bell Canada.


Remplacer les équipements


Ces unités de refroidissement peuvent aussi être contrôlées à distance, ce qui constitue un avantage pour Bell Canada en raison de ses nombreux immeubles dispersés à travers le pays. Elle a déployé depuis 18 appareils dans une dizaine de centraux téléphoniques du Québec et de l'Ontario.


Pour ce faire, elle a décroché environ une dizaine de milliers de dollars en subventions auprès d'Hydro-Québec et Hydro One pour installer ces appareils, ce qui représente néanmoins moins de 10 % des investissements nécessaires.


M. Duchesne évalue que le rendement de l'investissement se réalise rapidement. «On est capable d'implanter la technologie (de Carnot Réfrigération) au même coût que si on devait remplacer notre ancien équipement par un autre équivalent», explique-t-il. D'autres commandes pourraient surgir. «On a beaucoup d'équipements qui fonctionnent avec du R22 et on a des systèmes, à certains endroits, relativement vieux», indique M. Duchesne.


Du côté de Carnot Réfrigération, le projet de Bell Canada lui a ouvert un tout nouveau marché. La PME, qui compte plus de 45 employés et affiche un chiffre d'affaires d'une vingtaine de millions de dollars, vient de livrer deux unités de refroidissement Aquilon à Rogers.


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