Avec les femmes, les anges se montrent plus cupides

Publié le 03/05/2018 à 17:02

Avec les femmes, les anges se montrent plus cupides

Publié le 03/05/2018 à 17:02

Par François Remy

(123rf)

DÉFI START-UP 7 | INSPIRATION | Les entrepreneures doivent batailler ferme pour se faire une place sous une aile protectrice. Car les anges financiers leur accordent nettement moins de faveurs.


Si les anges n’ont pas de sexe, il leur joue pourtant des tours! Pas de panique, il ne s’agit pas ici de disserter sur la hiérarchie divine mais bien de parler d’entrepreneuriat. Car on aborde le rapport aux femmes des anges investisseurs, ces gardiens fortunés qui ont le pouvoir de vie ou de mort sur certains projets.


Les entrepreneures récoltent en effet moins de fonds que leurs homologues masculins, ressort-il de l’étude signée par Sharon Poczter et Melane Shapsis, de l’école d’économie appliquée et de gestion de l’université Cornell.


En moyenne, les risqueurs de capitaux accordent 318 000 $ à une jeune société dirigée uniquement par des hommes. C'est 121 000$ de plus que pour une entreprise emmenée par des femmes.


«Ces différences restent significatives statistiquement même si une seule femme est présente dans l’équipe», précisent les deux chercheuses.


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Afin de savoir si le genre jouait un rôle lors du financement, Poczter et Shapsis ont en fait épluché «à la main» près de 500 pitches dans le cadre de Shark Tank. On ne doit plus présenter l’émission américaine qui accueille sur le banc des «requins» Lori Greiner, la créatrice de plus de 400 produits à succès, ou Barbara Corcoran, la reine de l’immobilier.


Les présentations face aux Sharks suivent toujours le même canevas, avec la description du produit/modèle d’affaires, le montant recherché et la proposition de participation au capital avant une séance de questions-réponses.


L'analyse menée par Poczter et Shapsis montre qu’il n’existe pas de discrimination quant à l’obtention d’un financement mais bien au niveau de l’ampleur des sommes consacrées.


«Les équipes composées uniquement de femmes reçoivent moins d’argent que leurs concurrents même lorsque celles-ci arborent des qualités déterminantes telles que la réussite commerciale», soulignent les deux auteures.


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Au niveau des variables entre les mains des candidates, elles affichent en moyenne de meilleurs chiffres de ventes, un meilleur contrôle des coûts de production et un investissement personnel en capital trois fois moindre.


Plus contrariant encore, l’influence négative exercée par ces inégalités de traitement des investisseurs modifierait le comportement des femmes d'affaires


Les entrepreneures s’infligeraient ainsi une sorte de handicap en offrant une plus grande prise de contrôle aux anges investisseurs contre des valorisations d’activités plus faiblardes.


Alors que les valorisations des entreprises tournent en moyenne autour de 2,2 millions $, celles exposées par la gent masculine flirtent avec les 3 millions et celles des femmes restent plus proches d’1 million. Les entrepreneures accusent ainsi un manque à gagner sur le sexe opposé de plus de 600 000$.


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«Les entreprises dirigées par des femmes peuvent recevoir moins de financement parce qu’elles en demandent moins», insistent les chercheuses de l’université Cornell.


Cela n’aurait donc rien de stratégique de réclamer un soutien de façon trop modeste. Autrement dit, les entrepreneures ne courent pas de risque à surévaluer leur société lors de la parade de séduction financière.


Si ces résultats empiriques ne permettent pas de généralisation, ils fournissent des indications utiles pour les femmes d'affaires. Elles pourraient muscler leur processus de valorisation avant de se frotter aux plumes des anges investisseurs.


 


 


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