Ils ont pris un atelier de soudure et en ont fait… un chantier naval !

Publié le 16/06/2016 à 09:30

Quand on reprend une entreprise, c’est l’occasion d’en renouveler la vision et de l’amener à un autre niveau. C’est ce qu’ont fait les Madelinots Daniel Bourque et Pierre-Olivier Thériault, qui ont transformé un atelier de soudure générale en… chantier naval !


Après avoir terminé une formation technique en génie mécanique au Cégep de Lévis-Lauzon, Daniel Bourque était déterminé à retourner aux Îles-de-la-Madeleine. « Quand tu veux gagner ta vie aux Îles, tu as pas l’embarras du choix, dit-il. Tu prends la job que tu trouves et tu l’adaptes à ta personnalité. » Il décroche donc un poste dans un petit atelier de soudure générale de 10 employés. C’est là qu’il rencontre Pierre-Olivier Thériault, un soudeur de son âge. « Nos profils se complétaient bien : j’avais étudié en conception et en fabrication, et Pierre-Olivier avait une spécialisation dans les structures d’acier. » Quand le propriétaire de l’atelier annonce qu’il part à la retraite, les deux collègues saisissent cette occasion de se lancer en affaires et lui font une offre d’achat. Nous sommes en 2010. Daniel et Pierre-Olivier ont 31 et 30 ans. L’aventure les amènera, six ans plus tard, à construire leur premier bateau en acier…


Un premier coup de pouce


« À cause de la mise de fonds qui était exigée, ça n’a pas été facile de reprendre l’atelier… dit Daniel Bourque. Une chance qu’on a pu compter sur la SADC. » Les deux Madelinots ont été retenus pour le volet Coup de pouce à la relève d’entreprise offert par la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) des Îles-de-la-Madeleine. « Ce programme a été conçu pour faire face à la vague de départs à la retraite des propriétaires d’entreprise », explique Daniel Gaudet, directeur général de la SADC des Îles. Le programme s’adresse aux entrepreneurs de 18 ans et plus et débouche sur la possibilité d'un financement allant jusqu’à 75 % de la mise de fonds. Un encadrement est également offert. « Pour nous, c’est important qu’une entreprise ait une bonne structure financière, un bon système de gestion et particulièrement un bon système comptable », insiste le directeur. Daniel et Pierre-Olivier ont dû faire des choix : « En tant qu’employés, on n’avait pas accès à la comptabilité, dit Daniel Bourque. Après analyse, on a décidé de racheter uniquement l’actif de l’entreprise et de se lancer sous un nouveau nom ». C’est ainsi que Soudure Techn’Îles a vu le jour.


De l’ambition à revendre


En six ans d’activité, Soudure Techn’Îles a plus que doublé son chiffre d’affaires et le nombre de ses employés. Elle a développé une offre de services qui lui permettent d’obtenir des contrats d’Hydro-Québec, de la CTMA (le transporteur maritime officiel des Îles) et de Pêches et Océans Canada. Surtout, elle a quitté sa « porte de garage » de L’Étang-du-Nord pour s’établir sur l’ancien chantier naval de Léo Leblanc et fils, dans le port de Cap-aux-Meules. « On peut désormais faire des réparations à quai », dit Daniel Bourque. Comment explique-t-il une telle croissance ? « On a toujours continué de se former et on est allés chercher les accréditations nécessaires pour soumissionner sur de plus grands projets. » Les deux entrepreneurs ont également su s’entourer de bons partenaires d'affaires : « Quand on a voulu démarrer la construction navale, la CTMA nous a mis en contact avec une firme d’ingénierie navale de Québec ». C’est leur tout nouveau projet : construire un bateau de pêche en acier. « C’est une première aux Îles ! » dit Daniel Bourque enthousiaste, qui y voit l’avenir de l’entreprise.


Fier de participer à l'essor des Îles-de-la-Madeleine


« Les contrats qu’on réalise, ce sont des travaux qui, auparavant, se faisaient à l’extérieur des Îles », souligne fièrement Daniel Bourque. Et en plus de rapatrier du travail dans sa région, Soudure Techn’Îles crée des emplois de qualité à l’année, ce qui est bienvenu dans une région dont l’économie repose sur les industries saisonnières que sont le tourisme et la pêche…

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