COP21 : Fixer un prix universel pour le carbone

Publié le 11/12/2015 à 10:36

COP21 : Fixer un prix universel pour le carbone

Publié le 11/12/2015 à 10:36

Pour les participants québécois à la COP21, fixer un prix au carbone représente un enjeu essentiel pour le développement de cette économie et la réduction des émissions de GES.


L’envoyée spéciale pour la lutte contre les changements climatiques de la World Bank Group, Rachel Kyte, l’annonçait cette semaine : « Mettre un prix sur le carbone n’est pas la seule chose, mais représente un élément nécessaire ».


C’est un des enjeux importants de l’accord de Paris. Initialement prévue pour ce vendredi, la signature de l’accord a été repoussée à samedi matin par le ministre français des Affaires étrangères et président de la COP21, Laurent Fabius.


Au Québec, un système de plafonnement et d'échange des émissions (SPEDE) a été lancé en 2013 à l'intention des entreprises des secteurs de l’industrie et de l’électricité qui émettent à partir de 25 000 tonnes d’équivalents CO2 par année. Ses revenus sont reversés au Fond Vert et réinvestis dans un plan d’action contre les changements climatiques.


Aujourd’hui, il est couplé avec la Californie, ainsi qu’avec d’autres provinces canadiennes comme l'Ontario, et plus récemment, le Manitoba, qui vient d’annoncer sa participation à ce système lors de la COP21.


« C’est un bon signal, cela prouve que mettre un prix sur le carbone devient la norme », estime Jean Nolet, directeur général de la Coop Carbone. Quelques jours avant la fin des négociations, SWITCH, un regroupement de gens d’affaires et d’environnementalistes, a publié un rapport qui enjoint les gouvernements d’étendre le marché du carbone à l’international en se dotant de règles de fonctionnement harmonisées.


Il existe en effet pas moins de 17 systèmes de plafonnement et d’échange de droits d’émissions à travers 35 pays. Même la Chine s’y est mise : après avoir lancé 7 expérimentations de marché du carbone à travers le pays, elle a annoncé son intention de lancer un marché national à compter de 2017.


Une taxe ou un marché ?


Certains groupes environnementalistes ont fait connaître leurs doutes face à la mise en place de « droits à polluer ». Des représentants du Vénézuela, notamment, s’inquiètent de la stratégie des pays riches qui pourraient tout simplement acheter leurs droits à polluer. Les acteurs du marché parlent au contraire d’une solution qui encouragerait la réduction des émissions.


« Il s’agit d’un mécanisme de flexibilité aidant les états à prendre des engagements. Le Canada peut par exemple obliger les entreprises canadiennes du secteur des hydrocarbures à se procurer des droits d’émissions : cela deviendrait ainsi la décision de l’entreprise de poursuivre ou non son activité ou d’acheter des droits d’émissions », estime M. Nolet.


Pour Guy Drouin, président de Biothermica, mettre un prix sur le carbone revient à affirmer qu’il s’agit d’une ressource rare en donnant un prix au mètre cube d’air. Pour autant, doit-on le faire via le marché du carbone ou une taxe carbone, comme c’est le cas en Colombie-Britannique ?


Pour Jean Nolet, le plus important est de mettre un prix sur le carbone pour engendrer une modification de comportement. « Nous avons toutefois une préférence pour le marché, car il permet d’atteindre des cibles à travers la mise en place d’un système de quotas, tandis que la taxe a un coût mais ne fixe pas de résultat à atteindre », estime-t-il.


Le ministre québécois de l’environnement, David Heurtel, soutient également cette option, rappelant à Paris que le Québec avait commencé par un prix faible à la tonne, avant de l’augmenter graduellement.


Vers des engagements clairs ?


Désormais, le principal enjeu pour les acteurs économiques est de savoir si la COP21 se traduira par des engagements clairs vis-à-vis de la tarification du carbone.


« En raison des gestes qui commencent à être posés par les provinces, les entreprises sont de plus en plus désireuses de se prémunir contre un prix du carbone élevé, en investissant dans des projets de réduction des GES ou en achetant des droits d’émissions. On constate tellement d’intérêt que les prix vont à la hausse», affirme M. Nolet, qui défend la fixation d’un prix du carbone universel.


« On sait que les gaz à effet de serre ont le même impact sur le climat quelque soit l’endroit où ils sont émis : la réduction peut donc être faite à travers des mécanismes à l’international », précise-t-il.


Le président de Biothermica a d’ailleurs envoyé une lettre en ce sens au premier ministre québécois afin de demander des engagements clairs : « Nous demandons un accord pérenne dans le temps, car c’est le manque de clarté dans le protocole de Kyoto qui a créé l’effondrement du marché du carbone ».


Guy Drouin soutient l’idée de la création d’un prix plancher comme c’est le cas au Québec et en Californie. « Nous attendons une reconnaissance du marché du carbone comme étant un mécanisme important, mais nous ne savons pas si cela fera partie du texte final », déclarait-il. Aux dernières nouvelles, la mention d’une tarification du carbone était encore mentionnée dans la dernière version de l’accord.


 


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