Biothermica : Aider les PME à se positionner sur le marché du carbone


Édition du 21 Novembre 2015

Biothermica : Aider les PME à se positionner sur le marché du carbone


Édition du 21 Novembre 2015

Par François Normand

Biothermica a actuellement trois projets dans la mire en Chine, le plus important producteur de charbon du monde, dit Guy Drouin, président-fondateur de l’entreprise.

SOMMAIRE DU DOSSIER


Par François Normand, Les Affaires (Canada)


BIOMASSE – La réduction des gaz à effet de serre (GES) est dans l’ADN de Biothermica. Depuis 1987, la PME québécoise développe des technologies pour réduire les émissions de méthane dans les mines de charbon et pour produire de l’énergie renouvelable à partir des biogaz des sites d’enfouissement.


« Depuis 15 ans, nos projets ont permis de réduire de 15 à 16 millions de tonnes les émissions de GES équivalent CO2 », affirme Guy Drouin, président-fondateur de cette entreprise spécialisée dans le développement de projets carbone et énergie, dans les services biogaz ainsi que dans l’assainissement de l’air.


L’enjeu est de taille compte tenu de l’impact du méthane sur les émissions de GES. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le méthane est de 28 à 34 fois plus dommageable que le CO2.


Denis Leclerc, président et chef de la direction de la grappe des technologies propres Écotech Québec, affirme que Biothermica évolue dans une industrie en pleine croissance, car elle apporte deux solutions aux changements climatiques. « Sa technologie permet non seulement de substituer une énergie renouvelable aux carburants fossiles, mais elle permet aussi de réduire les émissions de GES », dit-il.


Une centrale électrique sur les déchets


Le projet phare de Biothermica est sans nul doute sa centrale électrique Gazmont de 25 MW, située près de la carrière Miron, propriété de la Ville de Montréal, l’un des plus grands sites d’enfouissement en Amérique du Nord. Depuis 1968, environ 36 millions de tonnes de matières résiduelles y ont été enfouies. Après en avoir pris possession en 1988, la Ville de Montréal y a installé un réseau de captage du biogaz, dont du méthane.


Au début des années 1990, la municipalité, consciente du potentiel énergétique du site, a lancé un appel d’offres pour y produire de l’électricité à partir des biogaz. Biothermica a remporté cet appel d’offres.


« Nous avions développé une méthodologie pour évaluer le gisement de biogaz sur le site de la carrière Miron. Nous étions les premiers à faire cela au Canada », souligne Guy Drouin.


Après un long processus d’approbation environnementale, la construction de la centrale électrique débute en avril 1995 ; son coût est de 38 millions de dollars canadiens (28,7 M$ US).


La centrale est mise en service en novembre 1996. C’est la société d’État Hydro-Québec, le plus important producteur d’énergie du Québec, qui achète la totalité de l’électricité.


De 1996 à 2014, la centrale Gazmont a permis de réduire de 500 000 tonnes équivalentes CO2 par année les émissions de GES de la carrière Miron.


Projets au Salvador et aux États-Unis


Biothermica a aussi réalisé un projet semblable au Salvador, sur le site d’enfouissement de la ville de Nejapa, au nord de San Salvador. Ce projet se situe dans le cadre du Mécanisme de développement propre du Protocole de Kyoto, qui autorise des projets de captage ou de réduction de GES dans des pays en développement par des entreprises des pays développés.


Le projet Nejapa compte deux phases, qui ont nécessité des investissements de 15 M$ CA. La première consistait à capter et à brûler les biogaz du site d’enfouissement de Nejapa, où sont enterrés les déchets provenant de San Salvador. La seconde a été de construire une centrale de 6 MW pour produire de l’électricité à partir des biogaz. De 2006 à 2027, le projet Nejapa permettra de réduire de 200 000 tonnes équivalentes CO2 par année les émissions de GES, selon les estimations de Biothermica.
« Depuis 15 ans, nos projets ont permis de réduire de 15 à 16 millions de tonnes les émissions de GES équivalent CO2. » – Guy Drouin, président-fondateur de Biothermica


L’entreprise participe aussi à un projet de récupération du méthane dans une mine de charbon en Alabama, aux États-Unis, grâce à sa technologie VAMOX. La mine est exploitée par Jim Walter Resources, une division de Walter Energy. On n’y produira pas d’énergie, mais on détruira le méthane. Il s’agit d’un projet évalué à 30 M$ US (40 M$ CA).


Si tout se passe comme prévu, il permettra, à compter de 2016-2017, de réduire de 400 000 tonnes équivalentes CO2 par année les émissions de méthane émises par cette mine de charbon. Les crédits de réduction des émissions de GES seront vendus sur le marché du carbone de la Californie.


Des crédits sur le marché du carbone


Pierre-Olivier Pineau, spécialiste en énergie à HEC Montréal, affirme que les entreprises qui ont des technologies comme Biothermica évoluent dans une industrie où de plus en plus d’occasions d’affaires se présenteront.


« Le carbone sera de plus en plus taxé en Amérique du Nord et dans le monde, dit-il.  Aussi, les sociétés qui peuvent convertir des réductions de GES en crédits sur les marchés du carbone seront bien positionnées. »


Biothermica aimerait réaliser un jour des projets de captation de méthane dans d’autres mines de charbon en Chine, en Australie et en Ukraine. « L’Ukraine abrite les mines où les concentrations de méthane sont les plus élevées du monde, affirme Guy Drouin. Toutefois, notre projet dans ce pays est sur la glace en raison du conflit en cours dans l’est de l’Ukraine. »


Biothermica s’intéresse également au marché chinois. La Chine est le plus important producteur de charbon du monde, selon la World Coal Association. « Nous y avons trois projets qui pourraient être intéressants pour nous », confie le patron de Biothermica.


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