Des chantiers aux pratiques innovantes

Offert par Les Affaires


Édition du 03 Septembre 2016

Des chantiers aux pratiques innovantes

Offert par Les Affaires


Édition du 03 Septembre 2016

Par Pierre Vallée

[Photo : Jérôme Lavallée]

La portion de la rue Saint-Denis située entre la rue Marie-Anne et l'avenue Duluth fait l'objet d'importants travaux rendus nécessaires par la vétusté des infrastructures souterraines. «On espérait au départ faire un réaménagement de l'égout et de l'aqueduc, mais les investigations nous ont démontré qu'il fallait plutôt tout reconstruire, explique Lionel Perez, conseiller de Darlington et responsable des infrastructures au comité exécutif de la Ville de Montréal. On en a alors profité pour refaire également les conduites électriques souterraines.»


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 Étant donné l'importance de ce lien artériel nord-sud et du fait que cette portion de rue Saint-Denis est aussi commerciale, la Ville de Montréal a opté pour une démarche innovante. «On a introduit une nouvelle façon de faire à Montréal et, par conséquent, un changement de culture quant à la réalisation de ce type de travaux. Avant même le début du chantier, on a organisé une série de neuf rencontres entre la Ville, les élus de l'arrondissement, la société de développement commercial locale, les commerçants et les résidents afin de connaître leurs enjeux et leurs préoccupations à l'égard de ce projet. Cela nous a permis d'amorcer une réflexion et ensuite d'apporter les ajustements nécessaires afin de tenir compte des besoins des riverains et du quartier.»


Le premier constat issu de cette réflexion a été l'obligation de réduire l'échéancier des travaux. «Pour la toute première fois, on a même inclus une clause dans l'appel d'offres qui promet une bonification financière à l'entrepreneur s'il termine les travaux plus tôt que prévu.» Ainsi, la durée des travaux, initialement projetée sur deux ans, a été ramenée à 16 mois, y compris les pauses hivernales. «De plus, on a ajouté une clause de propreté qui oblige l'entrepreneur à ne pas laisser de remblais et de déchets sur le chantier, et à nettoyer les trottoirs chaque soir», dit M. Perez.


Les travaux sont exécutés par tronçons, alternant entre le côté est et le côté ouest de l'artère, de façon à maintenir la circulation dans les deux sens. «On a décidé d'agir sur le plan du design et de l'habillage de chantier en installant, du côté est, la Grande Terrasse Rouge, qui sert à rendre cette portion de la rue Saint-Denis plus attrayante, malgré les travaux.»


Une fois les travaux souterrains achevés, on procédera au surfaçage de la voie, à la reconstruction des trottoirs, dont la bordure sera en granit, et à l'installation d'un nouvel éclairage extérieur, avec des lampadaires à DEL. «Cette nouvelle démarche pour les travaux dans la rue Saint-Denis ainsi que les leçons que nous en avons tirées serviront lors de projets similaires.»


Le contrat des travaux dans la rue Saint-Denis a été octroyé à Les Entreprises Michaudville au coût de 14 millions de dollars.


Turcot : maintenir la circulation pendant les travaux


Emprunté quotidiennement par 300 000 véhicules, l'échangeur Turcot est un important élément du réseau autoroutier montréalais. Sa reconstruction, rendue obligatoire parce qu'il a atteint sa fin de vie utile, est sans conteste le plus important chantier d'infrastructure actuellement au Québec, non seulement à cause du devis de 3,67 milliards de dollars qu'il représente, mais aussi par son ampleur et sa complexité.


La reconstruction de l'échangeur Turcot déborde le cadre de l'échangeur proprement dit. On reconstruira aussi les échangeurs Angrignon, Montréal-Ouest et De La Vérendrye, ainsi que les tronçons adjacents des autoroutes 15, 20 et 720. «De plus, l'échangeur Turcot et le lien autoroutier avec l'échangeur Montréal-Ouest, tout comme les voies ferrées, sont relocalisés vers le nord, explique Sarah Bensadoun, porte-parole du ministère des Transports du Québec (MTQ). Cette relocalisation au nord permet de dégager au sud un terrain de 400 000 mètres carrés, la cour Turcot, qui pourra ensuite être développé.»


Cet important projet d'infrastructure est réalisé en mode conception-construction (ou mode C-C, dans le jargon de la construction). «Le consortium retenu - KPH Turcot, formé de Construction Kiewit et Parsons du Canada avec la participation des firmes WSP Canada et Holcim Canada - est responsable à la fois de la conception et de la construction, contrairement au mode traditionnel où les deux étapes font l'objet d'appels d'offres différents», dit Mme Bensadoun. Par contre, cela ne signifie pas que la conception n'est pas balisée. «Le ministère a défini au préalable les paramètres du projet comprenant, par exemple, la hauteur des structures, leur intégration dans la trame urbaine, l'aménagement paysager, la présence du transport collectif, l'impact sur les riverains, etc.» La conception du projet devait donc tenir compte des exigences du MTQ et de ses partenaires, dont la Ville de Montréal.


La contrainte majeure de ce chantier est l'obligation de maintenir cette infrastructure routière en service tout au long de l'exécution des travaux. «Avec autant de véhicules qui empruntent cette infrastructure, il était impossible de la fermer. C'est pourquoi on a choisi de construire les nouvelles infrastructures à côté ou sous les infrastructures actuelles. Dès qu'une portion de la nouvelle infrastructure est terminée et carrossable, on peut alors la mettre en service. Ensuite, on procède à la démolition de l'ancienne portion de l'infrastructure. Et ainsi de suite jusqu'à la fin des travaux», précise la porte-parole.


Les travaux de reconstruction de l'échangeur Turcot ont débuté en 2015 et doivent se terminer en 2020. «Cet échéancier est immuable et on le respecte. Présentement, 22 % des travaux prévus ont été achevés. Et 810 M$ ont été dépensés à ce jour.»


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