Des commerces qui ont le goût du design

Offert par Les Affaires


Édition du 16 Mai 2015

Des commerces qui ont le goût du design

Offert par Les Affaires


Édition du 16 Mai 2015

slide-image

Les 20 lauréats du concours Commerce Design Montréal 2015

Découvrez dans ce diaporama les 20 lauréats du concours Commerce Design Montréal 2015!

Les 20 lauréats du concours Commerce Design Montréal 2015
slide-image

Pizzeria no 900 : Elle donne le goût de manger

Aménagée dans un étroit local en plein cœur d’Outremont, la Pizzeria no 900 fait un malheur depuis son ouverture en août 2014. Ce commerce, où la céramique blanche, les boiseries et les dorures séduisent instantanément le regard, a réinventé la pizzéria de quartier.

« Les vendredis soirs, on vend plus de pizzas que la plupart des restaurants-pizzérias à 200 places », signale Alexandre Brunet, proprio de ce resto à 22 places. Il précise que la livraison et les repas pour emporter comptent pour près de 50 % de ses revenus. 

Dès le départ, l’intention d’Alexandre Brunet était claire : créer un « effet wow » sur tous les plans. « Je souhaitais que la clientèle en ait plein la vue, plein la bouche et que le montant total de la facture les surprenne davantage », dit-il.

Pour le créateur des pizzas Stromboli (aujourd’hui propriété de Plaisirs Gastronomiques), l’importance de choisir un design approprié n’a jamais fait de doute. En commerce, dit-il, le « beau » est de mise. Il faut toutefois savoir choisir les bons éléments.

Si le blanc, le jaune et le doré sont omniprésents dans ce corridor de 600 pi², c’est que ce sont des couleurs qui donnent le goût de manger, explique M. Brunet.

Alexandre Brunet reconnaît que ce concept de pizzéria signé par la firme de designers Blazys Gérard coûte plus cher du pied carré. Jusqu’à deux, voire trois fois plus qu’une pizzéria conventionnelle, souligne-t-il. « En même temps, les gens qui viennent manger ou chercher leur pizza au comptoir ont, au premier coup d’œil, la certitude d’acheter un produit de qualité. » — CLAUDINE HÉBERT

©Jean Longpré

Pizzeria no 900 : Elle donne le goût de manger
slide-image

Mylène B : Quand le designer frappe à la porte

Depuis que la boutique Mylène B a quitté la rue Castelneau pour le boulevard Saint-Laurent en 2013, non seulement l’achalandage a grimpé, mais le chiffre d’affaires de l’entreprise a augmenté de près de 40%. La nouvelle localisation contribue, certes, au rayonnement de la boutique. Mais jamais autant que le nouveau design épuré qui met en valeur les créations vestimentaires de Mylène Bélair fabriquées dans son atelier. Les portants en acier brut et les blocs de modules en fibrociment donnent littéralement la vedette aux vêtements. «Je vends beaucoup plus facilement mes robes, mes manteaux et mes vestons aujourd’hui que dans mon ancien local», reconnaît Mme Bélair.

La nouvelle signature de la boutique revient à la firme de design Nature Humaine, et plus particulièrement à son cofondateur Marc-André Plasse. Ce dernier s’était présenté, il y a quatre ans, à l’ancienne boutique de Mylène Bélair et lui avait laissé sa carte professionnelle. «Il m’avait dit avoir des idées pour valoriser davantage mes collections, et de l’appeler si l’occasion se présentait», rapporte la créatrice de vêtements.

Quand Mylène Bélair a dû déménager dans un nouveau local plus grand, elle a communiqué avec lui. Même si le designer Plasse avait quitté Montréal pour New York, il a accepté de collaborer à distance. «Je craignais que ce service-conseil me coûte un peu cher. Je savais toutefois qu’en faisant affaire avec un professionnel, je gagnerais du temps dans l’aménagement de l’espace. Étonnamment, mon mobilier fait sur mesure m’a coûté moins cher que si j’avais acheté du mobilier régulier.» — Claudine Hébert

©Adrien Williams

Mylène B : Quand le designer frappe à la porte
slide-image

Kyozon : Le néo asiatique sans cliché

S’il en est un convaincu du rôle que le design joue dans le succès d’un commerce, c’est bien Brian Bendix, un des trois actionnaires du restaurant néo-asiatique Kyozon, rue Crescent.

«Bien qu’il soit difficile d’évaluer le réel impact de notre décor depuis l’ouverture en septembre 2014, j’ai la conviction que notre choix de design contribue à augmenter notre achalandage d’au moins 25%, voire 40%», soutient M. Bendix, président et directeur général de Ville-Marie Collection, une entreprise montréalaise spécialisée dans le développement de restaurants. L’entreprise possède entre autres L’Atelier d’Argentine, Weinstein & Gavino’s et le Decca 77.

Occupant les anciens locaux du restaurant Hard Rock Café, le Kyozon affiche une allure «casual industrielle» où l’acier, le bois, les murs de briques rouges et l’éclairage tamisé donnent le ton. «Je voulais conserver le look vintage de l’immeuble tout en y ajoutant des éléments de décor aux références asiatiques, et ce, sans, pour autant, tomber dans le cliché», indique M. Bendix qui a vécu au Japon au début des années 1990.

Par exemple, à l’étage, on retrouve un kaiten, un tapis roulant sur lequel défilent des sushis. Il s’agit d’une invention japonaise créée dans les années 1950 pour maximiser le service des créations de poisson cru et de riz. La surface du bar central et celle des tables sont, pour leurs parts, composées de bois récupéré provenant d’une vieille allée de quilles et d’une grange centenaire. Et les marches d’escalier sont en bois de cacao.

Pour habiller le restaurant qui peut accueillir jusqu’à 300 personnes, Brian Bendix a fait appel au designer Andres Escobar qui avait déjà travaillé sur le concept du Weinstein and Gavino’s. «Il n’était pas question d’avoir un look sophistiqué. On voulait recréer un environnement confortable et accessible à toutes les générations. Et on a réussi», conclut M. Bendix. — Claudine Hébert

©Nick Shapiro

Kyozon : Le néo asiatique sans cliché
slide-image

Ramacieri Soligo : Le magasinage de la céramique réinventé

Depuis qu’il a pris les commandes de l’entreprise familiale il y a 11 ans, Gianni Ramacieri fait du décor de sa boutique l’élément numéro un pour vendre davantage de céramique et d’articles de plomberie. Et ça fonctionne.

« Le chiffre d’affaires a presque quintuplé depuis la modernisation de la boutique en 2004. Et ça se poursuit avec la nouvelle et cinquième salle d’exposition que nous avons terminée en 2013 », rapporte fièrement le propriétaire Gianni Ramacieri.

Signé par l’architecte Alain Carle – qui collabore avec Ramacieri Soligo depuis 2004 – le design de la nouvelle pièce occupe l’ancien entrepôt de l’entreprise. Tout en préservant les éléments bruts de l’espace – notamment les tuyaux au plafond et la porte de garage –, l’architecte a joué avec les nuances de blanc et de noir pour mettre en vedette la céramique et la plomberie.

Pour Gianni Ramacieri, troisième génération de l’entreprise créée en 1967, acheter de la céramique et des articles de plomberie ne doit pas constituer une corvée. Ce doit être une expérience agréable. « Même si on occupe un espace de plus de 14 500 pi², on ne veut pas que le client ait l’impression de magasiner dans un commerce de grande surface. On veut qu’il se sente bien entouré, qu’il se sente comme un membre de notre famille », insiste le commerçant de l’avenue Querbes dans Outremont.

En fait, conclut-il, le design de la boutique a rendu chaleureux des accessoires qui, à la base, dégagent une certaine froideur. — CLAUDINE HÉBERT

©Adrien Williams

Ramacieri Soligo : Le magasinage de la céramique réinventé
slide-image

Manitoba : La forêt dans l’assiette

Il n’y a pas que la cuisine sauvage d’inspiration autochtone du restaurant Manitoba qui séduit les clients. Son design singulier en fait autant. « Pour preuve, l’été dernier, les clients ont boudé la terrasse pour manger à l’intérieur », constate la copropriétaire Élizabeth Cardin, écologiste de formation.  

Pour la petite histoire, Élizabeth Cardin visitait au printemps 2013 des amis à l’Emporium Barber Shop, sur la rue Saint-Zotique lorsqu’elle a découvert par hasard cette ancienne « shop de bois » du Mile-Ex qui était à louer. Ce fut le coup de foudre.

« Il ne me restait qu’à trouver un partenaire d’affaires et un designer pour habiller ce bloc de béton », rapporte la commerçante de 31 ans. Deux rôles qu’a accepté de camper Simon Cantin, copropriétaire de La Firme, lui aussi tombé sous le charme du bâtiment.

Comme il s’agissait d’un lieu industriel, il fallait refaire l’électricité et la plomberie et installer une entrée pour le gaz. De grosses dépenses qui ont influencé le choix de design. Il fallait, certes, donner une signature au restaurant. Mais pas question d’y engloutir des sommes astronomiques.

Résultat : le décor, qui rend hommage à la forêt, est largement constitué d’accessoires récupérés et recyclés. Une grande partie du mobilier a été achetée sur Kijiji. Le plafond est composé de retailles de bois provenant d’une scierie. Même le plancher de béton porte encore les marques de peinture de son ancienne vie…« On ne voulait pas que le client paie pour la vaisselle et le mobilier. On voulait qu’il paie pour une expérience culinaire, une assiette généreuse. Et c’est ce qu’on offre », rapporte Élizabeth Cardin. — CLAUDINE HÉBERT

Ulysse Lemerise

Manitoba : La forêt dans l’assiette
slide-image

Le Rosemont : Un renouvellement de produit réussi

Comment renouveler l’image d’un pub de quartier qui perd de la clientèle au lieu d’en gagner ? On appelle un designer expérimenté à la rescousse.

En 2012, les frères Stéphane et Christian Lévesque, propriétaires du pub Le Rosemont, ont contacté le designer Zébulon Perron pour qu’il les aide à revoir la signature intérieure du commerce. Ouverte en 1984, cette « institution » du quartier perdait de son lustre face à la compétition environnante.

Exit les machines de loterie, les vieilles chaises et tables de bar. Les proprios ont opté pour une nouvelle ambiance plus chaleureuse. Désormais, les boiseries – du bois provenant de l’Indonésie –, les banquettes de cuir blanc et l’éclairage reflété sur de grosses pièces cuivre enveloppent l’espace. Petit clin d’œil au passé manufacturier montréalais, les bancs du bar sont d’anciennes chaises de couturière. Même la terrasse a été redessinée. Et l’établissement offre maintenant un service de restauration. 

Bien qu’il souhaitait un lifting complet, Stéphane Lévesque tenait tout de même à conserver certains éléments vintage du pub, qui a également servi de taverne dans les années 1950 à 1980. Le vieux réfrigérateur à bière est ainsi devenu le cellier du restaurant. On a aussi conservé les pieds de table. — CLAUDINE HÉBERT

©Amielle Clouâtre

Le Rosemont : Un renouvellement de produit réussi
slide-image

Voir le design comme le quatrième as

Ça faisait déjà plus de trois ans que le local tout béton accueillant aujourd’hui le bar Furco, de la rue Mayor, était vacant. En y mettant les pieds en 2012, le groupe de six actionnaires, dont fait partie le designer Zébulon Perron, a vu instantanément un lieu parfait pour recréer un bar de style berlinois.

« On ne voulait surtout pas toucher à la structure de béton. On adorait le look industriel de cet ancien commerce de fourrures », soulève Éric Bélanger, un des six copropriétaires. 

Éric Bélanger, qui est également copropriétaire du Café Parvis et de la Buvette chez Simone, estime que le souci d’un bon design fait majorer d’au moins 25% de plus la facture de démarrage d’un commerce. Près de 80% du mobilier du bar est d’ailleurs fait sur mesure.

Même s’il ne peut en mesurer l’impact économique, cet investissement est incontournable, insiste-t-il. « Le secteur bar et restauration à Montréal est extrêmement compétitif. Actuellement, c’est comme une partie de poker. Mieux vaut avoir quatre as dans sa main. Outre le service à clientèle, l’administration et la localisation, ça prend également un design approprié pour avoir les meilleures chances de réussite », explique l’actionnaire Bélanger.

De plus, Éric Bélanger est convaincu que le design constitue un outil de marketing majeur. «Nous faisons très peu de promotion sur le web ou autres médias pour le bar. À lui seul, le décor sert d’élément d’attraction. »

Voir le design comme le quatrième as
slide-image

Cuisines Steam : En un seul coup d’œil

Quand on se spécialise dans la fabrication de concept de cuisines depuis 15 ans, on est doublement conscient que le design de la boutique est indissociable du succès du produit. « C’est sûr que l’on croit au design, on en vend  !» soulève Brigitte Boulanger, cofondatrice de Cuisines Steam et directrice du design de l’entreprise. 

 L’entreprise, qui a emménagé en novembre 2014 sur le boulevard Saint-Laurent, dans un local trois fois plus grand que son ancien espace de la rue Dante, souhaitait que le consommateur puisse apprécier plusieurs de ses créations en un seul coup d’œil. « On ne voulait pas qu’il ait à circuler à travers des cubicules, un aménagement fréquent dans ce type de commerce », explique la designer.

Elle a plutôt privilégié un design qui permet d’apprécier l’harmonie entre diverses cuisines, comme s’il s’agissait de plusieurs pièces d’une même maison. Certains espaces sont cloisonnés de panneaux de verre pour servir de bureaux de vente. Les discussions avec les clients n’empêchent donc pas les autres consommateurs de voir le produit.

L’impact de cette formule a été instantané. L’achalandage de la boutique a triplé et les ventes de l’année 2015 s’annoncent à la hausse. «Les gens apprécient tellement le nouvel environnement intimiste de la boutique qu’ils s’attardent volontiers », remarque Brigitte Boulanger. Les copropriétaires de Cuisines Steam songent déjà à créer une 2e salle d’exposition à l’étage. — CLAUDINE HÉBERT

Mario Dubreuil

Cuisines Steam : En un seul coup d’œil
slide-image

Mesón : Investir dans sa signature espagnole

Charpente en bois au plafond, mur de parqueterie, bar formé d’une balustrade noire, plancher de béton, cuisine ouverte… Le groupe Tapeo a mis le paquet pour réaliser le concept ibérique du restaurant Mesón (qui veut dire auberge en catalan).

« On n’avait pas vraiment le choix », concède Victor Afonso, copropriétaire du groupe Tapeo. « Il y a dix ans, dit-il, on pouvait lancer un restaurant sans trop avoir à se soucier du design lié à l’image du commerce. Aujourd’hui, oubliez ça ! Le choix de design permet d’affirmer sa marque en restauration. Il y a tellement de bons chefs de talent à Montréal que le design devient l’un des rares moyens de se démarquer de ses concurrents », ajoute-t-il.

 Il a eu recours au service de la firme de design Surface 3 pour l’aménagement du resto Mesón, ouvert en 2014 dans le quartier Villeray. Ce projet a coûté au bas mot cinq fois plus cher que le premier restaurant du groupe, Tapeo, ouvert il y a 11 ans. D’ailleurs, précise Victor Afonso, l’agrandissement et les rénovations du Tapeo, effectuées en 2009 par Surface 3, ont coûté cinq fois plus cher que l’investissement initial. « Le choix de décor est devenu essentiel. C’est un des principaux éléments de publicité pour les commerces. Et les clients créent des attentes. Chaque fois, ils en veulent plus. » — CLAUDINE HÉBERT

Surface3

Mesón : Investir dans sa signature espagnole
slide-image

Au Pain Doré : Tout de noir et de bois clair

Pour rénover sa succursale du quartier Côte-des-Neiges, Au Pain Doré a choisi une firme d’architectes qui avait fait peu de commercial et beaucoup de résidentiel. « Nous voulions quelque chose de très chaleureux et de très simple », lance d’emblée Christine Verneuil, directrice des opérations des boutiques de la chaîne de boulangeries. Pour transformer le long local étroit, la firme Nature humaine architecture & design l’a habillé de noir et de bois clair et a transformé le plafond en véritable œuvre d’art. « Oui, nous sommes une chaîne, mais il est important de rejoindre le client dans son environnement. De donner à chaque boutique une personnalité qui lui est propre. Chaque jour, nous recevons de la visite », poursuit Mme Verneuil.  

Terminées il y a moins d’un an, les rénovations marquent un changement de garde pour Au Pain Doré. Sous peu, les succursales du centre-ville et du marché Jean-Talon subiront aussi une cure de rajeunissement. Et les deux boutiques auront une allure complètement différente de celle de Côte-des-Neiges. « Le produit et le service sont importants, mais le design, l’atmosphère, l’est aussi. » 

La transformation porte ses fruits. Déjà, on remarque une hausse de l’achalandage dans la partie café, qui a été ajoutée à l’avant du commerce. « Nous avons davantage de places assises et l’environnement est plus attrayant, donc les gens restent plus longtemps et consomment plus », souligne Mme Verneuil. La chaîne souhaite que l’intervention parvienne à encourager les autres commerçants du chemin de la Côte-des-Neiges à redynamiser le secteur. — VINCENT FORTIER

Au Pain Doré : Tout de noir et de bois clair
slide-image

Bar Big in Japan : Transmettre une émotion

S’il y a un bar qui a compris l’importance du design pour faire parler de lui, c’est bien le Big in Japan, petit cousin du restaurant du même nom sis plus bas, sur la Main. Les propriétaires avaient fait bien peu de bruit en ouvrant ce repaire quasi secret du Plateau, il y a trois ans. Puis, le bouche-à-oreille a fonctionné. Les Montréalais ont craqué pour son ambiance qui rappelle une autre époque. Trois ans plus tard, l’endroit apparaît sur presque toutes les listes de blogueurs dévoilant les plus beaux débits de boisson de la métropole. On s’y rend aussi bien pour déguster un saké que pour admirer le lieu éclairé par une centaine de bougies.

« Le design, c’est important pour transmettre une émotion au client », croit le propriétaire André Nguyen, qui a confié l’élaboration de l’allure de son bar et de son restaurant au Cabinet Braun-Braën, aussi derrière les décors du Pastaga, du Pullman et du Club chasse et pêche. « Tous les éléments du design, des murs aux uniformes des employés en passant par le mobilier, sont là pour renforcer l’image de marque. »

En poussant le rideau à l’entrée, le visiteur est catapulté dans un bar à cocktail des années 1950. M. Nguyen souhaitait un environnement chaleureux et intime, sophistiqué et feutré. Un endroit où l’on se sente bien et où l’on ait envie de revenir. À entendre le niveau de décibels en fin de soirée, il peut dire mission accomplie ! — VINCENT FORTIER

Bar Big in Japan : Transmettre une émotion
slide-image

Boulangerie Guillaume : De l’acier brut pour la mie

Guillaume Vaillant est le premier à l’avouer : il a toujours été dans la marge. Trouvant qu’aucune boulangerie de Montréal n’était à son image, il a ouvert la sienne, dans le Mile-End. « Je voulais sortir de l’image de la boulangerie traditionnelle – osier, bois, carrelage », explique le jeune homme aux nombreux tatouages, vêtu de noir, une couleur qui domine le décor de son commerce. Avec l’aide de l’architecte et designer Laurent McComber, il a choisi l’acier brut comme matériau principal, afin de rappeler le passé industriel du quartier où il s’est installé. 

«Je n’aurais pas ouvert une boulangerie du genre à Saint-Sauveur ! lance le jeune entrepreneur. Ici, c’est urbain, c’est dense, alors ça fonctionne. M. Vaillant a étudié chaque petit détail dans son design, afin que les passants voient, de la rue, ses produits, mais surtout le travail de son équipe, qui pétrit et cuit le pain sur place.

« Le design est hyper important pour moi, raconte le boulanger. Nous avons d’excellents produits, mais il y en de bons ailleurs. Je veux faire vivre une expérience au client. Ici, on entre dans un fournil et non dans une boulangerie. »

Selon les dires de M. Vaillant, dont les produits s’envolent littéralement comme des petits pains chauds, l’attention portée au design aide à attirer des clients. « En semaine, les gens du quartier prennent leur pause ici et, la fin de semaine, on devient un commerce de destination, pour les gens des autres quartiers et de l’extérieur de la ville. » — VINCENT FORTIER

©Steve Montpetit

Boulangerie Guillaume : De l’acier brut pour la mie
slide-image

Cahier d’exercices : Chic et indémodable

Laura Guandiano est une passionnée de design et d’architecture. Quand elle est tombée sur le local du Vieux-Montréal qui est devenu sa boutique il y a quatre ans, elle a tout de suite vu le potentiel de cette ancienne usine de fourrure transformée en appartement. L’un des architectes les plus applaudis du Québec, Gilles Saucier de la firme Saucier + Perrotte, dont Mme Guandiano est une grande fan, accepte alors de réaliser le design de sa boutique mode haut de gamme, baptisée Cahier d’exercices. « C’était le seul choix possible pour moi », se rappelle la propriétaire.

En conservant les murs de pierre et en amplifiant le volume de l’espace, l’architecte a matérialisé la vision de la commerçante, qui croit que le design est un élément essentiel au succès d’une boutique comme la sienne. « C’est vrai dans n’importe quel domaine à mon avis, mais encore plus dans le domaine de la mode, explique-t-elle. Quand on dépense un certain montant sur un vêtement, ça prend le décor qui va avec. En mode, et particulièrement dans le haut de gamme, la clientèle recherche un confort et un certain luxe. Le design peut apporter ça. »

Ce décor, Mme Guandiano l’a souhaité chic et indémodable. « Le blanc et le noir ne se démodent pas, souligne-t-elle. Demain, on n’aura pas à tout changer et, surtout, il y a beaucoup de couleurs dans les pièces qu’on vend. C’est important d’avoir un espace neutre qui laisse parler les vêtements et les accessoires comme des œuvres d’art. » — VINCENT FORTIER

©Marc Cramer

Cahier d’exercices : Chic et indémodable
slide-image

Galerie LeRoyer : 50 nuances de blanc

Dans le monde des galeries d’art, il faut rester à la page. En 20 ans de carrière dans le domaine, Brian Brisson l’a bien compris. Il y a six mois, il a donné à sa galerie LeRoyer du Vieux-Montréal une petite sœur en plein cœur du centre-ville. L’espace immense impressionne. Un escalier aux rampes de verre se dépose au milieu du grand local, blanc et épuré. 

« Quand on regarde les différents tons de blancs, il y en a qui sont à la mode et d’autres non ! ironise à peine le propriétaire. Il faut demeurer à l’avant-garde. » Et pour ce faire, il faut y mettre le prix. « Le décor épuré, minimaliste, ça n’a l’air de rien, mais c’est parfois ce qui coûte le plus cher », ajoute le galeriste.

M. Brisson se désole de voir des galeries d’art qui perdent leur impulsion et qui finissent par mourir, puisqu’elles n’investissent pas dans leur image. Cela dit, il tient à mettre les choses au clair : le design d’une galerie aide à vendre des œuvres d’art… mais pas tant. Le design doit d’abord servir à mettre les œuvres d’art en valeur. 

Pour la vocation événementielle de sa galerie du centre-ville, toutefois, le design, c’est primordial. « Dès qu’on l’a ouvert, l’espace a charmé les gens d’affaires. » La galerie – dans laquelle on pourrait faire entrer un éléphant, au dire de M. Brisson – a déjà accueilli le party de Noël de l’agence Cossette, un cocktail pour l’entreprise Telesystem et le Wonder Ball de la Fondation du centre hospitalier St. Mary’s. — VINCENT FORTIER

©Stéphane Brügger

Galerie LeRoyer : 50 nuances de blanc
slide-image

Impasto : Un trésor sous nos pieds

Une des premières choses qu’on remarque en poussant la porte du Impasto, dans la Petite-Italie, c’est le plancher de terrazzo vert sous nos pieds. En investissant le local de la rue Dante, le chef et propriétaire Stefano Faita ne voulait surtout pas toucher à ce trésor, qu’on ne retrouve plus dans les nouvelles constructions. Le design de son premier restaurant, ouvert il y a deux ans, a été conçu autour de ce plancher.

«Je voulais un espace intemporel, pas trop moderne, mettant de l’avant les matériaux anciens de l’Italie comme le marbre, le bois, le cuir, raconte M. Faita. Après avoir visité plusieurs restaurants sombres, je voulais surtout quelque chose d’éclairé.» Le proprio et son partenaire Michele Forgione ont travaillé avec le prolifique designer Zébulon Perron, qui a aussi signé le décor du Gemma, la pizzéria voisine aussi tenue par Stefano Faita.

Si M. Faita s’est laissé prendre au jeu du design, il n’en demeure pas moins que cet aspect vient bien après la nourriture et le service sur sa liste de priorités. «Il n’y a rien de plus important que ce qui est dans l’assiette, souligne-t-il. Quand on me parle d’Impasto, c’est surtout pour ce qu’on y sert et pour le service courtois.» 

Le restaurateur est toutefois conscient que son Impasto contribue à attirer une nouvelle clientèle dans la Petite-Italie, qu’il aime tant. «Nous sommes ici pour rendre notre ville plus belle, dit-il. Nous avons besoin de beaux et bons commerces pour amener de la fraicheur au quartier.»

©Amielle Clouâtre

Impasto : Un trésor sous nos pieds
slide-image

La Maison Simons : Art de rue et tricot-graffiti

On n’a pas l’habitude de voir un magasin grande surface figurer dans des palmarès de design. Mais pour la famille Simons, la mode, l’art et l’architecture occupent une place bien importante. 

« Quand Peter et Richard Simons [les patrons de l’entreprise de Québec] sont dans un musée ou une galerie, ils sont émerveillés et souhaitent partager leur passion avec leurs clients », explique Julie Bélanger, directrice des projets spéciaux à la Maison Simons, qui a supervisé le design de la boutique des Galeries d’Anjou. 

Pour se démarquer, Simons mise donc beaucoup sur l’aménagement de ses succursales. « Les clients sont sollicités de toute part. Nous croyons que l’environnement de magasinage joue pour beaucoup, dit Mme Bélanger. Simons veut donc offrir un traitement de boutique sur une grande surface, peu importe si le client achète un chandail à 9,99 $ ou un veston à 1 000 $. »

À Anjou, la chaîne a opté pour un fil conducteur blanc et neutre afin de pouvoir créer des espaces propres à chaque département. Des œuvres d’art de rue et de tricot-graffiti colorent ainsi la section pour ados alors qu’un vert tendre et des imprimés de fleurs habillent les murs et les cabines d’essayage de celle pour la femme moderne. Le tout vise à séduire les différents segments de marché. 

« On sent qu’on est chez Simons, mais c’est important que chaque magasin ait sa touche bien à lui et que chacune de nos sous-marques soit bien identifiée, explique Mme Bélanger. »

àL’aménagement a été confié aux firmes LemayMichaud architecture design et à Figure3.  — VINCENT FORTIER

©Marc Cramer

La Maison Simons : Art de rue et tricot-graffiti
slide-image

Le Balconier : Balcons urbains

Une boutique pour trouver des meubles et des accessoires design spécifiquement adaptés aux balcons urbains, on ne trouve pas ça à tous les coins de rue  ! Le propriétaire du Balconier Réjean Laprise a dû être créatif quand est venu le temps d’aménager son commerce du Plateau Mont-Royal d’une superficie de 1 700 pieds carrés. 

« C’est une petite boutique, si on compare avec les magasins de meubles de jardin qu’on retrouve souvent en banlieue, fait remarquer M. Laprise, qui a ouvert il y a deux ans le tout premier commerce de sa vie. C’est mon projet de préretraite ! »

Avec six répliques de balcons sur le plancher, chaque pied carré est compté, explique, installé sur l’un de ces faux balcons, celui qui travaillait avant dans le domaine des sciences. On a donc conservé un canevas sobre – plancher noir, murs verts, meubles en bois – pour mettre en valeur les objets de design vendus. 

« Je voyais vraiment le design comme quelque chose d’important, d’autant plus que je m’installais sur le Plateau, en plein cœur de la ville, explique M. Laprise qui a travaillé avec la firme Lafontaine Langford architectes. Les clients nous demandent souvent si nous sommes une chaine européenne. Ça me confirme que nous proposons quelque chose de différent. »

Aujourd’hui, grâce au bouche-à-oreille et à de nombreuses mentions dans les magazines de décoration, 30 % de la clientèle du Balconnier vient de l’extérieur de l’île. « Je m’adresse aux gens qui aiment le design. Avant, tout ce qu’on vendait pour le balcon était tropical ou campagnard. Aujourd’hui, on mise sur ce qui est design. » — VINCENT FORTIER

©Réjean Laprise

Le Balconier : Balcons urbains
slide-image

Mimi la Nuit : Fringale nocturne

Jeff Stinco croit qu’un bon design est essentiel pour un restaurant. « Ça fait des années que je voyage un peu partout, raconte le membre du groupe Simple Plan. Mes meilleures expériences culinaires ont eu lieu dans des endroits beaux, chaleureux, qu’ils soient tout simples ou plus raffinés. » 

« Quand on quitte la maison, on veut vivre une expérience, poursuit-il, à l’autre bout du fil, depuis la Californie. On veut être surpris par ce qu’il y a dans l’assiette, mais aussi par le décor, l’ambiance. Aujourd’hui, un restaurateur ne peut plus faire fi de cet aspect-là, surtout depuis que des designers comme Zébulon Perron et Bruno Braën ont magnifiquement transformé des restaurants et des bars de la métropole. » 

Dans le Vieux-Montréal, son Mimi la Nuit, une conception de La Firme,  a donné une touche de modernité à un bâtiment historique qui a déjà abrité un repaire pour marin, un music-hall et une usine de pianoforte. De longs comptoirs de bois se marient à la pierre des murs et aux accents noirs de cet espace qui donne aussi sur la rue de la Commune. « J’aime qu’une buvette soit sombre, mais je tenais à ce que les gens voient ce qu’ils mangent ! » précise le musicien-entrepreneur. 

« Certains préfèrent faire simple et utiliser le marketing traditionnel pour faire parler de leurs établissements. Je viens d’une autre école, dit M. Stinco. Je crois que l’environnement, le décor d’un lieu, c’est une forme de marketing. Si c’est original et que c’est bien fait, les gens en parleront et on attirera la clientèle. » — VINCENT FORTIER

©Dominic Gouin

Mimi la Nuit : Fringale nocturne
slide-image

Privé par David d’Amours : Esprit de boudoir

David d’Amours aime dire que le secteur du Vieux-Montréal où il a ouvert son salon de coiffure Privé est un peu comme le quartier SoHo, à New York. Pas étonnant, donc, qu’il ait voulu mettre le paquet quand est venu le temps d’aménager le sous-sol d’un bâtiment historique de la rue Saint-Paul. Comme le nom de son commerce l’indique, le coiffeur souhaitait offrir à ses clients – dont quelques vedettes – une expérience intimiste, qui recrée l’esprit de boudoir de coiffure des années 1960 tout en demeurant moderne.

« Le design occupe une place primordiale en 2015, explique le propriétaire qui a confié l’aménagement de son salon à Alexandre Blazys et Benoit Gérard de la firme blazysgérard. Les gens payent pour une expérience. On peut passer trois heures ici, alors c’est important d’offrir un espace relaxant, mais aussi branché, afin d’optimiser l’expérience du client. Si on se sent bien, on a le goût de revenir. La priorité de ma clientèle demeure de sortir d’ici avec une belle tête. Mais le design de l’endroit apporte certainement une plus-value. » Pour le coiffeur de Marie-Mai, le design n’est pas là que pour le client, mais aussi pour l’équipe, qui a davantage le « goût de se dépasser et de créer dans un espace stimulant ». 

Le design permet aussi de faire rêver. « Je voulais sentir que je pouvais prendre mon salon et le déménager dans une grande capitale comme Londres, Paris ou New York, explique M. D’Amours. Mais tout en demeurant accessible. Après tout, on ne sauve pas des vies, on ne fait que de la coiffure ! » — VINCENT FORTIER

©Adrien Williams

Privé par David d’Amours : Esprit de boudoir
slide-image

Boulangerie Hof Kelsten : Du comptoir de service à la cuisine

Bois et béton non traité, acier, tuyaux en cuivre apparents : au premier regard, la boutique de la boulangerie Hof Kelsten, sur Saint-Laurent, semble être constamment en travaux. Pourtant, cette allure brute est voulue par son propriétaire, Jeffrey Finkelstein. « Je voulais un endroit simple qui rappellerait les lieux de production alimentaire montréalais des années 1950. »

Depuis déjà 2010 que les pains de cette boulangerie ont gagné l’estime des restaurateurs montréalais (Toqué, Club Chasse et Pêche, Joe Beef). Remarquez, Jeffrey Finkelstein a travaillé dans plusieurs restaurants de la planète, dont l’El Bulli en Catalogne, avant de se lancer dans le pain. Le grand public, lui, a dû attendre en novembre 2013, lors du déménagement de la boulangerie, pour avoir accès aux baguettes, challah et autres spécialités boulangères juives du chef Finkelstein.

« J’ai visité plusieurs locaux. Pour chacun, selon leur configuration et construction, j’avais trouvé un designer. En optant pour l’ancien Club Vidéotron sur Saint-Laurent, je savais qu’il s’agissait d’un environnement propice où Zébulon Perron serait à l’aise », rapporte le boulanger Finkelstein.

La signature du designer se fait sentir dans l’aménagement de l’aire publique où des étagères à pain faites sur mesure, un grand comptoir, des panneaux de verre – pour voir ce qui se passe dans la cuisine – et 19 places occupent un tout petit espace. « Il m’a aussi donné un bon coup de main pour configurer ma nouvelle cuisine qui servirait à fabriquer des pains pour les restaurants ainsi que des pâtisseries et des petits plats pour la clientèle passante. »

Jusqu’ici, le nouvel aménagement, qui a permis la diversification du commerce, s’est traduit par une augmentation de 50 % des revenus en moins d’un an. — CLAUDINE HÉBERT

©Amielle Clouâtre

Boulangerie Hof Kelsten : Du comptoir de service à la cuisine
Par Claudine Hébert

Le design fait vendre. L’originalité et la beauté d’un commerce attirent et créent une marque distinctive contribuant à augmenter l’achalandage et à fidéliser la clientèle. Voici les 20 lauréats du concours Commerce Design Montréal 2015, qui a été relancé cette année par le Bureau du Design afin de souligner le 20e anniversaire de la création de ce concours visant à dynamiser l’activité commerciale dans les quartiers de Montréal.


Cliquez ici pour consulter le dossier Commerce et design


image

Expérience client

Mercredi 14 novembre


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Santé psychologique

Mardi 22 janvier


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


image

ROI marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier


image

Science des données

Mardi 12 février


image

Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai

DANS LE MÊME DOSSIER

À la une

Marier croissance et pénurie de main-d'oeuvre

Édition du 10 Novembre 2018 | Jean-François Venne

Fondé en 1976 à Thetford Mines, mais installé à Disraeli depuis 1982, Nutech se spécialise dans l'usinage de ...

Bourse: Wall Street plonge à la clôture

Mis à jour le 12/11/2018 | LesAffaires.com et AFP

REVUE DES MARCHÉS. Les grands coupables de ce recul sont Apple et Goldman Sachs.

Bourse: ce qui bouge sur les marchés avant l'ouverture lundi

12/11/2018 | LesAffaires.com et AFP

«Les facteurs baissiers sont nombreux.»