Des occasions d'affaires en or pour les entrepreneurs québécois

Publié le 19/11/2014 à 05:56

Des occasions d'affaires en or pour les entrepreneurs québécois

Publié le 19/11/2014 à 05:56

Par Matthieu Charest

Ce n’est pas d’hier que la proverbiale croissance économique chinoise est sur toutes les lèvres. Mais au-delà des clichés entourant le gigantisme de l’empire du Milieu, la société chinoise se transforme à la vitesse grand V. Le potentiel que recèle ce pays n’est encore que bourgeonnant, et les entrepreneurs québécois, s’ils sont prêts à passer à l’attaque, peuvent profiter d’occasions d’affaires en or. Les Affaires s’est penché sur huit secteurs d’activité prisés en Chine, et dans lesquels le Québec se démarque.


Consultez notre dossier : Des secteurs porteurs pour exporter en Chine


D’abord, un bref survol de la relation commerciale entre le Québec et la Chine. En 2013, la valeur de nos exportations s’est chiffrée à 2,609 G$, en légère baisse par rapport à 2012, où elle était de 2,636 G$, selon le ministère de l’Économie, de l’Innovation, et des Exportations du Québec (MÉIE). À l’inverse, nos importations depuis ce qui est devenu notre deuxième partenaire commerciale dans le monde (derrière les États-Unis), ont représenté 8,901 G$ l’année dernière.


Si notre balance commerciale est largement déficitaire, la situation s’améliore rapidement. Entre 2009 et 2013, les ventes du Québec vers la Chine ont progressé d’à peu près 132 %, contre environ 21 % pour nos achats. Puis, la teneur des importations chinoises de biens manufacturés est restée sensiblement stable depuis cinq ans, selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Cependant, la teneur des exportations s’est nettement enrichie. Depuis 2009, la proportion de produits dans la catégorie haute technologie est passée de 30,1 % à 45,6 %.


Les produits québécois les plus exportés, selon les données du MÉIE, sont, en ordre décroissant, le minerai de fer (28,3% du total), les véhicules aériens (13%), les simulateurs de vol (6,4%), et les turbines à gaz et ses parties pour 5% (entre dans cette catégorie les turbopropulseurs et les turboréacteurs). L’ensemble des exportations de la province est assez peu diversifié, alors que les dix produits les plus vendus comptent pour près de 75% du total.


Un marché transfiguré


L’équation est pourtant appelée à changer radicalement, alors que le visage de la Chine est en pleine mutation. Le PIB par habitant, de 3 749$US en 2009, est passé à 6 807$US en 2013 (en dollars courants), soit une hausse de 81,6% en cinq ans, selon la Banque mondiale. « La croissance des salaires devrait rester au-dessus de 10% par année pour les cinq prochaines années, prévoit The Economist Intelligence Unit (EIU). »


« Le PIB par habitant de la Chine ne représente encore qu’environ 20% de celui des États-Unis », souligne une note d’information préparée par le MÉIE.


La classe moyenne est en plein essor, ce qui fait exploser la consommation. Et puisque les salaires augmentent, la production manufacturière à faible valeur ajoutée se délocalise vers des pays voisins, comme le Laos ou le Cambodge.


«Le marché intérieur [chinois] est en forte croissance, note Michel Leblanc, vice-président délégué commerce international à la Banque Nationale. Il faut se demander quels sont nos biens qui peuvent répondre à leurs besoins, qu’est-ce qui se différencie, parce que tous les pays veulent percer le marché chinois, la compétition est féroce. »


La population s’enrichit et elle s’urbanise également à un rythme soutenu. « La Chine est maintenant à 50% urbaine, souligne l’étude A pocket guide to doing business in China, publiée par la firme McKinsey&Company. Entre 10 et 15 millions de personnes s’exilent de la campagne vers les villes chaque année. »


Ce flux de migrants, couplé à une croissance effrénée, crée une pression immense sur les infrastructures. Les besoins en transport, notamment dans le secteur du transport en commun urbain, sont immenses. Les entreprises innovantes dans le domaine du développement durable seront de plus en plus prisées, alors que la pollution est devenue un enjeu de santé publique. Le ministère chinois de la Protection de l’environnement a d’ailleurs publié, début 2014, des objectifs pour réduire la pollution de l’air. Les régions côtières, de loin les plus développées, sont les plus ciblées par ces mesures.


L’expertise dans les énergies renouvelables, puisque les ressources énergétiques du pays « ne seront pas suffisantes pour répondre à la demande», estime l’EIU, fait d’ailleurs partie des secteurs d’exportation les plus porteurs pour le Québec.


Bien sûr, tout n’est pas rose. Il s’agit d’un marché immense, compétitif et complexe, et le pays connaît, à l’instar de tous les autres, ses propres problèmes, mais comme l’affirme Chia-Yi Tung, présidente d’Orchimédia, une agence-conseil spécialiste du marché asiatique, « La Chine, c’est un grand coup, il y a beaucoup d’apprentissages à faire avant de s’y rendre, et il faut se donner les moyens de nos ambitions. Mais nous avons tout ce qu’il faut pour y réussir! »


Consultez notre dossier : Des secteurs porteurs pour exporter en Chine


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