Gérer sa PME comme si elle devait être vendue

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Novembre 2016

Gérer sa PME comme si elle devait être vendue

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Édition du 19 Novembre 2016

Mark-Anthony Serri, un expert en fusions et acquisitions de RBC (à gauche), a aidé Jan-Nicolas Vanderveken à réussir une transaction avantageuse. [Photo : Alexi Hobbs]

En juin 2016, le géant français des communications Havas annonce l'acquisition de l'agence de communication numérique montréalaise TP1. C'est l'aboutissement de plus d'un an de tractations, au cours desquelles RBC a joué le rôle de facilitateur.


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«C'était la première fois de ma vie, et peut-être la seule, que je procédais à la vente de ma propre entreprise. Je dois admettre que c'était stressant, donc il était crucial pour moi de compter sur un allié qui participe régulièrement à ce type de transactions», admet Jan-Nicolas Vanderveken, en se remémorant la vente de son agence TP1.


L'allié en question, c'est Mark-Anthony Serri, premier directeur général, fusion et acquisition de RBC. Il est aux côtés de M. Vanderveken tout au long du processus qui débute en 2015, lorsque Havas fait part de son intérêt à l'égard de TP1. À l'époque, Joe Blauer, l'autre associé de TP1, désire se retirer de l'entreprise pour des raisons personnelles. Les deux dirigeants sont donc en réflexion sur l'avenir de la PME. Sans être en tête de liste, l'hypothèse d'une vente fait partie des solutions envisagées.


Choisir le bon partenaire


D'autant plus que TP1 suscite passablement de convoitise. Depuis sa fondation en 2005, la firme connaît une belle croissance. Elle compte une quarantaine d'employés reconnus pour leur expertise en marketing, communications, technologies ouvertes et accessibilité Web. Elle a été l'une des premières à adapter la méthodologie agile au monde de la création et du marketing. Des projets menés pour Lassonde, Raymond Chabot Grant Thornton et autres Industrielle Alliance lui assurent une belle crédibilité.


C'est d'ailleurs pour faire suite à une demande d'intérêt de la part d'un acquéreur potentiel que Jan-Nicolas Vanderveken avait approché Mark-Anthony Serri une première fois en 2014.


«Nous avons d'abord établi un diagnostic de la situation de TP1, raconte ce dernier. Il fallait connaître les besoins des actionnaires, déterminer le plan de croissance, déterminer l'ensemble des options disponibles à court et moyen terme, pour ensuite sélectionner les meilleures solutions. L'acquéreur devait être un partenaire stratégique qui ferait progresser l'entreprise. Ses intentions et ses besoins devaient s'aligner sur ceux de TP1. C'était en grande partie mon rôle de reconnaître ces acquéreurs potentiels.»


C'était particulièrement important dans un contexte où il ne s'agissait pas d'un entrepreneur en fin de course, qui décide de vendre afin de se retirer. Jan-Nicolas Vanderveken souhaitait rester au sein de l'entreprise, ce qu'il a fait en devenant président d'Havas Canada. Il se souciait aussi de l'avenir de ses employés et de ses clients. Une bonne offre devait répondre à ces questionnements de façon satisfaisante.


Une transaction à structurer


L'offre d'Havas, au début de 2015, est considérée dès le départ comme une solution très sérieuse. Il faut dire qu'Havas est un véritable géant des communications. La société parisienne, fondée en 1835, emploie 18 000 personnes dans plus de 100 pays. Elle est présente au Québec depuis 1980. Sa filiale Havas Canada emploie plus de 200 personnes et compte notamment parmi ses clients Alimentation Couche-Tard, Groupe Jean Coutu, Home Hardware et Sun Life.


Les besoins des deux partenaires paraissent rapidement complémentaires. TP1 souhaite augmenter ses capacités sur le plan créatif, la spécialité d'Havas, alors que cette dernière souhaite développer davantage son expertise numérique.


«Nous avons discuté avec les gens du bureau d'Havas à Montréal et Toronto, mais aussi avec ceux de New York et avec le pdg Yannick Bolloré à Paris, raconte Jan-Nicolas Vanderveken. Le mot entrepreneuriat revenait souvent. Havas valorise l'entrepreneuriat, la prise de décision et l'atteinte de résultats. Ça me rejoignait beaucoup. Cela m'a convaincu qu'il y avait une chimie potentielle entre nous.»


Les négociations s'accélèrent. C'est le moment pour Mark-Anthony Serri de plonger dans les chiffres avec son client. «Il faut valoriser la compagnie, et aussi la fusion, dit-il. La structure de la transaction doit refléter les résultats de ces calculs. Pour cela, je dois communiquer efficacement les positions de négociation de mon client dans les discussions.»


«La contribution de Mark-Anthony a gardé les discussions à un niveau d'affaires, dit Jan-Nicolas Vanderveken. Nous ne nous perdions pas dans de volumineux documents d'avocats ou de fiscalistes. En fait, ces derniers sont intervenus au moment où nous avions déjà signé une entente d'affaires claire.»


Pas moins de six mois se sont écoulés entre la poignée de main scellant cette entente et l'annonce de la transaction. Entre-temps, de multiples autres professionnels en ont vérifié et contre-vérifié tous les aspects. Pourtant, au bout du compte, très peu de changements ont été apportés à l'accord initial, signe que les discussions ont été bien menées.


De son expérience, Jan-Nicolas Vanderveken conserve une idée forte : les entrepreneurs devraient toujours gérer leur entreprise comme si elle allait être vendue prochainement. «Il faut continuellement avoir en tête la valorisation de l'entreprise, notamment en contrôlant ses coûts, croit-il. À 29 ans, quand j'ai fondé TP1, je ne croyais pas que je vendrais 10 ans plus tard. Mieux vaut se préparer tôt à cette éventualité.»


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Le montant de la transaction n'a pas été précisé.

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