Découvrir sa fibre entrepreneuriale à Shawinigan

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Juin 2015

Découvrir sa fibre entrepreneuriale à Shawinigan

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Édition du 13 Juin 2015

Marie-Ève Bélanger, 29 ans, a senti vibrer en elle pour la première fois la fibre entrepreneuriale à Shawinigan. Cette Montréalaise, jusque-là travailleuse autonome, s’est laissée gagner par le dynamisme de la ville de Mauricie et vient de créer une agence de marketing, Intuitif. Elle ne changerait d’endroit pour rien au monde, même si le changement de mentalité dans la population générale est lent.


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Assez de la grande ville, de sa pollution sonore et olfactive, de ses embouteillages, de son stress. Assez de la concurrence professionnelle démesurée, ce « monde de requins », comme l’appelle Marie-Ève Bélanger, graphiste de formation et aujourd’hui spécialisée en marketing. Originaire de Montréal où elle a passé les 25 premières années de sa vie, la jeune femme a fait un choix radical en 2012 : déménager à Shawinigan. Depuis, sa mère, à la faveur d’un transfert dans une entreprise du groupe pour lequel elle travaille, l’y a rejointe.


Shawinigan, Marie-Ève Bélanger l’a choisie. Elle a d’abord hésité entre la Montérégie, où elle a de la famille, et Shawinigan, où elle est venue passer un week-end à l’invitation de l’organisme Place aux jeunes en région. Elle a alors voulu en savoir plus sur la ville. Après avoir noué des relations professionnelles et effectué une visite touristique des environs, le charme a opéré. D’autant plus qu’elle s’est aperçue que « beaucoup de gens de [son] âge revenaient dans la région », raconte-t-elle.


Elle a rapidement décroché un emploi à la Chambre de commerce. Trois mois plus tard, elle déménageait pour exercer son poste de coordinatrice en développement et communication. Elle découvre alors l’entrepreneuriat, la vie des entreprises locales, les mesures mises en œuvre pour soutenir les entrepreneurs.


Une société en décalage


« Il y a quelque chose de spécial ici : avec toutes les usines qui ont fermé, les gens se disent qu’ils vont créer leurs emplois eux-mêmes. Ils n’ont pas le choix d’être dynamiques. Quand on évoque un projet d’entrepreneuriat, on nous pousse dans le dos. J’ai vite découvert qu’il y avait des ressources pour m’accompagner : il s’organise tout le temps des événements liés à l’entrepreneuriat, des activités de réseautage, etc. », explique Marie-Ève Bélanger, qui ne se serait pas lancée dans la création d’entreprise à Montréal. Elle n’en aurait eu ni l’idée ni le goût, même si les ressources financières y sont plus disponibles qu’en région et que la valeur marchande de son entreprise y aurait sûrement été supérieure qu’à Shawinigan.


Se rendant compte d’un besoin des entreprises locales en accompagnement marketing, elle a fait le saut à son tour. Depuis quelques mois, installée dans le Di dès l’année prochaine.De la grande ville, elle ne regrette rien. De sa vie en région, rien ne la déçoit. À une exception près : la lenteur du changement de mentalité des habitants. « À la Chambre de commerce, tout le monde était axé sur les solutions, mais quand j’en suis sortie, je me suis rendu compte de la différence entre le dynamisme qui régnait là et la réticence au changement ailleurs dans la ville. Beaucoup de gens disent encore que Shawinigan va devenir une ville fantôme. Ils ne voient pas d’un bon œil le virage numérique qu’elle prend, car il fait venir des entreprises extérieures comme CGI qui emmènent des gens qualifiés venus d’ailleurs aussi. Ils regrettent que les emplois ne soient pas pour la population locgiHub, un incubateur tourné vers les entreprises numériques, elle y dirige son entreprise de conseil marketing. Et ses principaux clients sont de jeunes entrepreneurs comme elle. Elle espère développer son entreprise de façon à pouvoir embaucher du personnelale. Mais toutes ces personnes qui arrivent ici ont des familles et consomment à Shawinigan ! » affirme Marie-Ève Bélanger. Pas de risque pourtant que cet état d’esprit freine ses velléités de développement : « Ces gens ne sont pas mon marché ». Son marché à elle, ce sont les entreprises, notamment les nouvelles. Et dans ce domaine, Shawinigan a désormais de quoi offrir.


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