COP24 - Les ambitions vertes de l'Angola

Publié le 04/12/2018 à 06:00

COP24 - Les ambitions vertes de l'Angola

Publié le 04/12/2018 à 06:00

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Un barrage hydroélectrique en construction en Angola

[Photo: courtoisie]

Trois ans après l’adoption de l’Accord de Paris, les gouvernements du monde se réunissent du 3 au 14 décembre en Pologne, dans l’espoir de combler le fossé entre l’ambition et l’engagement pour la lutte contre les changements climatiques. Or, la participation des entreprises et des investisseurs est primordiale pour atteindre ces objectifs. 


À l’occasion de la COP24, Les Affaires, en partenariat avec Solutions & Co, s’associe à des médias économiques du monde entier dans un projet unique de journalisme d’impact afin de vous présenter des solutions d’affaires mises en place aux quatre coins du globe pour accélérer la transition vers une économie à faible émission de carbone et qui représentent de réelles occasions commerciales.


Par Isabel Costa Bordalo, Expansão


Dans le cadre de l’accord de Paris de 2015, l’Angola s’est engagé sans condition à réduire jusqu’à 35 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.


Le pays a également convenu d’une réduction supplémentaire de 15 % — un objectif d’atténuation conditionnel — qui fait de l’engagement de l’Angola l’un des plus ambitieux parmi les 195 États signataires de la 21e Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.


Mais l’Angola est aussi le deuxième producteur de pétrole du continent africain. Ce qui soulève une question : si l’industrie des hydrocarbures est largement responsable des émissions de gaz à effet de serre du pays, les engagements internationaux de l’Angola sont-ils véritablement réalisables ? Et si oui, comment ?


« L’Angola s’est fixé un objectif de réduction à cinq ans de l’intensité carbone liée à la production d’électricité. C’est notre contribution », déclare Giza Martins, directeur du Bureau du changement climatique du ministère angolais de l’Environnement.


Giza Martins, directeur du Bureau du changement climatique du ministère angolais de l’Environnement

[Photo: courtoisie]


Pays en développement, l’Angola ne s’est pas engagé sur des objectifs mondiaux. La proposition du pays est « circonscrite au secteur de l’énergie », note Giza Martins, et repose principalement sur « la construction et le lancement de grandes centrales hydroélectriques ».


La relance de la production d’électricité permettrait au pays de diversifier son économie, développant son agriculture et son industrie pour s’affranchir du paradigme du tout pétrole.


Au cours des dix dernières années, plus de 17 milliards de dollars ont été investis dans le secteur des énergies renouvelables, soit l’équivalent de 35 % de la dette publique contractée par le pays jusqu’en 2017.


Cette décision s’appuie sur le secteur hydroélectrique pour alimenter les zones largement peuplées, et sur l’énergie solaire, via le programme gouvernemental Solar Villages, pour le reste : les communes, les petits réseaux locaux et les régions éloignées, hors des infrastructures de distribution.


« Ces objectifs peuvent être viables s’il y a un investissement sérieux, non seulement dans l’hydroélectricité, comme c’est le cas pour les barrages de Laúca et Caculo Cabaça, mais aussi dans la construction d’ouvrages mini-hydrauliques, éoliens et solaires, comme inscrit dans le Plan stratégique énergétique 2025 de l’Angola », déclare Vladimir Russo, militant environnementaliste et directeur exécutif de la Fondation Kissama.


Aujourd’hui, 78 % de l’électricité produite dans le pays provient des centrales hydroélectriques. Il y a un an, ce taux était de 60 %, a déclaré le président angolais João Lourenço dans son discours à la nation d’août dernier.


D’ici 2022, les investissements destinés à accroître la production annuelle d’énergie verte devraient atteindre 23 milliards de dollars. De 2006 à 2016, la production totale d’énergie est passée de 2,98 gigawatts à 10,71 gigawatts, selon les chiffres du ministère de l’Énergie et de l’Eau. Cela reste insuffisant pour garantir la pleine électrification du pays.


Il est facile de voir (ou plutôt d’entendre) l’effort consenti au cours de la dernière décennie : il y a deux ans, le vacarme des générateurs — une source importante d’émissions de gaz à effet de serre — était constamment présent dans la capitale, Luanda, et dans la majeure partie du pays.


Aujourd’hui, le pays évalue le potentiel respectif de diverses énergies renouvelables : le solaire (17,3 gigawatts), les centrales hydroélectriques (10 gigawatts), l’éolien (3,9 gigawatts) et l’électricité issue de la biomasse (3,7 gigawatts).


Le rôle du secteur privé


Un tel potentiel est une opportunité d’affaires pour le secteur privé, note Vladimir Russo. Selon lui, les entreprises peuvent contribuer aux efforts du pays, comme certaines le font déjà, en « investissant dans des projets visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, en remplaçant les technologies dépendantes des combustibles fossiles par des énergies vertes et une gestion durable des forêts ».


L’objectif de la Stratégie nationale pour les énergies renouvelables, approuvée par le ministère de l’Énergie et de l’Eau en 2015, est d’atteindre 70 % de capacité renouvelable d’ici 2025.


Un objectif à atteindre au moyen d’une série de mesures limitant les gaz à effet de serre, dont la réglementation du secteur de l’électricité et la réduction des émissions provenant de l’exploration et de l’exploitation du pétrole et du gaz naturel.


Ce dernier représentait 49 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre de l’Angola en 2005, la première (et unique) année où ces émissions ont été étudiées.


Recycler les déchets des hydrocarbures


Pour ce faire, le gouvernement a l’intention de tirer profit du gaz libéré lors de la production d’hydrocarbures.


Ce « gaz carbonique très proche du méthane », explique Giza Martins, est aujourd’hui brûlé, alors qu’il pourrait être utilisé. Une loi sur le gaz, adoptée le 18 mai dernier, réglemente désormais l’activité des opérateurs pétroliers, ainsi que l’Agence du pétrole et du gaz, dont la création est prévue d’ici 2020.


La réussite ou l’échec de l’ensemble de la stratégie angolaise sera évalué grâce au Système national de surveillance des émissions du réseau d’énergie qui, indique Giza Martins, sera mis en place dans toutes les sources de production, dont les infrastructures pétrolières.


Ce système permettra d’évaluer dans quelle mesure le gouvernement atteint ses objectifs environnementaux.


Vladimir Russo souligne cependant que les citoyens angolais, « habituellement guidés par des modes de consommation élevés et limités uniquement par des contraintes financières », n’ont pas encore pris conscience de l’extrême importance du changement climatique. Du chemin reste à parcourir pour qu’ils deviennent les gardiens de l’air qu’ils respirent.


 


Cliquez ici pour consulter le dossier «Changements climatiques 2018».


 


 






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