Commencer par bâtir virtuellement

Offert par Les Affaires


Édition du 03 Septembre 2016

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Édition du 03 Septembre 2016

Le Palais de justice de Montmagny a été réalisé selon la méthode de la modélisation des données du bâtiment, qui permet de voir les pépins apparaître dans la maquette, plutôt qu’une fois le chantier lancé.

Afin de réduire les coûts et les délais, et de construire des bâtiments plus durables et de meilleure qualité, une démarche novatrice tend à s'imposer au Québec comme ailleurs. Elle tient en trois petites lettres : MDB, pour «modélisation des données du bâtiment» (en anglais, BIM, pour building information modeling). En quoi cela consiste-t-il ? Avant de se lancer dans la construction d'un immeuble, on le bâtit virtuellement.


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Les avantages sont nombreux. La conception est optimale, puisque tous les professionnels peuvent informer à l'avance de contraintes qui pourraient se poser en cours de construction. On voit les pépins apparaître dans la maquette, plutôt qu'une fois le chantier lancé.


C'est ce qui a été imposé dans le cas de la construction du Centre Vidéotron de Québec. Cela semble avoir porté ses fruits, puisque le projet a coûté 30 millions de dollars de moins que prévu.


«Il s'agit d'un processus collaboratif différent des modes de réalisation classiques, dans lesquels les professionnels travaillaient en vase clos», dit Souha Tahrani, associée de recherche au Groupe de recherche en intégration et développement durable (GRIDD). Les architectes, ingénieurs, techniciens, constructeurs et autres professionnels retenus par le donneur d'ordres alimentent ensemble une maquette numérique en 3D, construite sur une base de données comprenant tous les paramètres du bâtiment.


Souha Tahrani est d'avis qu'il y a encore du chemin à faire au Québec pour qu'elle se généralise et que le mode collaboratif soit optimal.


Il faut dire que la MDB présente son lot de défis. Le secteur de la construction comprend environ 85 % de PME, dont certaines de taille assez modeste. Or, la mise en place de cette démarche exige des investissements, pour acquérir des logiciels sophistiqués, et du temps, pour former les employés.


En 2015, un sondage du GRIDD démontrait qu'environ 30 % de l'industrie avait adopté la MDB. Mais cette adoption est très inégale chez les divers professionnels. Ainsi, 64 % des ingénieurs et 41 % des architectes travaillaient de cette manière, mais c'était le cas de seulement 12 % des entrepreneurs généraux. Et parmi les donneurs d'ouvrage, pas plus de 19 % l'exigeaient.


«Certaines entreprises hésitent à investir dans l'acquisition de matériel et la formation liées à la MDB en raison d'une trop faible demande des donneurs d'ouvrage, dit Souha Tahrani. C'est l'obstacle qui ralentit l'adoption de ce mode de construction.»


Le gouvernement intéressé


«Dans sa volonté de miser sur des modes de réalisation innovants afin de favoriser le développement durable et de contrôler les coûts, la Société québécoise des infrastructures (SQI) a commencé à travailler avec la MDB lors de certains projets», précise Caroline Bourgeois, architecte et vice-présidente, gestion de projets, pour l'Est du Québec.


Il y a quelques années, la SQI lançait un appel d'offres pour l'agrandissement et la rénovation du Palais de justice de Montmagny, livré en 2014. Le projet se voulait exploratoire. La MDB n'était pas imposée, mais le SQI avait demandé si des firmes, de façon volontaire, souhaitaient développer une maquette MDB. Ce qui a été fait. Cela a permis de constater quelques faiblesses dans le marché, que ce soit chez les entrepreneurs ou les professionnels, mais surtout un grand intérêt à l'égard de la démarche. Le chantier a aussi coûté 2 M$ de moins que prévu.


La SQI a fait un pas de plus dans l'appel d'offres du nouveau Palais de justice de Rimouski, en exigeant la MDB. «La maquette réalisée sera utilisée aussi dans l'exploitation de l'immeuble. Celui-ci devrait être livré en 2018», dit Caroline Bourgeois.


Restera alors à s'assurer que le personnel responsable d'exploiter ce bâtiment soit lui aussi formé afin d'être en mesure d'utiliser la maquette à son potentiel maximal. L'avenir, dans le cas de la MDB, c'est maintenant.


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