Chevalier Morales Architectes : une relève qui mise sur la qualité

Offert par Les Affaires


Édition du 27 Octobre 2018

Chevalier Morales Architectes : une relève qui mise sur la qualité

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Édition du 27 Octobre 2018

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La Maison de la littérature imaginée par Chevalier Morales Architectes a remporté une médaille du Gouverneur général en architecture décernée par l’Institut royal d’architecture du Canada et le Conseil des arts du Canada.

Connue grâce aux concours, récompensée pour la qualité. C'est ainsi que l'on pourrait résumer le cheminement de Chevalier Morales Architectes depuis sa fondation, en 2005, jusqu'à l'obtention, cette année, du prix du cabinet d'architectes de la relève, remis pas l'Institut royal d'architecture du Canada (IRAC).


«La vague des concours au Québec a commencé il y a une dizaine d'années. Notre bureau a été lancé à peu près au même moment, il y a 14 ans. Ça nous a donc donné une chance de nous faire connaître», raconte Stephan Chevalier, le cofondateur et architecte associé du cabinet d'architectes montréalais. Le premier concours auquel a participé la firme est celui du nouveau Planétarium de Montréal, en 2009. C'est aussi celui qui lancé le nom - la marque - Chevalier Morales. La firme en est aujourd'hui à son quatorzième concours.


«Pour un bureau qui commence, accéder à la commande sans passer par les concours est difficile parce qu'on n'a ni CV ni expérience», souligne M. Chevalier. Sauf que les commandes se basent souvent sur l'expérience. Autrement dit, pour concevoir une école, il faut en avoir conçu. «À l'inverse, les concours récompensent plutôt le potentiel.»


Le jury de l'IRAC, qui a couronné Chevalier Morales au cours de l'été, reconnaît d'ailleurs le rôle des concours dans la rapide ascension du cabinet. L'annonce officielle du lauréat mentionnait que la firme avait connu la réussite «parce qu'elle a eu l'occasion de participer à des concours» et qu'elle devait ainsi sa croissance «à des politiques publiques» ainsi qu'aux occasions qu'elles créent.


«La roue tourne, dit M. Chevalier. Quand on gagne un concours, ça valide la qualité de nos projets, ce qui nous aide ensuite à travailler avec de meilleurs clients et même à mieux recruter. Ça nous aide à nous développer.»


Priorité qualité


Le prix du cabinet d'architectes de la relève remporté par Chevalier Morales récompense notamment la qualité des projets réalisés. Quelles sont donc la vision et la démarche du cabinet à cet égard ?


À une époque où tout change ou doit se faire rapidement, les aspects financiers immédiats sont souvent priorisés au détriment de la qualité, remarque M. Chevalier. «On développe vite et on passe rapidement à autre chose, dit-il. Pour notre part, nous préférons mettre le temps nécessaire pour réaliser un bon plan. On choisit donc nos projets.»


Pour lui, la qualité signifie d'abord d'avoir un impact sur les gens qui sont les utilisateurs des bâtiments qu'il conçoit. Il souhaite que ses réalisations structurent les collectivités au coeur desquelles sont développés ses projets, qu'elles les aident à grandir.


Redonner vie aux bibliothèques


M. Chevalier estime qu'il existe une vraie valeur communautaire rattachée aux bons bâtiments civiques.


Ceux-ci deviennent, s'ils sont bien conçus et bâtis, de vrais milieux de vie. Les bibliothèques québécoises, par exemple, se sont à son avis réinventées grâce aux concours depuis quelques années.


«Avant, on allait chercher un livre à la bibliothèque et on repartait, dit-il. De nos jours, on y vit et on y passe du temps parce qu'elles sont spacieuses, fonctionnelles et lumineuses.»


Quelques mois seulement après son ouverture en mai 2015, par exemple, la nouvelle Bibliothèque Saul-Bellow, de Lachine, conçue par Chevalier Morales, voyait son nombre de prêts augmenter de 25 %, et sa fréquentation quotidienne, de 44 %. C'est là un signe fort que les citoyens voient en la bibliothèque autre chose qu'un comptoir d'emprunt de livres.


«Les bibliothécaires nous disent que les jeunes se sont réapproprié leur bibliothèque», dit M. Chevalier. Après l'école, ils s'y rencontrent et vont y faire leurs travaux d'équipe. Le bâtiment est devenu un lieu extrêmement vivant. «Si les architectes trouvaient qu'on a conçu un bon bâtiment, mais pas les gens qui l'utilisent, on aurait raté la cible.» Car pour M. Chevalier, c'est ça la vraie récompense : que le public prenne possession de ses édifices.


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