À Hauteur d'hommes s'inspire de la noblesse du bois pour forger sa marque

Publié le 06/10/2012 à 00:03, mis à jour le 10/10/2012 à 09:58

À Hauteur d'hommes s'inspire de la noblesse du bois pour forger sa marque

Publié le 06/10/2012 à 00:03, mis à jour le 10/10/2012 à 09:58

« Mon rôle change », dit Louis-Philippe Pratte, qui doit se pencher davantage sur l'aspect financier de son entreprise. [Photo : Giilles Delisle]

Créer une marque résolument moderne, sans prétention, avec un positionnement clair dans le développement durable. Voilà le défi que s'est lancé, en 2009, le designer Louis-Philippe Pratte, en plongeant dans l'aventure d'À Hauteur d'homme.


À Hauteur d'homme - Hh pour les intimes - fabrique des meubles en érable et en pin du Québec, ou encore en cerisier et en noyer du nord-est des États-Unis. La PME s'engage à replanter 10 fois la quantité de bois utilisée dans la fabrication de chaque meuble, grâce à un partenariat avec Linéaire Design, de Saint-Jean-Port-Joli.


La formule a remporté un succès d'estime, cumulant les bourses et les mentions, notamment au Salon international du design d'intérieur de Montréal et au concours Arista de la Jeune Chambre de commerce de Montréal. « Des appuis cruciaux, à un moment où l'on cherche à se faire connaître », souligne Louis-Philippe Pratte.


Mais ce dernier fait rapidement face à un premier défi. « J'étais davantage designer qu'homme d'affaires, admetil. Je m'emballais dans la création et négligeais le côté financier. Au bout du compte, mes marges de profit étaient insuffisantes, ce qui nuisait au développement de l'entreprise. » Avec l'aide d'un conseiller du SAJE, il a fait le ménage dans ses produits, ne gardant que les plus rentables.


Croître sainement


Rapidement, la renommée alimente la croissance. Entre 2011 et 2012, les ventes ont plus que doublé. La fréquentation du site Internet a triplé en un an, et des centaines de personnes suivent la page Facebook. Si une grande proportion des commandes provient de particuliers, l'entreprise a aussi décroché des contrats corporatifs.


Louis-Philippe Pratte gère cette croissance en préservant son positionnement éthique. Il a maintenant deux employés et prévoit en embaucher d'autres. « Je suis un patron maintenant, dit-il en riant. Mon rôle change. Je suis moins dans la production et plus dans la direction stratégique ou la gestion des ressources humaines. »


Encore une fois, il marie ses principes aux exigences commerciales. Les semaines de 70 heures, ce n'est pas le genre de la boîte ! Lui-même en accumule rarement plus de 40, privilégiant l'équilibre entre la vie professionnelle et personnelle. C'est ainsi qu'il compte assurer la pérennité de l'entreprise. « Je ne veux pas me brûler ni brûler mes employés », dit-il.


La croissance a aussi eu un impact chez Bois Urbain, l'entreprise de réinsertion sociale montréalaise qui usine tous les produits de Hh. Elle a dû revoir certains aspects de son mode de production, après qu'un retard eut ralenti le lancement de la nouvelle gamme de meubles de cuisine.


Pour éviter une répétition de ce scénario, Bois Urbain a démarré une deuxième famille de produits. Chose certaine, pas question pour Hh de renoncer à ce précieux sous-traitant. Celui-ci lui permet de jouer un rôle social tout en bénéficiant d'une production entièrement locale, à des prix très concurrentiels.


« Le design, c'est l'avenir de l'industrie du bois, et c'est aussi celui d'À Hauteur d'homme. », conclut LouisPhilippe Pratte.


LE DÉFI GÉRER LA CROISSANCE DE L'ENTREPRISE SANS RENIER SES PRINCIPES ÉCOLOGIQUES ET HUMANISTES.


LA SOLUTION S'ALLIER À UN SOUS-TRAITANT QUI PARTAGE SES CONVICTIONS POUR GARANTIR UNE PRODUCTION LOCALE À PRIX CONCURRENTIELS.


PROFIL


Activités de l'entreprise : design et vente de meubles en bois, design intérieur résidentiel et commercial


Année de fondation : 2009


Chiffre d'affaires : n.d.


Siège social : Montréal


Effectifs : 3


LE SECRET : LE BON PRIX


Les envies créatrices d'un designer se butent parfois aux réalités commerciales. À ses débuts, Louis-Philippe Pratte a créé des modèles très intéressants conceptuellement, mais catastrophiques commercialement. Il mentionne notamment un tiroir individuel superposable, que l'on pouvait utiliser seul ou avec d'autres. « Les gens aimaient le concept, mais ça coûtait une fortune à produire, alors je devais fixer un prix de vente élevé. Résultat, je n'en vendais pas ! » Le créateur a dû apprendre à contenir ses élans.

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