Aluminium: les réformes en Chine feront-elles augmenter durablement les prix?

Offert par Les Affaires

Publié le 08/09/2017 à 10:46

Aluminium: les réformes en Chine feront-elles augmenter durablement les prix?

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Publié le 08/09/2017 à 10:46

Par François Normand

[Photo: Gettyimages]

DOSSIER ALUMINIUM - Lueur d’espoir pour les producteurs d’aluminium qui pâtissent de la faiblesse des prix: la Chine a commencé à fermer certaines alumineries et le prix du métal blanc commence à remonter. Mais cette tendance durera-t-elle?


Entre le 1er août et le 1er septembre, le prix de l’aluminium sur le London Metal Exchange (LME) a bondi de 12% à 2 113$US la tonne. Dans l’industrie, on estime qu’un prix idéal serait une tonne d’aluminium s’échangeant à au moins 2 500$US.


Or, le marché n’a pas connu de tels niveaux de prix durant la deuxième moitié des années 2000, avant la récession mondiale de 2008-2009, à l’exception d’une brève période par la suite, selon Tradingeconomics.com, un site spécialisé dans les statistiques économiques.


Selon plusieurs spécialistes, la Chine serait responsable de cette situation en raison de la hausse constante de sa production d’aluminium.


En 2015, la Chine produisait 30,8 millions de tonnes de métal blanc, soit 10 fois plus qu’en 2001, selon une récente étude de la United States International Trade Commission (Aluminum : CompetitiveConditionsAffecting the U.S. Industry).


Aujourd’hui, la Chine produit 54% du métal blanc dans le monde, comparativement à seulement 5% pour le Canada et 3% pour les États-Unis.


Jean Simard, président et chef de direction de l’Association de l’aluminium du Canada (AAC), demeure prudent face à la nouvelle hausse des prix, même s’il estime que c’est une bonne nouvelle.


«Est-ce que cela va durer? Dans tous les cas, c’est un pas dans la bonne direction», dit-il.


La Chine serait sérieuse


Ami Shivkar, analyste principal du marché mondial de l’aluminium chez Wood Mackenzie à Londres, estime que la Chine est sérieuse dans sa volonté de réduire sa production d’aluminium.


«De nombreux observateurs du marché étaient sceptiques quant à la capacité de la Chine à faire face à la surcapacité de l'aluminium. Mais les réductions à Weiqiao, la plus grande fonderie du monde, montrent la détermination de la Chine à apporter des réformes de l'offre», dit-il.


Selon lui, les autorités chinoises prennent des mesures pour réduire la surcapacité dans l'aluminium pour trois raisons : améliorer les bénéfices des entreprises appartenant à l'État chinois, limiter la pollution de l'air, et possiblement calmer les «frictions commerciales», au premier chef avec les États-Unis.


En janvier 2017, quelques jours avant que Donald Trump prenne officiellement le pouvoir, l'administration Obama a porté plainte à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) contre le gouvernement chinois qu'elle accuse de subventionner ses grandes alumineries.


Depuis 2001, la production d’aluminium aux États-Unis a chuté de 40%, selon l’étude de la U.S. International Trade Commission.


Malgré les gestes posés par la Chine, Ami Shivka estime que les prix de l’aluminium devraient demeurer stables à court terme. Il voit la tonne de métal blanc s’établir en moyenne à 2 015$US à la fin du quatrième trimestre, soit un peu plus bas à l’heure actuelle.


Même prudence du côté de Harbor, une firme américaine spécialisée dans le secteur de l’aluminium.


À long terme, d’ici 2020, le prix du métal blanc pourrait même chuter à nouveau pour avoisiner les 1600 à 1700 $US la tonne, selon Veronica Medina, gestionnaire chez Harbor.


«Les prix actuels du LME au-dessus de 2 000$US la tonne semblent peu durables pendant une longue période compte tenu d'une combinaison de facteurs», dit-elle.


Parmi ces facteurs, soulignons que les inventaires mondiaux d’aluminium sont plus élevés que leurs moyennes historiques de 8 semaines.


Actuellement, ils s’établissent à 16 semaines.


Cela dit, il est possible la demande toujours croissante pour l’aluminium finisse par tirer les prix vers le haut, selon Jean Simard. «La demande est très forte, notamment dans le secteur de l’automobile», dit-il.


Par exemple, de 2015 à 2020, les constructeurs augmenteront de 17% la quantité moyenne présente dans leurs voitures, pour la faire passer de 397 à 466 livres, selon les estimations de la firme d’analyse Ducker Woldwide, la référence dans l’industrie.


À LIRE NOTRE DOSSIER:
ALUMINIUM: COMMENT LA CHINE A BOUSCULÉ L'INDUSTRIE

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